PORDENONE GIOVANNI ANTONIO DE' SACCHIS dit (1484 env.-1539)

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Le début de la carrière de Pordenone est tout provincial. Ses premières œuvres sont à Susegana (Vierge à l'Enfant avec quatre saints, 1516), à Pordenone (son village natal dont il prit le nom), à Udine ; il est à Trévise en 1521 (Adoration des Mages), à Crémone en 1522 (Calvaire, Déposition de Croix), de nouveau à Pordenone en 1525 (Saint Érasme et saint Roch) ; de 1429 à 1431, il décore à Plaisance la chapelle Sainte-Catherine de l'église de la Madona di Campagna (Martyre et Décapitation de la sainte, Dispute avec les docteurs, la plus belle composition de l'ensemble, Mariage mystique de sainte Catherine, sur l'autel où le peintre s'est représenté lui-même avec sa femme). Pordenone passe ensuite plusieurs années à Venise. Il était déjà familiarisé avec le clair-obscur de Giorgione, l'équilibre tonal de Titien, et son séjour sur la lagune lui apporte un stimulant nouveau en ce sens. Mais la formation, les habitudes déjà acquises, les tendances personnelles désormais affirmées l'empêcheront d'assimiler pleinement les grands exemples qu'il a sous les yeux et d'atteindre la radieuse cohérence de ses modèles. La Pala de san Lorenzo Giustiniani (1532, Académie, Venise) montre bien les limites en même temps que les ambitions de Pordenone : le saint est placé, comme les Madone de Bellini, devant une niche dont la conque s'orne de deux paons en mosaïque ; mais la perspective est oblique, décentrée, les personnages s'inclinent en tous sens, les visages se lèvent ou se détournent sans raison, sous une lumière trop crue. L'œuvre de Pordenone reste ainsi très dépendante des maîtres vénitiens du début du siècle, mais la recherche du mouvement, poussée parfois jusqu'à l'artifice, dans les compositions, les drapés, les attitudes annonce en un sens Tintoret et constitue une adhésion inconsciente au manièrisme.

—  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

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TINTORET (1519-1594)

  • Écrit par 
  • Anna PALLUCCHINI
  •  • 3 176 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Un peintre maniériste »  : […] Le caractère essentiellement vénitien du peintre (« le séquestré de Venise », comme l'appela Sartre) n'empêche cependant pas Tintoret de suivre les développements de la peinture italienne : celle-ci, à partir des centres de Florence et de Rome, exporte la nouvelle culture maniériste, aux manifestations multiformes, mais qui est marquée par une prob […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tintoret/#i_43124

Pour citer l’article

Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE, « PORDENONE GIOVANNI ANTONIO DE' SACCHIS dit (1484 env.-1539) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pordenone/