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CRESPIN RÉGINE (1927-2007)

La jeune soprano qui, en 1950, fait ses débuts officiels à la scène ne se doute probablement pas qu'elle va devenir, en moins de dix ans, l'une des cantatrices françaises les plus réputées, et mener, à partir de la fin des années 1950, une carrière internationale qui va la conduire dans les temples lyriques les plus fameux. Elle sera notamment, vingt ans après Germaine Lubin, la première Française à être invitée au festival de Bayreuth. Ses triomphes sur scène ne doivent par ailleurs pas éclipser ses remarquables talents de récitaliste, mis au service du lied allemand et de la mélodie française.

Naissance d'un mythe

Née à Marseille le 23 février 1927, Régine Crespin accomplit ses études musicales au Conservatoire de Paris avec la soprano Suzanne Cesbron-Viseur, le ténor Georges Jouatte et le baryton Paul Cabanel – tous trois ont participé, à leur époque, à la gloire du chant français avant de se consacrer à l'enseignement. Encore étudiante, elle a affronté les planches au Grand Théâtre de Reims, en 1949, dans Charlotte (Werther de Massenet), mais sans la permission des autorités du Conservatoire. En 1950, au Théâtre municipal de Mulhouse, c'est en incarnant Elsa (Lohengrin de Wagner) que la débutante – elle n'a alors que vingt-trois ans – est applaudie ; pour l'heure, comme le voulait la coutume, elle interprète cet ouvrage dans sa version française et non pas dans l'original allemand, mais ce rôle déjà donne une idée de sa voix : longue, ample, pleine et puissante.

Le Chevalier à la rose

Le Chevalier à la rose

Dès 1951, Régine Crespin intègre la troupe de l'Opéra de Paris, lequel est alors regroupé avec l'Opéra-Comique et forme la Réunion des théâtres lyriques nationaux (R.T.L.N.) ; elle est Elsa au Palais-Garnier ; salle Favart, elle chante le rôle-titre de Tosca de Puccini. Mais les engagements commencent à se multiplier et elle ne reste que peu de temps dans cette structure, où elle reviendra toutefois régulièrement comme invitée. Au Conservatoire, elle avait travaillé cinq rôles qu'elle possédait intégralement : Marguerite (Faust de Gounod), Desdemona (Otello de Verdi), Tosca, Elsa et la Comtesse Almaviva (Les Noces de Figaro de Mozart). Elle ne tarde pas à enrichir son répertoire, avec la Maréchale (Le Chevalier à la rose de Richard Strauss) – qui restera son rôle préféré –, Sieglinde (La Walkyrie de Wagner), Rezia (Oberon de Weber). La culture germanique tiendra un rôle important dans la vie de Régine Crespin, mais elle reconnaît elle-même n'avoir jamais été une mozartienne accomplie, même si elle a affronté Fiordiligi (Così fan tutte), Donna Anna (Don Giovanni) et la Comtesse. Entre autres événements marquants, elle participe (Madame Lidoine, la Nouvelle Prieure) à la création en France – et en français – des Dialogues des carmélites de Francis Poulenc (Palais-Garnier, 21 juin 1957, sous la direction de Pierre Dervaux), quelques mois après la première mondiale – en italien – à la Scala de Milan, le 26 janvier 1957. L'une de ses grandes fiertés, c'est d'avoir aidé à remettre à l'honneur des ouvrages alors injustement négligés : la Pénélope de Gabriel Fauré et, surtout, Les Troyens d'Hector Berlioz qui, grâce à elle, retrouveront le chemin de l'Opéra de Paris en 1961 (rôle de Didon), et dont elle assurera, en 1966, la première aux États-Unis, à l'Opéra de San Francisco (Cassandre et Didon). Elle n'aura, à son actif, que peu de créations. Parmi celles-ci, Cinq Chants et une vocalise (Par le feu), pour soprano et orchestre, de Marius Constant (1968), et l'opéra d'Henri Tomasi Sampiero Corso, au Mai musical de Bordeaux (1956).

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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Le Chevalier à la rose

Le Chevalier à la rose

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