COCHEREAU PIERRE (1924-1984)

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Pendant près de trente ans, Pierre Cochereau a tenu le grand cinq claviers de Notre-Dame de Paris. Organiste et compositeur, il a été formé au Conservatoire national supérieur de musique de Paris à partir de 1944, après qu'il eut travaillé le piano avec Marius-François Gaillard et Marguerite Long (1933-1936), ainsi que l'orgue avec Marie-Louise Girod (en 1938) et Paul Delafosse (en 1941). Il a dix-huit ans lorsqu'on lui confie la tribune du grand orgue de l'église Saint-Roch, à Paris, où il reste jusqu'en 1954, tandis qu'il continue de perfectionner sa technique auprès de maîtres tels que André Fleury et Maurice Duruflé. Au conservatoire de la rue de Madrid, il reçoit une solide formation traditionnelle en harmonie (avec Henri Challan et Maurice Duruflé), en fugue (chez Noël Gallon), en composition (auprès de Tony Aubin), en histoire de la musique (chez Norbert Dufourcq) et, bien sûr, en classe d'orgue auprès de Marcel Dupré. Il récolte ses prix entre 1946 et 1950, dont des premières récompenses en harmonie, histoire de la musique, composition et orgue. Il faut ajouter à cela l'influence et les conseils du vieux maître Henri Busser, organiste, compositeur et chef d'orchestre dont la longévité (1872-1973) lui permit d'assurer la transmission, en plein cœur du xxe siècle, d'un enseignement et d'un style encore très marqués par l'apport de César Franck, de Charles-Marie Widor et de Charles Gounod, dont il avait été l'élève. C'est sans nul doute à la solidité de cette tradition « classique » que l'on doit rattacher l'art de Cochereau.

En 1950, Pierre Cochereau prend la direction du conservatoire de musique du Mans, et il suit avec intérêt l'évolution du goût en matière de facture d'orgue, notamment auprès de Pierre Chéron, dont les ateliers sont implantés dans cette ville. Il restera à ce poste de directeur jusqu'en 1956. En effet, en 1955, le titulaire de l'orgue de Notre-Dame de Paris, Léonce de Saint-Martin (1886-1955), décède ; il avait succédé à Louis Vierne (1870-1937), l'un des grands noms de l'orgue romantico-symphonique, aux côtés de Widor et de Dupré. Aussi est-ce tout naturellement que Cochereau inscrit ses improvisations dans ce courant stylistique de la pensée organistique symphonique. Il érige de grandes fresques puissantes, parfaitement adaptées à l'immense vaisseau dans lequel elles doivent résonner ; le talent d'improvisateur virtuose, associé à celui d'interprète, lui a valu une renommée internationale illustrée par de très fréquentes séries de récitals, notamment aux États-Unis et un peu partout dans le monde.

En 1960, Cochereau est nommé directeur du Conservatoire de Nice. Il demeure à ce poste jusqu'en 1979, date à laquelle il devient d'abord directeur, puis, à partir de 1980, président du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon.

De la littérature musicale qu'il a composée, on peut retenir deux concertos pour orgue et orchestre, et quelques autres pièces pour orgue seul, une symphonie, ainsi que de la musique de chambre et des pages pour piano. Depuis 1966, il était membre du Conseil supérieur de la musique.

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Écrit par :

  • : psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, musicologue, président de l'Association française de défense de l'orgue ancien

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Pour citer l’article

Pierre-Paul LACAS, « COCHEREAU PIERRE - (1924-1984) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-cochereau/