COGNITIVES SCIENCES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Fondements : deux grandes approches

Hypothèses et choix stratégiques

L'histoire nous enseigne que les hypothèses fondamentales sur lesquelles s’appuie une science ne sont jamais formulées au départ sous la forme qu'elles prennent lorsque la discipline atteint la maturité : indépendamment des changements, voire des revirements, et des désaccords entre écoles, qui accompagnent son développement, la signification véritable des intuitions de départ ne se dégage que progressivement. Comme on doit s'y attendre en raison de leur jeunesse, les sciences cognitives font l’objet de discussions animées sur la question de leurs fondements. Mais si elles sont aussi vives, c'est sans doute parce qu'elles touchent à la question sensible entre toutes, celle de la nature de l'homme. Le point de vue mécaniste du physiologiste et du médecin, qui s'occupent de la « carcasse », de la « chair », est depuis longtemps dans notre culture accepté dès lors qu'il s'applique : 1. aux fonctions « inférieures » que nous partageons avec le reste du règne animal (même si l'homme les « spiritualise ») ; 2. aux écarts de toutes sortes par rapport à l'état normal. Mais, replacé dans le cadre plus large du naturalisme (c’est-à-dire de l'approche de l'humain comme ensemble de phénomènes de la nature, accessibles aux méthodes des sciences de la nature), ce point de vue se heurte à des objections profondément enracinées, qui prennent la forme de perplexités philosophiques, de difficultés épistémologiques, et aussi de problèmes éthiques.

Il faut donc distinguer deux sources de principes fondamentaux : d'une part, les hypothèses formulées par les scientifiques eux-mêmes, complétées et interprétées par leurs pratiques ; d'autre part, les reconstructions, par les philosophes, visant à expliciter ces hypothèses et ces pratiques, à leur donner une unité et une cohérence interne, et à en dégager les conséquences ontologiques. Bien entendu, toute présentation synthétique des premières s'apparente aux secondes,

À un niveau aussi général et consensuel que possible, on peut sans doute distinguer trois hypothèses :

1. Pr [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 29 pages



Médias de l’article

L'hexagone des sciences cognitives

L'hexagone des sciences cognitives
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Les regroupements au sein des sciences cognitives

Les regroupements au sein des sciences cognitives
Crédits : Encyclopædia Universalis France

tableau

Prisme cognitif

Prisme cognitif
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Machine connexionniste

Machine connexionniste
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin





Écrit par :

  • : professeur de philosophie à l'université de Paris-IV-Sorbonne, ancien directeur du département d'études cognitives, École normale supérieure

Classification


Autres références

«  COGNITIVES SCIENCES  » est également traité dans :

ANTHROPOLOGIE COGNITIVE

  • Écrit par 
  • Arnaud HALLOY
  •  • 5 804 mots

L’objet de l’anthropologie cognitive est de documenter et de mieux comprendre ce que la culture fait à la cognition. Depuis ses premiers tâtonnements au milieu du xx e  siècle jusqu’à ses développements les plus contemporains, cette sous-discipline de l’anthropologie occupe une position ambiguë. Son intérêt pour la cognition la rapproche de la psychologie, à laquelle elle est parfois assimilée, t […] Lire la suite

AUTISME (PRISE EN CHARGE DE L')

  • Écrit par 
  • Marie-Ève HOFFET
  •  • 2 658 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Deux avancées importantes en psychopathologie infantile »  : […] Une bien meilleure compréhension des troubles des enfants autistes – étant entendu que compréhension n'est pas une explication à la causalité – émerge de deux groupes de recherches. La psychologie cognitive, issue des travaux du philosophe et linguiste américain Noam Chomsky sur le langage, a montré l'importance de l'identification correcte des signaux perçus pour construire une réponse adaptée. […] Lire la suite

AUTO-ORGANISATION

  • Écrit par 
  • Henri ATLAN
  •  • 6 239 mots
  •  • 1 média

Dans les artefacts, par définition construits par l'homme en vue de fins et suivant des plans déjà définis, la signification des structures et des fonctions est définie par rapport à ces fins. C'est dire que, comme ces fins elles-mêmes, extérieures à la machine qu'elles orientent, la signification est posée à l'avance, produite par le concepteur ou le constructeur de la machine. Les questions de s […] Lire la suite

BATES ELIZABETH (1947-2003)

  • Écrit par 
  • Michèle KAIL
  •  • 444 mots

Elizabeth Bates, nommée professeur de psychologie en 1983 à l’université de Californie à San Diego, est cofondatrice, en 1988, du premier département de sciences cognitives aux États-Unis. Elle y crée et dirige le prestigieux Center for Research in Language. En trente années, Liz Bates a produit une œuvre de pionnière dont la cohérence et l’envergure expliquent le rayonnement : acquisition du lan […] Lire la suite

BIOLOGISME

  • Écrit par 
  • Sébastien LEMERLE, 
  • Carole REYNAUD-PALIGOT
  •  • 2 767 mots

Dans le chapitre « Le renouveau du biologisme »  : […] En France, l’image publique des sciences de la vie connaît un renouveau important à la suite de l’attribution en 1965 du prix Nobel de physiologie ou médecine aux généticiens André Lwoff, Jacques Monod et François Jacob. La biologie attire de nouveau la curiosité du monde intellectuel et du grand public. C’est sur ce terreau à la fois scientifique et culturel que se déploient de nouvelles formes […] Lire la suite

CHOMSKY NOAM (1928- )

  • Écrit par 
  • Jean-Yves POLLOCK
  •  • 4 011 mots
  •  • 1 média

Noam Chomsky est le linguiste vivant le plus important et le plus connu. Son influence sur la linguistique contemporaine est déterminante. Né à Philadelphie en 1928, formé à la linguistique par Z. S. Harris – un des principaux théoriciens du distributionnalisme – au début des années 1950, il élabore dans sa thèse The Logical Structure of Linguistic Theory , écrite en 1955, les instruments formels […] Lire la suite

COGNITION

  • Écrit par 
  • Chrystel BESCHE-RICHARD, 
  • Raymond CAMPAN
  •  • 2 620 mots

Dans le chapitre « Intelligence artificielle et sciences cognitives »  : […] Vers le milieu du xx e  siècle, l'invention des premiers ordinateurs programmables et la cybernétique amènent à considérer ensemble le cerveau, l'esprit et la machine. L'intelligence artificielle offre des outils conceptuels, des méthodes et des machines à des disciplines très différentes. Si les neurosciences, la psychologie, la linguistique ou la philosophie participent naturellement à cette ap […] Lire la suite

COGNITION INCARNÉE

  • Écrit par 
  • Rémy VERSACE
  •  • 1 274 mots

Pendant longtemps, les sciences de la cognition ont tenté de décrire les mécanismes à la base des comportements en privilégiant une approche modulariste décrivant le cerveau comme un ensemble de systèmes hautement spécialisés (des modules), impliquant différents niveaux de représentations internes, et intervenant avant tout selon un mode séquentiel. Au-delà de la modularité, que certains ont limi […] Lire la suite

CULIOLI ANTOINE (1924-2018)

  • Écrit par 
  • Catherine FUCHS
  •  • 815 mots

Linguiste français, Antoine Culioli est né le 4 septembre 1924 à Marseille. Après avoir intégré l’École normale supérieure en 1944, il obtient l’agrégation d’anglais en 1948. Titulaire d’un doctorat d’État consacré à l’étude du subjonctif et de la coordination en moyen anglais, il est nommé en 1960 professeur à la Faculté des lettres de Paris (Sorbonne), puis participe en 1970 à la fondation de l’ […] Lire la suite

DENNETT DANIEL C. (1942- )

  • Écrit par 
  • Mary Jane FRIEDRICH
  • , Universalis
  •  • 575 mots

Les philosophes tentent de déterminer depuis des siècles la nature de la conscience, mais la question du rapport entre le corps et l'esprit continue de susciter de vifs débats à la fin du xx e  siècle. Le philosophe Dan Dennett, responsable du centre d'études cognitives de l'université Tufts, à Medford (Massachusetts), est un spécialiste de ce sujet controversé. Depuis les années 1960, il défend […] Lire la suite

DÉVELOPPEMENT DE LA COGNITION SPATIALE

  • Écrit par 
  • Yannick COURBOIS
  •  • 1 304 mots

La capacité de se mouvoir en restant orienté dans l’espace est essentielle pour l’animal car elle détermine sa survie (recherche de nourriture, retour au nid, évitement des prédateurs, etc.). Chez l’homme aussi, cette capacité a une fonction adaptative importante car elle est mobilisée dans la plupart des actes de la vie quotidienne, qu’ils soient simples (rechercher un objet dans une pièce) ou c […] Lire la suite

ENTREPRISE - Théories et représentations

  • Écrit par 
  • Gérard CHARREAUX
  •  • 6 342 mots

Dans le chapitre « Les théories cognitives de la firme »  : […] Fortement influencées par le modèle néo-classique, les théories contractuelles en sont parfois considérées comme de simples extensions. Les justifications de la firme trouvent leur origine dans le souci de s'écarter le moins possible de l'optimum néo-classique, de ne pas perdre de valeur du fait des coûts de transaction ou d'agence, de l'imperfection des droits de propriété, mal délimités, insuffi […] Lire la suite

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - La philosophie

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre COMETTI
  •  • 6 285 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le langage de la pensée »  : […] Les États-Unis d'Amérique ont été aussi le théâtre d'un essor significatif des sciences sociales, de la réflexion politique, de l'ethnologie et de la linguistique. À côté des tendances qui se sont imposées en psychologie et en sociologie, dans un esprit essentiellement expérimental et fortement empreint des besoins et des travers de la société industrielle, il faut tenir compte des travaux orient […] Lire la suite

FACTORIELLE ANALYSE

  • Écrit par 
  • Mariano YELA
  •  • 4 915 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « C. Spearman et le facteur g »  : […] L'hypothèse de Spearman peut être écrite comme suit : Ces égalités signifient : qu'une activité cognitive quelconque j est fonction d'un facteur général , g , commun à toutes les activités, et d'un facteur spécifique , s , lequel n'est présent que dans cette activité (1) ; que tous les facteurs sont statistiquement indépendants, c'est-à-dire que leurs corrélations sont nulles (2) ; que la mesure […] Lire la suite

FONCTIONNALISME, linguistique

  • Écrit par 
  • Catherine FUCHS
  •  • 1 545 mots

Dans le chapitre « Une théorie en renouvellement constant »  : […] La deuxième génération s'est intéressée à la fonction communicative de la phrase et à son articulation au discours, dans le sillage de l'approche dite « perspective fonctionnelle de la phrase » du cercle de Prague. Développée notamment par Vilem Mathesius ( A Functional Analysis of Present Day English on a General Linguistic Basis , 1961), cette approche distinguait au sein de la phrase les cons […] Lire la suite

FORME

  • Écrit par 
  • Jean PETITOT
  •  • 27 547 mots

Dans le chapitre « Morphodynamique cognitive et sémiophysique »  : […] À partir du moment où l'on dispose de modèles morphodynamiques appropriés pour une phénophysique, on peut, sur des bases originales et radicalement nouvelles, reposer le problème d'une ontologie qualitative. On peut défendre une conception partiellement réaliste de la perception et du langage en évitant toutes les apories exposées plus haut. Relativement à un tel programme de recherche, le néo-ari […] Lire la suite

GRAMMAIRES (HISTOIRE DES) - Du Moyen Âge à la période contemporaine

  • Écrit par 
  • Jean-Claude CHEVALIER, 
  • Jean STÉFANINI
  • , Universalis
  •  • 4 816 mots

Dans le chapitre « Après Chomsky »  : […] Depuis les années 1970-1980, le champ linguistique universitaire est devenu une énorme machine traversée par de multiples conflits s'incarnant dans des réseaux théoriques et dessinant des lignes de forces connexes et adverses. Le mouvement générativiste a gardé sa force de polarisation. Mais, avec le programme minimaliste des années 1990, il a atteint une limite d'abstraction qui est comme un poin […] Lire la suite

GRAMMAIRES COGNITIVES

  • Écrit par 
  • Catherine FUCHS
  •  • 1 349 mots

La dénomination « grammaires cognitives » a été donnée à un courant de recherches linguistiques né sur la côte ouest des États-Unis dans les années 1980, et initié par d'anciens tenants de la grammaire générative de Noam Chomsky. Les représentants les plus connus de ce courant, désormais très bien implanté au niveau international, sont George Lakoff, Ronald Langacker, Leonard Talmy et Gilles Fauco […] Lire la suite

HEURISTIQUE

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre CHRÉTIEN-GONI
  •  • 8 415 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Heuristique et résolution de problèmes »  : […] On l'a déjà évoqué, les sciences cognitives ont redonné un sens aux techniques heuristiques dans la mesure où elles visent à élucider les mécanismes cognitifs fondamentaux. Tout système « intelligent » lato sensu présente des conduites qui lui permettent d'acquérir des connaissances en vue d'élaborer des comportements adaptés aux situations auxquelles il est soumis. L'invention ou la découverte n […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Daniel ANDLER, « COGNITIVES SCIENCES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mai 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/sciences-cognitives/