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VILLIERS DE L'ISLE-ADAM PHILIPPE AUGUSTE (1838-1889)

Salué par l'enthousiasme des poètes du Parnasse contemporain, Villiers de L'Isle-Adam fut, d'emblée, écouté comme un oracle. « Vraiment l'arrivée fut extraordinaire », rappelait, au lendemain de sa mort, Mallarmé, ami incomparable, qui est resté, pendant un quart de siècle, son admirateur fervent. Pourtant, victime de la noblesse même de son inspiration, Villiers parvint rarement à se faire prendre au sérieux par les administrateurs de théâtre, qui cherchaient la pièce à succès, ou par les éditeurs, peu empressés à risquer leurs capitaux sur des œuvres destinées à une élite, ou par les directeurs des grands journaux, déconcertés par l'accent inhabituel des chroniques soumises à leur verdict. Aussi se succédèrent pour lui des années de bohème et de dénuement. Dans les cafés où il fréquentait, quelques amis cédaient à l'éblouissement de sa conversation ; mais ses propos, jetés au vent, semblaient perdus pour la postérité. On le dénonça comme un faux génie, qui n'avait pas répondu aux espoirs éveillés au temps de sa jeunesse. Mais des œuvres capitales demeurent, qui permettent, aujourd'hui, de mesurer sa vraie dimension.

Tourné vers le passé

Né à Saint-Brieuc, Philippe Auguste Mathias de Villiers de L'Isle-Adam se flatte de descendre d'une des plus anciennes familles françaises et se réfugie volontiers dans un rêve lyrique, où revit un passé glorieux : « Indifférent aux soucis politiques de ce siècle et de cette patrie, aux forfaits passagers de ceux qui les représentent [...] je porte en mon âme le reflet des richesses stériles d'un grand nombre de rois oubliés. » Dès l'adolescence, il compte sur la gloire littéraire pour redorer son blason. Mais ses Premières Poésies(1859), dédiées à Vigny, ne révèlent pas encore un talent original ; son roman « philosophique » Isis (1862), qui témoigne d'une haute ambition, ne livre pas un message très clair.

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • CONTES CRUELS, Philippe Auguste Villiers de L'Isle-Adam - Fiche de lecture

    • Écrit par Guy BELZANE
    • 933 mots

    Les Contes cruels regroupent vingt-huit récits brefs rédigés par Villiers de L'Isle-Adam (1838-1889) entre 1867 et 1883 – date de la publication du recueil chez Calmann-Lévy – et pour la plupart déjà parus en revues. Il s'agit probablement, avec L'Ève future (1884), du livre...

  • AUTOMATE

    • Écrit par Jean-Claude BEAUNE, André DOYON, Lucien LIAIGRE
    • 6 648 mots
    • 2 médias
    ...grands écrivains du xixe siècle, la peur de l'automate ou ses insuffisances en feront une charge contre la machine : Hoffmann avec Coppélia, Villiers de l'Isle-Adam avec son Ève future (son androïde femelle illustre un doute philosophique dans une œuvre de science-fiction). Au-delà des...
  • PARNASSE, mouvement littéraire

    • Écrit par Pierre FLOTTES
    • 2 526 mots
    Bien que certains traits du romantisme soient épars dans tout le Parnasse, ils sont particulièrement marqués chez Villiers de l'Isle-Adam (1838-1889), poète du rêve surtout connu comme romancier ; chez Catulle Mendès (1841-1909), brillant polygraphe, poète, romancier, dramaturge et critique, au...
  • PASSAGES, architecture

    • Écrit par Jean-François POIRIER
    • 7 088 mots
    ...d'Aurevilly les boude car il y voit la matérialisation d'une modernité haïe et un lieu anti-aristocratique par excellence, un temple du commerce et de l'argent. Villiers de l'Isle-Adam compare le passage de l'Opéra à la morgue de Paris sans parvenir à déceler la moindre différence : dans l'un et l'autre, c'est...
  • SYMBOLISME - Littérature

    • Écrit par Pierre CITTI
    • 11 859 mots
    • 4 médias
    ...(nov. 1884). Ce sont d'abord des noms : Corbière, Rimbaud et Mallarmé, auxquels Verlaine ajoutera, dans une édition ultérieure de son livre, Villiers de L'Isle-Adam et lui-même. Puis une situation : le titre de Verlaine, les réflexions de Des Esseintes sur Baudelaire, Gustave Moreau...

Voir aussi