CORDIÉRITE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Minéral auquel le géologue français Louis Cordier donna son nom, connu aussi sous les termes d'iolite (roche violette) ou de dichroïte (roche bicolore). Longtemps classée parmi les cyclosilicates, la cordiérite est classée parmi les tectosilicates depuis que des études cristallographiques fines ont montré que tout l'aluminium est en position tétracoordonnée, en substitution de la silice. Le système de symétrie est orthorhombique, les cordiérites de haute température étant plus proches du système hexagonal que celles de basse température. Le passage d'une forme à l'autre se fait par simple chauffage progressif.

La formule chimique générale s'écrit donc [Si5Al4O18](Fe,Mg)2. La variété la plus fréquente est surtout magnésienne, mais il en existe d'entièrement ferreuses, tandis que du calcium, du sodium et du manganèse peuvent y être décelés en faibles proportions.

Les beaux cristaux de cordiérite sont rares, ils se présentent sous la forme de prismes courts, pseudo-hexagonaux, à faces striées longitudinalement. Le plus fréquemment, le minéral se trouve en masses compactes ou en grains de couleur bleue, devenant verdâtre, puis brune par altération. L'éclat est vitreux et gras (éclat cireux). Une variété transparente, d'un bleu profond, est utilisée en joaillerie comme pierre semi-précieuse (Sri Lanka). Minéral très sensible à l'altération, il se pseudomorphose facilement en un agrégat microcristallin de particules de pinite (micas blancs alcalins), tout en conservant, le plus souvent, sa forme primitive. Dans ce cas, la cordiérite apparaît, sur les cassures des roches, sous la forme de mouchetures ternes, de couleur gris verdâtre à brune.

La cordiérite est un minéral assez largement distribué. On en rencontre dans les auréoles de métamorphisme de contact (cornéennes, schistes à cordiérite et andalousite), ainsi que dans les roches les plus profondes du métamorphisme régional (micaschistes, gneiss, granulites, migmatites et granites d'anatexie). On trouve des formes de basse température dans les granites à deux micas (biotite et muscovite), les microgranites et quelques pegmatites, tandis que les formes de haute température s'observent dans certaines laves (rhyolites, andésites ou kersantites) et produits de projection.

—  Michel GIBERT

Écrit par :

Classification


Autres références

«  CORDIÉRITE  » est également traité dans :

GRANITES ET RHYOLITES

  • Écrit par 
  • Bernard BONIN, 
  • Jean-Paul CARRON, 
  • Georges PÉDRO, 
  • Michel ROBERT
  •  • 8 474 mots
  •  • 20 médias

Dans le chapitre « Granites orogéniques d'anatexie »  : […] accessoires alumineux tels que l'andalousite, le grenat, la cordiérite, la tourmaline et la topaze. Ils subissent des actions hydrothermales importantes, cristallisation de poches pegmatitiques à cristaux géants (Minas Gerais au Brésil) et altérations : épisyénitisation (dissolution des quartz), […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/granites-et-rhyolites/#i_49186

Pour citer l’article

Michel GIBERT, « CORDIÉRITE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/cordierite/