Né à Lille, élève de Bernard Silvestre à Chartres, Alain étudie dans la mouvance de Gilbert de la Porrée ; il devient maître ès arts, puis maître en théologie à Paris, avant d'enseigner à Montpellier ; parvenu au sommet de la gloire, il suit l'exemple de son ami Thierry de Chartres et entre comme convers à Cîteaux, où il meurt.
On le surnomme « le Docteur universel », parce que, disait-on, « il savait tout ce qu'un homme peut savoir ». La liste de ses écrits — qui ne sont pas encore tous connus ni attribués, et dont on ne peut dater qu'une faible partie — le prouve. Il représente bien l'effort de l'« école de Chartres », où on lisait le Timée de Platon, par sa contribution à une nouvelle appréhension philosophique de la nature — et par conséquent de l'homme et de sa place dans le monde — et par une vue nouvelle sur les rapports entre raison et foi, entre philosophie et théologie. Il est l'un des premiers grands « sommistes », le type même de l'universitaire de la haute scolastique : suivant Boèce et la méthode rationnelle de la vieille logique (logica vetus) d'Aristote, il réussit à équilibrer en son œuvre les excès des différentes formes du platonisme.</ […]
