LORENZO MONACO PIERO DI GIOVANNI dit (1370-apr. 1425)

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Entré à vingt ans chez les Camaldules du couvent de Sainte-Marie-des-Anges, à Florence, Lorenzo Monaco épanouit son talent dans l'atelier d'enluminure qui fleurissait au monastère depuis le début du siècle. Mais le célèbre scriptorium n'était nullement fermé aux courants extérieurs : Lorenzo Monaco travaille sans doute avec Agnolo Gaddi, et ses premières enluminures (datées de 1394 et 1395) comme ses premières Madone (Rijksmuseum, Amsterdam ; Fitzwilliam Museum, Cambridge ; pinacothèque de Bologne) montrent qu'il n'ignore pas l'art de ses contemporains florentins : Spinello Aretino, Nicolo di Pietro Gerini. Elles révèlent surtout, dans la ferme définition et l'ampleur des formes, l'ascendant de leur prédécesseur, Andrea Orcagna. Mais la délicatesse et le sens narratif qu'il a retenu d'Agnolo Gaddi, la sensibilité aux rythmes linéaires des Siennois et au lyrisme des couleurs qu'il découvre par l'enluminure créent dans ses compositions un climat de grâce naïve ou de féerie mystique d'un accent très personnel et lui permettent d'assimiler, plus intensément qu'aucun des artistes toscans de son époque, les raffinements du gothique international. On peut suivre le développement de son œuvre en ce sens depuis le triptyque de la collégiale d'Empoli (1404), et les petits panneaux de l'Agonie au jardin des Oliviers ou des Saintes Femmes au tombeau (1408, musée du Louvre), puis dans le grandiose Couronnement de la Vierge (1413, musée des Offices, Florence) jusqu'aux Crucifixion peintes entre 1415 et 1418 (Florence, San Giovanni dei Cavalieri notamment). Durant cette période, l'allongement et la flexion des silhouettes s'accentuent, la lumière se fait contrastée, parfois irréelle. Les miniatures révèlent la même évolution qui aboutit, vers 1420, aux enluminures exécutées pour Santa Maria Nuova, où s'exprime la pleine maîtrise du peintre. C'est alors qu'il peint le grand retable de l'Annonciation et les fresques de la chapelle Bartolini à Santa Trinità de Florence : on y perçoit, avec l'expression d'une haute sensibilité poétique et mystique, un sens nouveau de la construction spatiale qui permet de supposer un contact avec Masaccio. Enfin dans l'Adoration des mages, exécutée sans doute pour Saint'Egidio de Florence, la sérénité et le recueillement de la Vierge et des rois, l'inquiétude, la stupeur du cortège massé derrière eux dans un paysage fantastique traduisent la subtilité du peintre, la spiritualité du religieux, qui sera le maître de Fra Angelico.

—  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

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Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE, « LORENZO MONACO PIERO DI GIOVANNI dit (1370-apr. 1425) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/piero-di-giovanni-lorenzo-monaco/