TIMOR ORIENTAL

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique démocratique du Timor oriental (TL)
Chef de l'ÉtatFrancisco Guterres (depuis le 20 mai 2017)
Chef du gouvernementTaur Matan Ruak (depuis le 22 juin 2018)
CapitaleDili
Langues officiellesportugais, tetum 1
Note : L'anglais et l'indonésien sont des langues de travail
Unité monétairedollar des États-Unis (USD)
Population1 337 000 (estim. 2022)
Superficie (km2)14 954

Histoire

Du Portugal à l'Indonésie

Attirés par le précieux bois de santal, les Portugais étaient arrivés à Timor dès le début du xvie siècle. Issus du métissage, les « Portugais noirs » ou « Topasses » ont joué un rôle important jusqu'au xviiie siècle. Les missions catholiques ont aussi été très actives. Mais, en raison des révoltes de chefs locaux (Liurai) et des attaques des Néerlandais, ce n'est qu'au début du xxe siècle que les « Portugais blancs » renforcent véritablement leur emprise, réduisant dans le sang une dernière rébellion en 1912. Un arrêt de la Cour internationale de justice fixe en 1914 la frontière avec les Indes néerlandaises dont fait partie Timor occidental. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Timor devient un enjeu stratégique, des commandos australiens, aidés par la population locale, y livrent de durs combats aux Japonais. Le repli des Australiens en 1943 coûte très cher aux Timorais.

Alors que l'Indonésie proclame son indépendance en 1945, Timor oriental reste une petite colonie négligée du régime de Salazar. Lorsque, en avril 1974, le Mouvement des forces armées renverse la dictature à Lisbonne, il n'y a à Timor oriental, où règne l'analphabétisme, que trois médecins indigènes et 30 kilomètres de routes. Trois nouvelles formations, plutôt modérées, incarnent alors les destins possibles du territoire. L'U.D.T. (Union démocratique de Timor) est favorable à une autonomie en association avec le Portugal. L'A.S.D.T. (Association sociale-démocrate de Timor) veut l'indépendance ; comme l'U.D.T., elle regroupe des intellectuels catholiques que vont rejoindre des étudiants de retour du Portugal où ils ont été gagnés au maoïsme. C'est sous leur influence que l'A.S.D.T. va devenir le Fretilin (Front révolutionnaire pour l'indépendance de Timor est). Enfin, l'Apodeti (Association populaire démocratique de Timor), minoritaire, prône le rattachement à l'Indonésie et sera rejointe par deux groupuscules manipulés par Djakarta, Kota et Trabalhista.

Quelle est la position de l'Indonésie où le général Suharto a imposé un régime militaire depuis 1966 ? Les généraux de Suharto poussent à l'intégration de Timor oriental en invoquant le danger d'une « subversion marxiste » du Fretilin. L'Australie, soucieuse de maintenir de bonnes relations avec Djakarta, donne son feu vert.

En août 1975, alors que le Portugal se désengage précipitamment, l'U.D.T. tente de prendre le pouvoir par la force, déclenchant un affrontement qui fait 2 500 morts mais tourne en vingt jours à l'avantage du Fretilin. De plus en plus menacé par l'intervention indonésienne, celui-ci proclame, le 28 novembre 1975, l'indépendance de la République démocratique de Timor oriental.

La victoire communiste au Cambodge et au Vietnam en avril est encore dans tous les esprits. Le président américain, Gerald Ford, fait une visite officielle à Djakarta en décembre 1975 et, le lendemain de son départ, l'Indonésie envahit le « nouveau Cuba » : « appelées » selon Djakarta par l'U.D.T., l'Apodeti, Kota et Trabalhista, les troupes indonésiennes prennent avec une violence meurtrière Dili, capitale de Timor oriental. Les généraux indonésiens avaient escompté une victoire foudroyante, ils se heurtent à une résistance qui va les obliger à mener une guerre d'occupation prolongée. L'O.N.U. vote, le 12 décembre 1975, une résolution exigeant le retrait des forces indonésiennes de Timor oriental. Celle-ci reste lettre morte.

Combattants du Timor oriental

Photographie : Combattants du Timor oriental

Des combattants pour l'indépendance du Timor oriental, en 1977. 

Crédits : Hulton Getty

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L'occupation indonésienne

Après une « consultation » arrangée, Timor oriental est proclamé vingt-septième province d'Indonésie en 1976. Le territoire est verrouillé, la répression militaire féroce : bombardements, regroupements forcés de population dans des camps où on laisse régner la famine, tortures, viols, exécutions sommaires. Il y aura quelque 200 000 morts sur une population de 600 000 personnes, proportion terrible qui permet déjà de parler de génocide – ce que les pays occidentaux refusent de voir.

L'armée indonésienne marque d'abord des points, notamment lorsqu'elle abat Nicolau Lobato, leader du Fretilin, en décembre 1978. Militairement exsangue, divisé, le Fretilin est presque brisé. Il retrouve pourtant un nouvel élan en 1979, sous l'impulsion de Jose Alexandre Gusmao, dit « Xanana ». Âgé d'une trentaine d' [...]

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Timor oriental : carte physique

Timor oriental : carte physique
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Timor oriental : drapeau

Timor oriental : drapeau
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Combattants du Timor oriental

Combattants du Timor oriental
Crédits : Hulton Getty

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Écrit par :

  • : chargée de recherche au Centre d'études et de recherches internationales de la Fondation nationale des sciences politiques
  • : maître de conférences H.D.R. à l'université de Toulouse-II-Le-Mirail, membre du laboratoire Asie du Sud-Est, U.M.R. 8170

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Pour citer l’article

Françoise CAYRAC-BLANCHARD, Frédéric DURAND, « TIMOR ORIENTAL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/timor-oriental/