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RÉFLEXES

Évolution de l'activité réflexe

Chez le nouveau-né et le nourrisson humain à certaines étapes de son développement moteur, il est possible de mettre facilement en évidence des activités réflexes très variées ; nombre d'entre elles disparaissent à des âges plus avancés, au fur et à mesure que s'installe le contrôle des centres supérieurs ; ainsi pour le phénomène de grasping : une stimulation légère de la paume de la main provoque une contraction réflexe des muscles fléchisseurs des doigts. Cette contraction est renforcée et prolongée considérablement si, secondairement, à la stimulation cutanée déclenchante on ajoute une traction sur les doigts mettant en jeu les récepteurs à l'étirement de leurs muscles.

Dans le réflexe dit de Moro, une stimulation vestibulaire (déplacement brutal de la position du corps) ou une stimulation cutanée suffisamment forte de certaines aires tégumentaires entraînent une extension réflexe brusque des deux membres antérieurs.

Un peu plus tard (vers le septième mois de la vie), on met en évidence chez l'enfant la poussée réflexe des extenseurs en exerçant un appui léger sur la plante des pieds.

Les expériences de Pavlov ont en outre démontré, chez l'animal, que les centres nerveux supérieurs étaient doués d'une remarquable plasticité fonctionnelle. Elle s'exprime par la possibilité de modifier les conditions du déclenchement de certains réflexes par la création de liaisons temporaires entre des centres aux effets préalablement nuls ou inadaptés et les centres de l'équipement réflexe inné (réflexes « inconditionnels ») ; cela grâce à une forme d'apprentissage nommée «  conditionnement ».

L'adaptabilité des comportements reposerait ainsi, au moins pour une part, sur la possibilité d'acquérir de nouveaux réflexes que Pavlov a appelés « conditionnels ».

— Paul LAGET

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Écrit par

  • : professeur de psychophysiologie à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

Classification

Pour citer cet article

Paul LAGET. RÉFLEXES [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Média

Réflexe myotatique - crédits : Encyclopædia Universalis France

Réflexe myotatique

Autres références

  • BEHAVIORISME

    • Écrit par Jean-François LE NY
    • 4 682 mots
    • 2 médias
    ...suscite » (en anglo-américain evokes) la réponse. Cette façon de conceptualiser le comportement, qui est étroitement apparentée à l'idée de «  réflexe », bien que ce terme ne soit pas employé de façon extensive par les behavioristes, conduit à ce que l'on désigne souvent par l'expression de «...
  • CERVELET

    • Écrit par Jean MASSION
    • 7 767 mots
    • 13 médias
    ...cervelet est son intervention dans les processus d'adaptation et d'apprentissage moteur. L'adaptation caractérise le changement progressif d'un réflexe ou d'une performance motrice lorsque les conditions dans lesquelles s'exécute l'acte moteur sont modifiées. Le changement une fois achevé est stable...
  • DÉGLUTITION

    • Écrit par Didier LAVERGNE
    • 177 mots

    Réflexe permettant au contenu buccal de passer dans l'œsophage. Les fibres afférentes proviennent des rameaux sensitifs du nerf pneumogastrique et du nerf trijumeau ; elles excitent des centres nerveux bulbaires. Ceux-ci commandent la musculature pharyngée par l'intermédiaire du nerf glossopharyngien...

  • ENFANCE (Les connaissances) - Développement psychomoteur

    • Écrit par Didier-Jacques DUCHÉ
    • 6 703 mots
    • 1 média
    ...nourrisson devient symétrique, et la prédominance de la flexion s'atténue en même temps que diminue l'hypertonie. À cet âge, on met en évidence divers automatismes moteurs groupés sous le nom de réflexes archaïques, qui vont en s'effaçant au fur et à mesure que l'enfant grandit et que ses activités motrices...
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Voir aussi