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Années de formation et de survie (fin 1917-1921)

La mise en place de la dictature bolchevique

« Une fois que nous aurons pris le pouvoir, nous ne le lâcherons plus », avait annoncé Lénine.

Discours de Lénine à Moscou

Photographie : Discours de Lénine à Moscou

Lénine (1870-1924) prononçant un discours en 1919 à Moscou. 

Crédits : Keystone/ Getty Images

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Dès la fin d’octobre 1917, les bolcheviks, qui viennent de prendre le pouvoir, le 25, à l’issue d’un coup d’État, prennent un certain nombre de mesures autoritaires : fermeture des journaux « bourgeois », contrôle de la radio et du télégraphe, arrestation de personnalités des partis d'opposition, tant « bourgeois » que socialistes. Le 28 novembre, les membres du Parti constitutionnel-démocrate sont proscrits comme « ennemis du peuple », une notion inédite et lourde de conséquences. Le 7 décembre est créée la Tcheka (Commission extraordinaire panrusse de lutte contre la contre-révolution, la spéculation et le sabotage), véritable police politique du nouveau régime, ancêtre du KGB. Le 19 janvier 1918, le gouvernement bolchevique fait dissoudre l'Assemblée constituante, réunie la veille. Les élections à la Constituante, prévues dès le printemps 1917, ont donné la majorité aux socialistes-révolutionnaires (plus de 40 p. 100 des suffrages exprimés, contre 22 p. 100 aux bolcheviks). Pour Lénine, le suffrage universel, source de « majorités formelles », doit s'incliner devant le « droit suprême » – le succès de la révolution, incarnée par les bolcheviks et légitimée par la marche en avant de l'histoire.

Staline et Trotski

Photographie : Staline et Trotski

Octobre 1917. L'insurrection, selon Marc Ferro, fut un mouvement de masse auquel seul un petit nombre a participé. Parmi les dirigeants bolcheviques, on reconnaît Trotski et Staline. 

Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

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Élection de l'Assemblée constituante

Photographie : Élection de l'Assemblée constituante

L'élection de l'Assemblée constituante, en Russie, vers 1917. 

Crédits : Hulton Getty

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Après avoir dissous l'Assemblée, le gouvernement restreint les prérogatives du Congrès des soviets, réduit l'autonomie de toutes les institutions nées au cours des révolutions de 1917 – soviets, comités d'usine, syndicats, gardes rouges, comités de quartier – qui avaient participé à la fois à la destruction des institutions traditionnelles et lutté pour l'affirmation et l'extension de leur propre compétence. Première des revendications ouvrières, le « contrôle ouvrier » des travailleurs sur la gestion des entreprises est rapidement écarté au profit d'un contrôle de l'État, dit « ouvrier », sur les entreprises.

Une incompréhension mutuelle s'installe entre les ouvriers, obsédés par le chômage, la dégradation continue de leur pouvoir d'achat, la faim, et un gouvernement désireux, par souci d'efficacité économique, de fixer des limites à l'autogestion et de procéder aux premières nationalisations. Dès le mois de décembre 1917, le nouveau régime doit faire face à une vague de revendications salariales et de grèves politiques, menées par l'opposition socialiste (mencheviks et socialistes-révolutionnaires) qui proteste contre la mainmise totale des bolcheviks sur le pouvoir. En quelques semaines, les bolcheviks perdent l'essentiel du capital de confiance qu'ils avaient accumulé, dans une partie du monde ouvrier, durant l'année 1917.

De la guerre impérialiste à la guerre civile

La conclusion de la paix est une priorité pour les bolcheviks. Sans paix, c'est l'avenir même de la révolution russe et de la révolution mondiale qui est menacé. Un armistice est conclu le 15 décembre 1917 avec les Puissances centrales, mais le traité de Brest-Litovsk n'est signé que le 3 mars 1918, à la suite de tractations dramatiques pour des dirigeants bolcheviques profondément divisés sur la tactique à mener face aux exigences croissantes des Empires centraux. La majorité est en faveur de la poursuite d'une « guerre révolutionnaire ». Léon Trotski, alors commissaire du peuple aux Affaires étrangères, propose de prolonger indéfiniment les négociations jusqu'au point de rupture, puis d'annoncer que la Russie se retire de la guerre, mais ne signe pas la paix. Face à cette position utopique, Lénine prône l'acceptation – aussi dure fût-elle – des conditions de l'adversaire : dans le contexte chaotique d'une Europe en guerre à la veille d'une révolution mondiale, tout traité risque d'être bientôt caduc. Le 23 février 1918, après que les armées allemandes eurent avancé de 400 kilomètres en cinq jours, Lénine parvient, à une courte majorité, à imposer son point de vue. Le traité de Brest-Litovsk consacre la perte, par rapport à 1914, de 800 000 kilomètres carrés : la Russie perd l'Ukraine et la Finlande, qui deviennent indépendantes, les pays Baltes et une part [...]

Révolution russe, 1917

Vidéo : Révolution russe, 1917

Quand éclate la Première Guerre mondiale, en août 1914, la Russie est dirigée par Nicolas II, tsar qui s'est laissé arracher quelques concessions libérales par une première révolution en 1905. Au mois de février 1917, l'enlisement de la guerre, les échecs militaires répétés de... 

Crédits : National Archives

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Paix de Brest-Litovsk, mars 1918

Photographie : Paix de Brest-Litovsk, mars 1918

Perdre des territoires pour sauver la révolution. Alors que la Première Guerre mondiale s'éternise, Lénine se résout à engager des pourparlers avec les puissances centrales en vue d'une paix séparée. L'accord est signé à Brest-Litovsk, le 3 mars 1918. La délégation de la Russie... 

Crédits : Mondadori Portfolio/ Getty Images

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Trotski et l'Armée rouge

Photographie : Trotski et l'Armée rouge

Trotski (1879-1940) en compagnie de soldats de l'Armée rouge, en 1921. 

Crédits : Topical Press Agency/ Hulton Archive/ Getty Images

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1914 à 1939. De Sarajevo à Dantzig

1914 à 1939. De Sarajevo à Dantzig
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Pour citer l’article

Nicolas WERTH, « U.R.S.S. - Histoire », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/u-r-s-s/