PONTORMO JACOPO CARUCCI dit (1495-1557)

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La Déposition de Croix, J. Pontormo

La Déposition de Croix, J. Pontormo
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L'Annonciation, J. Pontormo

L'Annonciation, J. Pontormo
Crédits : G. Nimatallah/ De Agostini

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La redécouverte de Pontormo a montré que l'histoire de l'art, plus que tout autre discipline, dépend des conditions historiques dans lesquelles elle s'élabore et de l'évolution du goût. Dès Vasari, en effet, Pontormo est incompris : sa farouche volonté de solitude, son désintéressement sont considérés comme folie. Ridiculisant le grand œuvre de Pontormo, aujourd'hui disparu (les fresques de San Lorenzo), le biographe se demande quand le talent du peintre « commença[-t-il] à décroître ». Il a fallu l'émerveillement d'un chercheur américain, Clapp, au début du xxe siècle, devant la Déposition de Santa Felicità à Florence (ce tableau que Jacob Burckhardt dans son Cicerone donnait comme exemple d'œuvres « maniérées par l'abus non justifié des belles formes ou soi-disant telles ») pour que l'on s'aperçût que Jacopo Carrucci n'était ni un « décadent » ni un marginal excentrique ; ou encore, pour que le statut de sa « marginalité » changeât à mesure que l'histoire de l'art, plus historicisante, prenait ses distances vis-à-vis de la norme du style dénoté par Wölfflin comme classique. Mais très vite cette gloire tardive fut elle-même étouffée par le label d'une « école » dont on fait de Pontormo l'initiateur : malgré les ouvrages de Clapp, il devint très vite dans les manuels le premier des maniéristes, cette catégorie si commode aux historiens d'art en ce qu'elle leur offrait un fourre-tout, et ce rôle qu'on lui attribua n'a conduit qu'à l'ignorance de sa spécificité.

La Déposition de Croix, J. Pontormo

La Déposition de Croix, J. Pontormo

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Jacopo Pontormo, La Déposition de Croix, 1526-1528. Huile sur bois, 313 cm × 192 cm. Santa Felicità, Florence, Italie. 

Crédits : Bridgeman Images

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Ses débuts sont fulgurants : né en 1495, l'instable et précoce Jacopo passe, avant l'âge de vingt ans, par les ateliers de Léonard de Vinci, de Piero di Cosimo, d'Albertinelli et d'Andrea del Sarto, avec qui il ne reste pas longtemps, dit Vasari, le maître prenant ombrage des succès de son élève. Bien qu'il soit très actif durant ces années d'apprentissage (il participe aux nombreuses décorations festives dues à la présence du pape Léon X à Florence), Pontormo ne co [...]


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Pour citer l’article

Yve-Alain BOIS, « PONTORMO JACOPO CARUCCI dit (1495-1557) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pontormo/