HUE ROBERT (1946- )

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Lorsque, en janvier 1994, au XXVIIIe congrès du Parti communiste français (PCF) Georges Marchais l'appelle pour lui succéder, Robert Hue est encore un inconnu du grand public. Il avait juste fait parler de lui, pendant l'hiver de 1981, en prenant la tête d'une manifestation dans sa ville de Montigny-lès-Cormeilles (Val-d'Oise) contre une famille marocaine supposée se livrer au trafic de drogue.

Né le 19 octobre 1946 à Cormeilles-en-Parisis, Robert Hue est infirmier de profession. Il adhère au Parti communiste à l'âge de dix-sept ans, mais en grimpe tardivement les échelons : ce n'est qu'en 1987 qu'il fait son entrée au comité central, et trois ans plus tard au bureau politique.

Son parcours est surtout celui d'un élu local. Maire de Montigny-lès-Cormeilles de 1977 à 2009, conseiller général du Val-d'Oise de 1988 à 1997, conseiller régional de 1986 à 1993 et député de 1997 à 2002, il a présidé, de 1991 jusqu'à son accession à la tête du PCF, la puissante Association nationale des élus communistes et républicains.

Son style, plus décontracté, tranche très vite sur celui de son prédécesseur. Il lui faudra cependant attendre l'élection présidentielle de 1995 pour connaître la célébrité et devenir relativement populaire. Au terme d'une longue campagne, il réalise cependant un score décevant de 8,64 p. 100, n'égalant même pas les scores conjugués d'André Lajoinie et Pierre Juquin en 1988 (8,84 p. 100). Son parti subit une nouvelle déconvenue aux élections européennes de 1999 (6,8 p. 100).

Après 1995, il s'engage dans une politique de rapprochement avec le P.S. dont Lionel Jospin a repris la direction. La victoire de la gauche le 1er juin 1997 accélère le processus. Trois ministres communistes font leur entrée au gouvernement, mais lui reste en dehors, en raison notamment d'une mise en examen pour une affaire de financement occulte du PCF. Il doit tenir compte de la grogne de la base face à la politique menée, ainsi que de l'autonomie croissante des élus et du groupe parlementaire par rapport à l'appareil dirigeant du parti. Lors du XXXe congrès du parti à Martigues, en mars 2000, il doit renoncer à changer le nom de son parti, mais parvient à y instaurer un fonctionnement plus démocratique. En juin 2001, Robert Hue se déclare candidat à l'investiture du PCF pour l'élection présidentielle de 2002.

En novembre 2001, alors que le PCF se dote d'une direction bicéphale (Robert Hue à la présidence et Marie-George Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports, au secrétariat national), Robert Hue est désigné candidat du PCF pour l'élection présidentielle. L'érosion de l'influence communiste, déjà palpable depuis plusieurs scrutins, devient évidente, puisque Robert Hue ne recueille que 3,37 p. 100 des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle, le 21 avril 2002, puis perd son siège de député du Val-d'Oise aux législatives de juin. Il échoue à le reconquérir lors des élections partielles de 2003, mais est élu sénateur l’année suivante. En rupture avec le PCF dont il quitte le conseil national en novembre 2008, il crée un an plus tard une nouvelle formation politique, le Mouvement unitaire progressiste, visant le rassemblement à gauche en vue des élections régionales de 2010. Au premier tour de l'élection présidentielle de 2012, il soutient le socialiste François Hollande et non le candidat investi par le PCF et, en septembre de la même année, quitte le groupe communiste du Sénat pour rejoindre le Rassemblement démocratique et social européen. En 2017, il apporte son soutien au candidat Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle puis annonce son retrait de la vie politique, à la fin de son mandat de sénateur.

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Pour citer l’article

Bruno DIVE, « HUE ROBERT (1946- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-hue/