RÉTROVIRUS

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'organisation génétique des rétrovirus VIH et MuLV et le développement des vecteurs rétroviraux

Dans l'ADN proviral, qui parasite l'hôte cellulaire, trois gènes de structure, GAG, POL et ENV (fig. 2), sont encadrés par des éléments qui contrôlent leur expression (séquences répétées LTR) alors que l'encapsidation et la transcription inverse de l'ARN génomique viral sont régulées par les séquences PBS, E/DLS et PPT. En ce qui concerne les gènes de structure, GAG code pour les protéines de constitution de la membrane interne et de la nucléocapside du virus, POL code pour les enzymes protéase, transcriptase inverse et intégrase retrouvée dans la nucléocapside du virus, et ENV code pour les deux glycoprotéines formant les spicules du virus, celle de surface et l'autre transmembranaire (SUgp120 et TMgp41 chez VIH-1).

VIH-1 se distingue du virus MuLV par le codage d'un grand nombre de protéines de régulation intervenant dans l'expression du provirus, comme TAT et REV, lors de la formation des particules virales VIH-1, comme VPU, VIF et NEF, et au cours des premières étapes de l'infection virale, comme VPR. Chez MuLV, une seule protéine de régulation a été identifiée, le GlycoGAG, qui est impliqué dans les pathologies induites par différentes souches de MuLV.

La taille assez réduite de l'ADN proviral MuLV, moins de10 000 paires de bases, a facilité de nombreuses études génétiques et de larges manipulations de ce génome et a abouti à la mise au point de vecteurs rétroviraux pour le transfert de gènes. Ces virus recombinants ont la capacité d'infecter un grand nombre de types cellulaires différents, mais le cycle viral est limité aux étapes précoces pour aboutir à la seule expression du gène d'intérêt, à l'exclusion des gènes viraux GAG, POL et ENV. Plusieurs types de vecteurs rétroviraux dérivés de MuLV, et plus récemment de VIH-1, sont utilisés dans de nombreux domaines de la recherche, tels que la virologie, la cancérologie et le développement. En Europe et aux États-Unis, de nombreux essais sont faits sur l'homme avec des vecteurs rétr [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages





Écrit par :

  • : directeur de l'unité de virologie humaine à l'École normale supérieure de Lyon, I.N.S.E.R.M. U412, professeur, docteur ès sciences naturelles

Classification


Autres références

«  RÉTROVIRUS  » est également traité dans :

AZIDOTHYMIDINE (AZT)

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 418 mots

La molécule appelée zidovudine – appellation pharmaceutique de l’azidothymidine, abrégée en AZT – est le premier médicament doté d’une certaine efficacité contre le VIH, le virus responsable du sida. Cet analogue d’un composant de l’ADN, la thymidine, bloque en effet l’enzyme qui permet la multiplication du virus dans une cellule infectée. La molécule et ses propriétés antivirales étaient connues […] Lire la suite

BALTIMORE DAVID (1938- )

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 676 mots

Virologue américain, Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1975 (conjointement à Howard M. Temin et Renato Dulbecco) pour l'exploration des interactions entre les virus oncogènes et le matériel génétique des cellules. Les travaux de ces trois chercheurs ont contribué à la compréhension du rôle des virus dans le développement du cancer. En travaillant indépendamment, David Baltimore et Howard T […] Lire la suite

CANCER - Cancers et virus

  • Écrit par 
  • Sophie ALAIN, 
  • François DENIS, 
  • Sylvie ROGEZ
  •  • 5 646 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « La découverte de nouveaux virus tumorigènes est-elle prévisible ? »  : […] Selon Harald Zur Hausen, près de 15 p. 100 de l'ensemble des cancers sont d'origine infectieuse, avec une large contribution des virus de différentes familles dans les agents impliqués. Le bilan des virus oncogènes n'est certainement pas terminé. Pour les virus oncogènes connus, nous distinguerons les tumeurs chez les sujets immunocompétents et chez les sujets immunodéprimés. Chez les immunocompét […] Lire la suite

DÉMYÉLINISATIONS

  • Écrit par 
  • Alain PRIVAT
  •  • 862 mots

Phénomène pathologique, la démyélinisation est observée principalement dans deux maladies : la sclérose en plaques , qui touche le système nerveux central et qui est fatale à plus ou moins longue échéance, et la maladie de Guillain-Barré, qui touche le système nerveux périphérique et qui est spontanément régressive. L'examen post mortem du cerveau d'un malade atteint de sclérose en plaques montre […] Lire la suite

GÉNÉTIQUE

  • Écrit par 
  • Axel KAHN, 
  • Philippe L'HÉRITIER, 
  • Marguerite PICARD
  •  • 25 812 mots
  •  • 33 médias

Dans le chapitre « Les macromolécules codées »  : […] Dans l'ensemble des progrès accomplis, la reconnaissance de la structure et du rôle biologique des macromolécules codées, également appelées molécules informationnelles, est l'élément le plus significatif pour la représentation de ce qu'est réellement un système vivant. Les macromolécules codées sont des édifices chimiques, dont le poids moléculaire, toujours très élevé, se chiffre en nano ou pico […] Lire la suite

GÉNOMIQUE - La transgenèse

  • Écrit par 
  • Pascale BRIAND
  •  • 7 278 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Études relatives au développement »  : […] Comme nous l'avons vu, les souris transgéniques permettent de déterminer quelles sont les séquences nécessaires à la régulation de l'expression d'un gène au cours du développement. Il est aussi possible d'analyser les conséquences de l'expression qualitativement ou quantitativement anormale d'un gène que l'on sait être important dans telle ou telle étape du développement. Le rôle de certains prot […] Lire la suite

IDENTIFICATION DU VIRUS DU SIDA VIH-1

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 239 mots
  •  • 1 média

En juin 1981, on observe aux États-Unis une augmentation brusque de l'usage d'un médicament servant à lutter contre les pneumonies à Pneumocystis carinii , une maladie normalement très rare. Rapidement, les cas se multiplient, au moins au début de l'épidémie, parmi la population homosexuelle ou toxicomane. La maladie est associée à une déficience immunitaire profonde qui rend le sujet sensible à d […] Lire la suite

LEUCÉMIES

  • Écrit par 
  • Michel LEPORRIER
  •  • 5 011 mots

Dans le chapitre « Quels sont les facteurs connus provoquant ces altérations des gènes des cellules ? »  : […] Les facteurs intervenant dans le processus de leucémogenèse sont mieux connus chez l'animal que chez l'homme. Alors que les virus sont à l'origine de nombreuses leucémies animales, en particulier chez les félidés, les rongeurs, les gallinacés, la recherche de foyers de leucémie humaine évoquant une possible contagiosité a été longtemps infructueuse. Cependant deux rétrovirus, le HTLV 1 et le HT […] Lire la suite

ONCOGENÈSE ou CANCÉROGENÈSE ou CARCINOGENÈSE

  • Écrit par 
  • Roger MONIER
  •  • 7 285 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La découverte des proto-oncogènes. Leur conversion en gènes oncogènes viraux »  : […] Les premières études expérimentales sur l'oncogenèse, dont les travaux d'Ellerman et Bang et de Rous sont d'excellents exemples, ont fait appel à des modèles animaux. Ces modèles, qui ont permis la découverte des premiers virus oncogènes, ont également conduit à l'identification d'agents chimiques ou physiques qui sont capables de provoquer l'apparition de tumeurs lorsqu'ils sont administrés à un […] Lire la suite

RÉTROTRANSCRIPTION DE L'ADN

  • Écrit par 
  • Nicolas CHEVASSUS-au-LOUIS
  •  • 369 mots

À la fin des années 1960, la biologie moléculaire, alors jeune discipline, entre dans ce que l'historien Michel Morange a appelé sa « traversée du désert ». Les connaissances sont alors résumées par le « dogme central » énoncé par Francis H. C. Crick, qui veut que l'information aille uniquement de l'ADN (acide désoxyribonucléique) à l'ARN (acide ribonucléique), puis de l'ARN à la protéine. Le pass […] Lire la suite

SIDA (syndrome immuno-déficitaire acquis)

  • Écrit par 
  • François BRICAIRE, 
  • Patrice PINELL, 
  • Yves SOUTEYRAND
  •  • 9 685 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Physiopathologie »  : […] Une fois présent dans l'organisme humain, le virus va se fixer, pénétrer et se développer dans certaines cellules capables de le recevoir. Seules les cellules possédant des récepteurs spécifiques au virus sont contaminées . Ce sont essentiellement, mais non exclusivement, les lymphocytes CD4 (T4) qui seront ses victimes, mais il touche aussi d'autres cellules qui lui servent de « sanctuaire » ( en […] Lire la suite

SIDA - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 415 mots

1961 Indices sérologiques d’une exposition au virus du sida dans des échantillons de sang conservés au Zaïre (auj. Rép. dém. du Congo). 1981 Aux États-Unis, des patients homosexuels atteints de pneumocystose pulmonaire manifestent un état d'immunodéficience acquise. Des cas analogues seront ensuite observés en France. 1983 Une équipe de l'Institut Pasteur (Paris) dirigée par le Pr Luc Montagnier i […] Lire la suite

TEMIN HOWARD (1934-1994)

  • Écrit par 
  • Jean-Luc DARLIX
  •  • 1 562 mots

Dès ses études universitaires en biologie au collège Swarthmore (Pennsylvanie), Howard Temin s'est fait connaître par son énorme envie de savoir, et par un esprit curieux et indépendant. C'est ainsi qu'il a été perçu comme un “gourou” par ses camarades d'étude. En 1955, il rejoint le laboratoire de Renato Dulbecco au déjà célèbre California Institute of Technology, où il commence un travail doctor […] Lire la suite

THÉRAPEUTIQUE - Thérapie génique

  • Écrit par 
  • Olivier DANOS
  •  • 3 975 mots

Dans le chapitre «  Vecteurs rétroviraux »  : […] Les vecteurs dérivés de rétrovirus ont été utilisés chez l'homme dans environ 200 essais cliniques menés depuis 1989 sur près de 1 750 patients. Ils ont été à l'origine du premier vrai succès de la thérapie génique où un défaut génétique chez des patients atteints d'immunodéficiences combinées sévères a pu être compensé : il ne fut pas possible de continuer ces essais (2001) en raison d'effets sec […] Lire la suite

VIROLOGIE

  • Écrit par 
  • Sophie ALAIN, 
  • Michel BARME, 
  • François DENIS, 
  • Léon HIRTH
  •  • 10 443 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Relations entre génome viral et génome cellulaire »  : […] Dans tous les cas précédemment exposés, le génome du virus se répliquait pour son propre compte et plus ou moins indépendamment du génome cellulaire. Dans d'autres cas, génome cellulaire et génome viral ne forment qu'une seule entité par intégration du génome viral dans le génome cellulaire, et le génome viral se réplique exactement comme ce dernier, se transmettant de générations cellulaires e […] Lire la suite

VIRUS

  • Écrit par 
  • Vincent BARGOIN
  •  • 8 306 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Virus et biologie »  : […] Les virus représentent en biologie plus qu'une compilation de connaissances. Ils forcent la réflexion sur les mécanismes de l'évolution. Les rétrovirus et les virus oncogènes ont été des découvertes déroutantes. Fait exceptionnel en biologie, on connaît pour ces derniers, à l'échelle moléculaire, l'origine d'une propriété acquise par l'espèce : la propriété oncogénique. Un virus oncogène est init […] Lire la suite

VIRUS NEUROTROPES

  • Écrit par 
  • Yannick SIMONIN
  •  • 6 176 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Accès direct au système nerveux central »  : […] Le système nerveux central n’est pas seulement protégé des chocs mécaniques par la boîte crânienne. Il est également relativement isolé du reste du corps par une organisation cellulaire appelée barrière hémato-encéphalique qui protège notamment le cerveau des toxines, des hormones et des agents pathogènes circulant dans le sang. Cette barrière, véritable complexe composé de cellules endothéliales […] Lire la suite

XÉNOGREFFES

  • Écrit par 
  • Louis-Marie HOUDEBINE
  •  • 2 048 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le devenir des xénogreffons »  : […] Le fait que des xénogreffes soient possibles ne lève cependant pas toutes les difficultés. Il faut en effet se demander si les organes greffés seront réellement fiables et sans danger et si leur implantation est humainement acceptable par les patients. Le fonctionnement des xénogreffons . La première question que l'on se pose bien évidemment est celle de savoir dans quelle mesure une cellule ou un […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean-Luc DARLIX, « RÉTROVIRUS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/retrovirus/