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AMÉDÉE VI, dit LE COMTE VERT (1334-1383) comte de Savoie (1343-1383)

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Fils du comte Aimon, Amédée VI succède à son père à l'âge de neuf ans. Pendant la régence, les Visconti menacent le Piémont, tandis que la France absorbe le Dauphiné. À partir de 1350, Amédée VI gouverne personnellement, et l'expansion reprend. À l'ouest, il renforce l'alliance avec la France de Jean le Bon. Vainqueur des Dauphinois aux Abrets (1354), il règle la question des frontières au traité de Paris, l'année suivante : la Savoie recouvre le Faucigny, cédant en échange à la France les enclaves qu'elle possédait en Viennois. Pour éviter une hégémonie française, il resserre les liens avec l'Empire : s'étant reconnu vassal de Charles IV, il en obtient la dignité de vicaire impérial, perpétuel et héréditaire (1365), pour une grande partie de l'ancien royaume d'Arles. Il affirme ainsi ses droits à la suprématie sur les comtes du Genevois, et sur les évêques de Genève et de Lausanne. En 1359, l'achat du pays de Vaud à sa cousine Catherine a marqué la reprise d'une politique d'expansion vers le nord.

À l'est, le danger vient des Visconti : en 1350, il a épousé Bianca, sœur de Galéas II Visconti et, profitant d'une neutralité ainsi acquise, il occupe Turin et Pignerol et impose à son cousin Jacques de devenir son vassal ; quelques années plus tard le fils de Jacques, Philippe, sera condamné à mort pour rébellion. Autre succès du comte en Piémont : en 1382 Louis d'Anjou lui cède ce qui restait des domaines des Angevins de Naples au débouché des Alpes. Mais les Visconti et le roi de France l'empêchent de s'emparer du marquisat de Saluces. En outre, l'État de Savoie prend part aux grands événements politiques du monde méditerranéen : en 1366 et 1367 il combat en Orient, pour aider son cousin, le basileus Jean V Paléologue, contre les Turcs qu'il chasse de Gallipoli, puis contre les Bulgares. Rentré en Italie, il prend la tête, avec le pape, d'une ligue anti-viscontienne (1372), comptant s'étendre en Piémont, mais revient vite à un rôle d'arbitre entre les deux partis (renouant avec les traditions de prudence de la Savoie) et cherche à obtenir ainsi des gains territoriaux. Mais, s'il occupe Biella autrefois viscontienne, il ne peut empêcher les Visconti de s'imposer dans le Montferrat.

Son prestige en Italie sera considérable jusqu'à sa mort : Gênes et Venise le choisissent pour arbitre de leurs querelles. Il meurt en Campanie, au cours d'une vaine expédition contre Naples où il était parti aider Louis d'Anjou à chasser son rival Charles III de Duras.

— Gérard RIPPE

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Gérard RIPPE. AMÉDÉE VI, dit LE COMTE VERT (1334-1383) comte de Savoie (1343-1383) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • SAVOIE MAISON DE

    • Écrit par
    • 2 644 mots
    ...d'un solide pré-carré en moyenne Lotharingie. Cette politique est appuyée sur la reconnaissance explicite du pouvoir nominal de l'empereur d'Allemagne. Amédée VI est le « vicaire » perpétuel et héréditaire de celui-ci (1365), ce qui lui permet de recevoir l'hommage de tous les évêques depuis Grenoble jusqu'à...