TEST PSYCHOLOGIQUE

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Les catégories de tests

Les tests actuellement disponibles sont très nombreux, et de nouveaux instruments viennent régulièrement enrichir l’offre. Vouloir en faire une recension exhaustive est de peu d’intérêt, car la liste des tests qui pourrait être établie serait rapidement obsolète. Cette section propose plutôt une sélection d’instruments classiques dans chacune des grandes catégories de tests. Pour chacune de celles-ci, le cadre conceptuel et les questions actuelles sont à chaque fois présentés.

Les tests des fonctions cognitives

Les tests d’intelligence sont les plus anciens instruments de mesure des fonctions cognitives supérieures. Le premier test d’intelligence a été publié en 1905 par Alfred Binet dans le but d’identifier les enfants souffrant d’un retard intellectuel et susceptibles de bénéficier d’un enseignement adapté. Il s’agit d’une échelle de développement organisée en niveaux d’âge. À chaque niveau correspond une série de tâches réussies par la moyenne des enfants de l’âge considéré. Cette échelle permet ainsi de déterminer l’âge mental d’un enfant, lequel peut ensuite être comparé à son âge chronologique. Ce rapport multiplié par 100 permet d’obtenir un quotient intellectuel (Q.I.). Un enfant dont l’âge mental est égal à son âge chronologique obtient un Q.I. de 100. Si son âge mental est en retard, son Q.I. est inférieur à 100 et, s’il est en avance, son Q.I. est supérieur à 100. L’échelle de Binet est construite sur un modèle global de l’intelligence. Binet considère en effet que l’intelligence ne peut se réduire à une somme d’aptitudes élémentaires. Elle est une aptitude complexe possédant des qualités propres et doit, dès lors, être évaluée au travers de tâches elles-mêmes complexes. Si ces tâches sont suffisamment variées et représentent un bon échantillon de la diversité des tâches intellectuelles, alors la performance globale à ces tâches peut être prise comme un indicateur valide de l’efficience intellectuelle.

Le test d’intelligence de Binet a été le premier d’une longue lignée dont font partie les échelles d’intelligence de Wechsler. Ces échelles, dont la première version a été publiée en 1939, ont fait évoluer le test de Binet en utilisant des épreuves mieux validées, organisées au sein de sous-échelles qui représentent les grandes facettes de l’activité intellectuelle. Cette organisation permet de calculer, en plus du Q.I., des scores pour chacune de ces facettes, ce qui enrichit les informations récoltées à propos des compétences intellectuelles des individus testés. Par ailleurs, les échelles de Wechsler ont abandonné le calcul classique du Q.I. au profit d’une mesure de celui-ci en termes de distance par rapport aux performances moyennes des individus du même âge. Afin de couvrir tous les groupes d’âge, il existe aujourd’hui trois échelles de Wechsler : le Wechsler Preschool and Primary Scale of Intelligence, 4e édition (WPPSI-IV), pour les enfants de trois à sept ans ; le Wechsler Intelligence Scale for Children, 5e édition (WISC-V), pour les enfants de six à seize ans ; le Wechsler Adult Intelligence Scale, 4e édition (WAIS-IV), pour les adultes de seize à quatre-vingt-dix ans. Développées aux États-Unis, ces différentes échelles ont été adaptées en un grand nombre de langues et de cultures.

Alors que les échelles d’intelligence globales sont composées d’une diversité d’épreuves et mesurent différentes composantes de l’intelligence, certains tests d’intelligence ne comprennent qu’une seule catégorie d’épreuves focalisée sur une facette intellectuelle. C’est le cas des « matrices progressives », dont la première version a été créée par Raven en 1938. Ce test mesure uniquement l’intelligence fluide à l’aide de suites logiques. Les questions sont des suites de formes géométriques. Le sujet doit identifier les règles qui régissent chaque séquence, puis les utiliser pour compléter la séquence. Cette démarche d’induction (trouver les règles) et de déduction (appliquer les règles) est caractéristique des tests mesurant l’intelligence fluide, qui ne varient généralement que par le contenu des séquences proposées. Il peut s’agir de dessins, de lettres, de chiffres ou encore de dominos comme dans les tests D48 et D70. Tous ces tests proposent un format de réponse à choix multiple, ce qui permet leur passation collective.

Les outils d’évaluation des fonctions cognitives ont évolué en fonction des modèles de ces différentes fonctions. Dans le cas de la mémoire, la distinction faite par Tulving entre le système de la mémoire à court terme et les quatre systèmes de la mémoire à long terme (mémoires procédurale, sémantique et épisodique, et les systèmes de représentation perceptive) a donné lieu à la création de nombreux outils destinés à l’évaluation de ces différentes composantes. Certaines épreuves existent comme outils indépendants. C’est le cas du test Corsi Block Tapping qui évalue le sous-système visuo-spatial de la mémoire à court terme, et du test California Verbal Learning (CVLT) qui évalue la mémoire épisodique verbale. D’autres épreuves font partie de batteries d’évaluation de la mémoire, qui permettent d’examiner les différentes facettes de cette dernière. Parmi ces batteries, on peut citer « l’échelle clinique de mémoire de Wechsler », 4e édition (MEM-IV), destinée à l’examen des adultes de seize à soixante-dix ans. Pour les enfants, deux batteries de tests ont été adaptées en langue française : la Child Memory Scale (CMS) et la NEPSY-II. Cette dernière batterie ne se limite pas à l’examen de la mémoire, mais permet également d’évaluer l’attention et les fonctions exécutives, le langage, les fonctions sensorimotrices, la perception sociale et les traitements visuo-spatiaux.

Comme pour la mémoire, les outils d’évaluation des fonctions attentionnelles ont évolué en fonction du développement des modèles théoriques. Actuellement, le modèle de Posner est la référence dominante. Ce modèle distingue quatre composantes attentionnelles : l’alerte, l’attention sélective, l’attention soutenue et la vigilance, et l’attention divisée. Comme pour la mémoire, il existe des tests spécifiquement dédiés à l’évaluation de chacune des composantes attentionnelles. C’est le cas du test D2 de Brickenkamp, qui évalue l’attention sélective à l’aide d’une tâche de barrage, en temps limité, de lettres possédant des caractéristiques définies. Il existe également des batteries de tests permettant d’évaluer les différentes composantes de l’attention. C’est le cas de la NEPSY-II, déjà été citée plus haut, qui est une batterie généraliste pour l’examen neuropsychologique. On peut également citer le test d’évaluation de l’attention chez l’enfant (TEA-Ch), qui permet d’évaluer trois composantes de l’attention chez les enfants de six à douze ans. [...]

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Pour citer l’article

Jacques GRÉGOIRE, « TEST PSYCHOLOGIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/test-psychologique/