TIMOR ORIENTAL

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

quelques données-clés.
Nom officielRépublique démocratique du Timor oriental (TL)
Chef de l'ÉtatFrancisco Guterres (depuis le 20 mai 2017)
Chef du gouvernementRui Maria de Araújo (depuis le 16 février 2015)
CapitaleDili
Langues officiellesportugais, tetum 1
Note : L'anglais et l'indonésien sont des langues de travail
Unité monétairedollar des États-Unis (USD)
Population1 320 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)14 954

Une démocratie en péril

Après l'élection d'une Assemblée constituante durant l'été de 2001, d'où le Fretilin sort grand vainqueur, la déclaration d'indépendance est fixée au 20 mai 2002. Dès le 14 avril, Xanana Gusmao est élu président de la République au premier tour par une large majorité. Mari Alkatiri, secrétaire général du Fretilin, devient Premier ministre. Aux termes de la Constitution, celui-ci détient la réalité des pouvoirs de l'exécutif, le rôle du président s'apparentant plus à une fonction de représentation. L'O.N.U., qui s'est particulièrement impliquée dans le conflit du Timor oriental, ne relâche pas son effort : l'Untaet cède la place le 17 mai 2002 à l'Unmiset (United Nations Mission of Support of East Timor), composée de 5 000 casques bleus et de 1 250 policiers. L'année 2005 est marquée par la mise en place, en mars, de la Commission de vérité et d'amitié, chargée par les gouvernements timorais et indonésien d'établir les responsabilités sur les crimes commis lors des massacres de 1999. Dans la foulée, les deux parties trouvent un accord sur le règlement de 95 p. 100 de leurs litiges frontaliers.

À partir de février 2006, une faction militaire demande par pétition au président de remédier à la discrimination d'ordre ethnique dont elle se dit la victime. Le conflit dégénère en affrontements meurtriers à la fin d'avril. Face à la violence des combats, de nombreux civils, particulièrement à Dili, quittent leur domicile pour trouver refuge dans des camps. L'incapacité de l'État à maintenir la paix civile contribue à livrer Dili aux pillards et aux gangs. En quelques jours, la ville est dévastée. Pendant ce temps, les camps se remplissent de 150 000 réfugiés. Le gouvernement aux abois n'a d'autre ressource que d'appeler la communauté internationale à son secours. Des troupes, essentiellement australiennes, débarquent en mai ; ce contingent annonce la formation en août, sous l'égide de l'O.N.U., de l'Unmit (United Nations Integrated Mission in Timor Leste), chargée de rétablir l'ordre et l'autorité de l'État, cela dans la perspective de la bonne tenue des élections de 2007. Confronté à de nombreuses critiques, dont celles du président, sur sa gestion de la crise, le Premier ministre démissionne à la fin de juin 2006. Il est remplacé par José Ramos-Horta, figure emblématique de l'indépendance. Mais le retour au calme n'est que relatif. Une violence larvée, de nature politico-mafieuse, continue de s'exercer, que ni le gouvernement ni l'Unmit ne parviennent à éradiquer. Qui plus est, la question des réfugiés reste sans réponse : en janvier 2008, ils étaient encore plus de 100 000 dans les camps.

La vie démocratique tente néanmoins de reprendre son cours. Avec le soutien de son prédécesseur, José Ramos-Horta devient président de la République lors du scrutin organisé en mai 2007. Les élections législatives du mois suivant ne permettent pas de dégager une majorité de gouvernement. Pour sortir de l'impasse, José Ramos-Horta choisit comme Premier ministre Xanana Gusmao, fondateur d'un nouveau parti qui a pourtant recueilli moins de sièges que le Fretilin. Celui-ci crie à l'illégalité du procédé mais s'incline et rentre dans le jeu démocratique, alors que certains de ses partisans cèdent à la tentation de la violence. Dili et le pays connaissent à nouveau émeutes et destructions. Le nouveau Premier ministre s'attache à rétablir la paix civile et se fixe comme priorités de résoudre le problème des réfugiés, porteur de tensions sociales, et des militaires « pétitionnaires » de 2006, dont les revendications restent pendantes.

Le pays semble alors en mesure d'apporter des réponses adéquates aux défis qui se posent à lui. Mais, de façon quasi simultanée, le président et le Premier ministre sont victimes de tentatives d'assassinat le 11 février 2008. Celles-ci sont l'œuvre de militaires en rupture de ban, dont certains sont des insurgés de 2006 passés dans la clandestinité. Ces événements ont rappelé à la classe politique locale, ainsi qu'à la communauté internationale, non seulement la nécessité des réformes, mais aussi l'urgence de leur mise en œuvre, sous peine de voir le pays basculer dans la guerre civile. Cependant, malgré la mise en œuvre d’un plan de développement pour la période 2010-2030, le président José Ramos-Horta est éliminé du scrutin présidentiel de 2012 dès le premier tour. L’ex-commandant en chef des forces armées, José Maria de Vasconcelos, dit Taur Matan Ruak, soutenu par le Congrès national pour la reconstruction de Timor, est élu président en avril 2012. Deux mois plus tard, cette formation remporte les élections législatives.

(Voir également TIMOR ORIENTAL, chronologie contemporaine)

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages

Médias de l’article

Timor oriental : carte physique

Timor oriental : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Timor oriental : drapeau

Timor oriental : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

drapeau

Combattants du Timor oriental

Combattants du Timor oriental
Crédits : Hulton Getty

photographie

Afficher les 3 médias de l'article


Écrit par :

  • : chargée de recherche au Centre d'études et de recherches internationales de la Fondation nationale des sciences politiques
  • : maître de conférences H.D.R. à l'université de Toulouse-II-Le-Mirail, membre du laboratoire Asie du Sud-Est, U.M.R. 8170

Classification

Autres références

«  TIMOR ORIENTAL  » est également traité dans :

TIMOR ORIENTAL, chronologie contemporaine

  • Écrit par 
  • Universalis

Tous les événements politiques (élections, conflits, accords, …) et les faits économiques et sociaux qui ont marqué l’histoire contemporaine du pays jusqu’à aujourd’hui. […] Lire la suite

DILI

  • Écrit par 
  • Frédéric DURAND
  •  • 359 mots
  •  • 1 média

Dili, capitale de la République démocratique de Timor Leste ou Timor oriental , n'est pas une grande ville (175 000 hab. en 2004), comparée aux autres capitales asiatiques. Cela s'explique par la population totale du pays (1 080 000 hab. en 2008), mais aussi par une histoire tourmentée. Dili n'a été que le troisième établissement de la colonie portugaise. Elle a été fondée en 1769, après que les […] Lire la suite

INDONÉSIE - L'Indonésie contemporaine

  • Écrit par 
  • Romain BERTRAND, 
  • Françoise CAYRAC-BLANCHARD
  •  • 17 698 mots
  •  • 19 médias

Dans le chapitre « Les élections du 7 juin 1999 et la présidence Wahid  »  : […] Au matin du 21 mai 1998, Suharto annonça qu'il « se retirait du pouvoir tel un renonçant ». La charge suprême échut au vice-président, Bacharrudin Jusuf Habibie, « fils adoptif » et dauphin désigné de Suharto. Habibie annonça quelques semaines plus tard qu'il convoquerait des élections anticipées et amenderait les lois électorales de l'Ordre nouveau pour restaurer le multipartisme concurrentiel. […] Lire la suite

NETTOYAGE ETHNIQUE

  • Écrit par 
  • George J. ANDREOPOULOS
  •  • 1 506 mots
  •  • 3 médias

Tentative de créer des zones géographiques se caractérisant par leur homogénéité ethnique, au moyen de la déportation ou du déplacement forcé de personnes appartenant à des groupes ethniques définis. Le nettoyage ethnique entraîne parfois la suppression de toutes les marques physiques témoignant de l'existence du groupe visé, par la destruction des monuments, cimetières et lieux de cultes. L'expr […] Lire la suite

O.N.U., PRINCIPALES INTERVENTIONS AU XXe siècle - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Olivier COMPAGNON
  •  • 410 mots

Août-octobre 1944 Réunis à Dumbarton Oaks, les États-Unis, l'URSS, la Chine et le Royaume-Uni affinent le projet, né l'année précédente, d'une organisation internationale destinée à garantir la paix. 26 juin 1945 Signature de la charte de San Francisco qui entérine la naissance de l'Organisation des Nations unies (ONU). 1946 La première session de l'ONU se tient à Londres. Le siège définitif de l' […] Lire la suite

SUHARTO (1921-2008)

  • Écrit par 
  • Romain BERTRAND
  •  • 975 mots

Né le 8 juin 1921 dans le hameau de Kemusuk, à l'ouest de Yogyakarta, dans le centre de Java (dans ce qu'on appelait alors les Indes néerlandaises), Suharto se prétendait enfant d'une famille pauvre de la campagne. Mais il fut très tôt pris en charge par une branche aisée de sa famille qui vivait à Wonogiri. Durant l'occupation japonaise (1942-1945), il rejoignit la milice nationaliste supplétive […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

12 mai 2018 Timor oriental. Alternance politique.

Timor (CNRT) de l’ancien Premier ministre Xanana Gusmão de participer à une large coalition, le Front révolutionnaire pour l’indépendance de Timor oriental (Fretilin) et le Parti démocrate avaient formé un gouvernement minoritaire dirigé par Mari Alkatiri. Celui-ci n’est pas parvenu à faire adopter le budget. L’Alliance pour le changement et le progrès […] Lire la suite

22 juillet 2017 Timor oriental. Victoire électorale de la coalition au pouvoir.

Le Fretilin du Premier ministre Rui Maria de Araújo remporte d’une courte tête les élections législatives avec 29,7 p. 100 des suffrages et 23 sièges sur 65. Le Congrès national pour la reconstruction de Timor de l’ancien Premier ministre Xanana Gusmão perd son rang de première formation représentée au Parlement avec 29,5 p. 100 des voix et 22 élus […] Lire la suite

20 mars 2017 Timor oriental. Élection de Francisco Guterres à la présidence.

Après deux tentatives aux élections de 2007 et 2012, le candidat du Fretilin (nationaliste, social-démocrate) Francisco Guterres est élu président dès le premier tour avec 57,1 p. 100 des suffrages. Son principal adversaire António da Conceição, candidat du Parti démocratique (centre gauche), obtient 32,5 p. 100 des voix. Le taux de participation […] Lire la suite

7 juillet 2012 Timor oriental. Victoire de la formation du Premier ministre Xanana Gusmão aux élections législatives

Timor du Premier ministre Xanana Gusmão remporte les élections législatives, avec 36,7 p. 100 des suffrages et 30 sièges sur 65. Le Front révolutionnaire pour l'indépendance de Timor oriental (Fretilin) de l'ancien Premier ministre Mari Alkatiri arrive en deuxième position, avec 29,9 p. 100 des voix et 25 élus. Le taux de participation est de 74,8  […] Lire la suite

16 avril 2012 Timor oriental. Élection de Taur Matan Ruak à la présidence

Timor, au pouvoir, remporte le second tour de l'élection présidentielle avec 61,2 p. 100 des suffrages. Il était opposé au chef du Fretilin (le parti qui a mené la lutte pour l'indépendance du pays), Francisco Guterres. Le taux de participation est de 73,1 p. 100. La fonction présidentielle est honorifique au Timor oriental.  […] Lire la suite

Pour citer l’article

Françoise CAYRAC-BLANCHARD, Frédéric DURAND, « TIMOR ORIENTAL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/timor-oriental/