WALTON sir WILLIAM TURNER (1902-1983)

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La Grande-Bretagne a engendré peu de compositeurs mais, entre Purcell et Britten, elle a connu quelques créateurs dignes d'intérêt que leur « britannisme » excessif a cantonnés dans les limites insulaires au même titre que Fauré, Duparc ou Caplet dans l'Hexagone.

William Walton est né à Oldham (Lancashire) le 29 mars 1902. Il est le fils d'un chef de chœur et professeur de chant qui l'envoie à l'école de chant de la Christ Church Cathedral d'Oxford ; il y est choriste de 1912 à 1918 et écrit déjà plusieurs pages de musique religieuse. Mais sa véritable formation musicale est celle d'un autodidacte. À partir de 1918, il reçoit les conseils de nombreux musiciens (Henry Ley, Hugh Allen, Feruccio Busoni, Eugene Goossens, Ernest Ansermet) sans suivre véritablement des cours. En 1919, il compose sa première œuvre d'importance, un quatuor pour piano et cordes. La même année, il se lie à la famille Sitwell — Osbert, Sacheverell et leur sœur Edith —, qui joue alors à Londres un rôle analogue à celui de Cocteau à Paris. Tous trois l'adoptent comme un frère ; il vit avec eux à Londres et en Italie. Façade, l'œuvre majeure de Walton, est conçue sur des poèmes d'Edith Sitwell : dans sa version originale (1921-1922), elle fait appel à un récitant et à six instrumentistes. La création publique, en 1926, est un scandale. La partition connaîtra cinq états différents, devenant notamment un ballet (1921, 1926, 1928, 1951, 1978). En 1979, Walton lui donnera même une suite, Façade 2.

Edith Sitwell et William Walton

Photographie : Edith Sitwell et William Walton

La poétesse Edith Sitwell en conversation avec le chef d' orchestre William Walton et son épouse, lors d'une garden-party donnée dans la résidence du chancelier de l'Échiquier, le 17 juillet 1953. 

Crédits : Fred Ramage/ Hulton Archive/ Getty Images

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De 1922 à 1927, le musicien fréquente l'avant-garde de la littérature londonienne et fait figure d'enfant terrible de la musique anglaise. Deux de ses œuvres sont jouées aux festivals de la Société internationale de musique contemporaine (S.I.M.C.) : un quatuor à cordes en 1923, à Salzbourg, et l'ouverture Portsmouth Point en 1925, à Zurich. À partir de 1928, il vit souvent à l'étranger, d'abord aux États-Unis puis à Ischia, en Italie, où il se fixe en 1948 après son mariage avec Susana Gil.

Walton connaît la consécration en 1929 avec son Concerto pour alto que crée Paul Hindemith aux Promenade Concerts de Londres. Puis il compose Belshazzar's Feast (Le Festin de Balthazar), un oratorio sur un livret d'Osbert Sitwell (1929-1939), la Symphonie no 1 (1934-1935), le Concerto pour violon, à la demande de Jascha Heifetz (1939, révisé en 1943), l'ouverture Scapino (1940, rév. 1950) pour le cinquantième anniversaire de l'Orchestre symphonique de Chicago. Il s'intéresse au cinéma et compose quelques-unes des partitions majeures destinées à l'écran : Major Barbara pour le film de Gabriel Pascal (1941), The First of the Few (Spitfire) de Leslie Howard (1942) et la trilogie shakespearienne de Laurence Olivier (Henry V, 1945 ; Hamlet, 1948 ; Richard III, 1956).

Après la guerre, il aborde l'opéra avec Troilus and Cressida (1948-1954), créé à Covent Garden et fréquemment représenté depuis, notamment en Allemagne. De la même époque date un Quatuor à cordes (1947). Il est anobli en 1951. Les plus grands interprètes le sollicitent : Yehudi Menuhin (Sonate pour violon et piano, 1949), Gregor Piatigorsky (Concerto pour violoncelle, 1956), George Szell (Partita pour orchestre, 1958). Il compose également sa Symphonie no 2 (1959-1960), les Variations sur un thème d'Hindemith, pour orchestre (1962-1963), un opéra en un acte d'après Tchekhov créé au festival d'Aldeburgh, The Bear (1967), Capriccio burlesco pour orchestre (1968), Improvisation sur un impromptu de Benjamin Britten (1969), Sonata for Strings, orchestration de son quatuor à l'intention de Neville Marriner (1972), Cinq Bagatelles pour guitare dédiées à Julian Bream (1971-1972), qu'il orchestre en 1976 sous le titre de Varii Capricci, Magnificat and nunc dimittis pour chœur et orgue (1975). Ses deux ultimes partitions, composées en 1982, [...]

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Écrit par :

  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

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  • Écrit par 
  • Jacques MICHON
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Dans le chapitre « Autour de Britten et de Tippett »  : […] Ce double courant était déjà manifeste chez Herbert Howells, Arthur Bliss, William Walton, Benjamin Britten, d'une part, Elisabeth Lutyens, Humphrey Searle, Cornelius Cardew, d'autre part. Howells (1892-1983) s'illustre surtout dans la musique d'église. L'œuvre de Bliss (1891-1975), fort ouverte, brille surtout à l'orchestre ( Music for Strings , Concerto pour violon , Concerto pour piano ), aux c […] Lire la suite

Pour citer l’article

Alain PÂRIS, « WALTON sir WILLIAM TURNER - (1902-1983) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/walton-sir-william-turner/