Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

PIÉMONT

Du rococo au XXe siècle

Le passage au xviiie siècle est marqué en architecture par l'activité à Turin de Garove, de Bertola et de Plantery ; mais le rôle déterminant fut joué par Filippo Juvara (1676-1736), originaire de Messine, qui s'installa à Turin en 1714, après avoir étudié à Rome (1704-1710) ; plusieurs de ses dessins sont conservés à la Bibliothèque nationale et au musée municipal de Turin.

Pavillon de chasse et du parc, Stupinigi, près de Turin, Italie

Pavillon de chasse et du parc, Stupinigi, près de Turin, Italie

La basilique de Superga, l'église Santa Cristina (1718), à Turin, la Venaria reale (pavillon de chasse), le château de Rivoli sont autant d'étapes dans l'élaboration d'une œuvre qui se distingue par son habileté et son interprétation toute personnelle du xviie siècle romain. En 1729, le projet de Stupinigi, château des environs de Turin, marque l'épanouissement d'un style qui animera avec une rare vitalité le rococo européen. Pour Juvarra travaillèrent des peintres français (Van Loo), vénitiens (Crosato et Ricci), napolitains (Solimena et Giaquinto), romains (Trevisani) et piémontais (Beaumont).

L'évolution qui se manifeste après Juvarra se révèle particulièrement fertile pour l'œuvre de Bernardo Antonio Vittone et de Benedetto Alfieri. Éditeur des œuvres théoriques de Guarini, Vittone se détache de Juvarra et s'impose avec ses idées de coupoles aérées et bizarres (sanctuaire de Vallinotto près de Carignano, 1738 ; à Corteranzo et à Foglizzo) ; Alfieri apparaît comme un urbaniste de grande classe (Carignano et Turin). Après Juvarra, la scénographie est surtout le fait des Galliari.

Les architectes Magnocavallo, Nicolis di Robilant, Gallo (cathédrale de Mondovi et divers édifices dans la province de Cuneo), Michela et Rana (région du Canavese) donnent au Piémont du xviiie siècle sa physionomie spécifique.

Durant le xviiie siècle, la cour est le lieu d'activités artistiques multiples : pour les meubles, les ébénistes Piffetti (1740) et Bonzanigo (1770), pour l'orfèvrerie Boucheron (1790) ; la sculpture se caractérise par un goût rhétorique et populaire, avec Plura et Bernero, et une manière plus classique, avec Collino ; il faut signaler aussi l'activité de l'atelier de céramiques de Vinovo (œuvres conservées au musée municipal de Turin).

La peinture offre une orientation populaire avec les bambochades de Pietro Domenico Olivero et de G. M. Graneri, tandis que les paysagistes Cignaroli travaillent à Stupinigi et dans les villas. Le Palazzo reale accueille, sous le roi Charles-Albert, le sculpteur néo-classique Palagi, qui signera avec Melani les réalisations néo-gothiques du château de Racconigi (architectures des jardins et meubles).

L'art du xixe siècle au Piémont est illustré surtout par les réalisations de l'urbaniste Promis et par l'œuvre d'Alessandro Antonelli, auteur de la Mole Antonelliana à Turin (1867), par les sculpteurs véristes C. Marocchetti et V. Vela ; en peinture, après d'Azeglio, se distinguent le réaliste Pittara et, pour le paysage romantique, A. Fontanesi et Reycend (œuvres à la galerie d'Art moderne de Turin), artistes ouverts aux influences européennes.

La peinture contemporaine a été représentée par Casorati et le « groupe des six » avec Paulucci et Menzio ; et la peinture qui suit les voies de l'avant-garde européenne, comme on peut le voir en particulier aux expositions de la biennale de Venise (Pistoletto, Paolini, Merz, Pénone Boetti).

— Andreina GRISERI

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : professeur d'histoire de l'art, université de Turin
  • : professeur émérite
  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Italie : carte administrative

Italie : carte administrative

Palais royal de Turin

Palais royal de Turin

Vignoble piémontais, Italie

Vignoble piémontais, Italie

Autres références

  • AMÉDÉE V LE GRAND (1249-1323) comte de Savoie (1285-1323)

    • Écrit par Gérard RIPPE
    • 258 mots

    Second fils de Thomas II, Amédée doit, à la mort de son père (1259), laisser gouverner ses oncles. Arrivé au pouvoir en 1285, il cède ses domaines piémontais en apanage à son neveu Philippe d'Achaïe, fils de son frère aîné Thomas III, mort en 1282. En 1272, sa femme, Sibylle de Bage, lui avait apporté...

  • AMÉDÉE VI, dit LE COMTE VERT (1334-1383) comte de Savoie (1343-1383)

    • Écrit par Gérard RIPPE
    • 453 mots

    Fils du comte Aimon, Amédée VI succède à son père à l'âge de neuf ans. Pendant la régence, les Visconti menacent le Piémont, tandis que la France absorbe le Dauphiné. À partir de 1350, Amédée VI gouverne personnellement, et l'expansion reprend. À l'ouest, il renforce l'alliance avec...

  • AMÉDÉE VIII (1383-1451) comte (1391-1416) puis duc de Savoie (1416-1440)

    • Écrit par Gérard RIPPE
    • 432 mots

    Fils aîné d'Amédée VII, Amédée VIII comte de Savoie succède à son père en 1391. Durant sa minorité, le comté tombe sous la tutelle du duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, à la faveur des querelles de factions nobiliaires. À partir de 1400, la première tâche d'Amédée VIII est donc de se libérer progressivement...

  • AZEGLIO MASSIMO TAPARELLI marquis d' (1798-1866)

    • Écrit par Paul GUICHONNET
    • 925 mots

    L'un des grands artisans de l'indépendance nationale italienne. Originaire d'une famille d'ancienne aristocratie et de tradition catholique, d'Azeglio s'émancipe de son milieu par son indifférence religieuse et son absence de préjugés sociaux. Ses années de formation (1807-1840) sont occupées...

  • Afficher les 18 références

Voir aussi