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INTERNATIONALES ORGANISATIONS

Typologie

L'organisation internationale se définit comme « une association d'États établie par accord entre ses membres et dotée d'un appareil permanent d'organes assurant leur coopération dans la poursuite des intérêts communs qui les ont déterminés à s'associer » (M. Virally). Mais cette association s'effectue sous des formes très variées qu'une typologie doit souligner : le nombre plus ou moins grand d'États membres (organisations universelles et organisations régionales), l'étendue des compétences attribuées à l'organisation (organisations à compétences générales et organisations à compétences spécialisées), les modalités de fonctionnement et la nature des pouvoirs de l'organisation (organisations de coopération et organisations d'intégration).

Organisations universelles et organisations régionales

Les organisations universelles ou mondiales ont vocation à regrouper l'ensemble des États de la planète, sans considération de leur puissance ou de leur système politico-économique. L'adhésion de tout État qui le désire est quasiment un droit. Telle est la pratique actuelle de l'O.N.U. et des institutions spécialisées, qui a parfois été perturbée, en ce qui concerne l'O.N.U., par le droit de veto reconnu par la charte aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France). Ne demeurent aujourd'hui en dehors de l'O.N.U. que le Saint-Siège, la Suisse (absence volontaire due à sa conception de la neutralité), Taïwan (qui a été remplacé par la Chine populaire).

Toutes les autres organisations se rangent dans la catégorie très hétérogène des organisations régionales ou sous-régionales. L'expression de « région », si elle traduit l'idée d'une affinité particulière entre des États voisins, n'a de signification précise ni du point de vue géographique ni du point de vue juridique. Ses contours sont flous et varient en fonction de la seule volonté des États fondateurs de l'organisation. Tantôt la « région » coïncidera pratiquement avec un continent (sans jamais pour autant s'identifier complètement à lui : l'O.U.A. ne comprend pas l'Afrique du Sud et l'O.E.A. a expulsé Cuba en 1962 du fait de son alignement sur l'Union soviétique), tantôt, et le plus souvent, elle correspondra à une partie plus ou moins vaste d'un continent (en Amérique, où l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud ont leur propre système d'organisations ; en Afrique, où coexistent organisations de l'Afrique occidentale, de l'Afrique orientale et de l'Afrique centrale ; en Europe, surtout, où le régionalisme est à « géométrie variable » : Conseil de l'Europe, Communauté européenne, Conseil nordique, Benelux, etc.), tantôt enfin elle pourra même s'affranchir du cadre continental (cas de l'O.T.A.N. qui a pour mission de protéger la « région de l'Atlantique nord », ce qui englobe les États-Unis, le Canada et l'Europe occidentale, contre les risques d'agression).

Toute référence géographique disparaît même dans le cas de certaines organisations économiques qui, européennes à l'origine, se sont ouvertes à des États d'autres continents (l' O.C.D.E. qui, à côté d'une majorité d'États européens, accueille les États-Unis, le Canada, le Japon, la Nouvelle-Zélande et l'Australie ; le Comecon, organisation des États socialistes, qui admit Cuba, la Mongolie et le Vietnam). Au concept d'organisation régionale se substitue alors celui d'organisation « partielle ».

Les conditions d'adhésion seront évidemment différentes de celles des organisations universelles. La condition première sera de faire partie de la région concernée, mais une condition politique jouera[...]

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Écrit par

  • : professeur de droit public à l'uni-versité de Nancy-II.

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

La Société des Nations - crédits : Hulton Archive/ Getty Images

La Société des Nations

1914 à 1939. De Sarajevo à Dantzig - crédits : Encyclopædia Universalis France

1914 à 1939. De Sarajevo à Dantzig

Société des Nations - crédits : The Image Bank

Société des Nations

Autres références

  • ACTION ET DROIT HUMANITAIRES - (repères chronologiques)

    • Écrit par Jean-Pierre CABOUAT
    • 677 mots

    Février-octobre 1863 À l'initiative d'Henry Dunant, création à Genève du Comité international et des Sociétés nationales de secours aux militaires blessés.

    22 août 1864 Signature de la convention de Genève pour l'amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne....

  • ACTION HUMANITAIRE INTERNATIONALE

    • Écrit par Universalis, Pierre GARRIGUE
    • 7 298 mots
    • 1 média
    ...neutralité, respect des souverainetés nationales, universalité – et à l'architecture complexe, à l'image de la société internationale elle-même : un Comité international (C.I.C.R.) de droit privé suisse, des sociétés nationales (quelque 150 aujourd'hui, fortes de plus de 250 millions d'adhérents) indépendantes,...
  • AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique)

    • Écrit par Universalis
    • 169 mots

    Créée en juillet 1957 et localisée à Vienne, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA, ou IAEA pour International Atomic Energy Agency) s'est fixé deux objectifs majeurs : promouvoir l'énergie nucléaire et s'assurer de la vocation pacifique des transactions et activités nucléaires. Chaque...

  • ALIMENTATION (Économie et politique alimentaires) - Malnutrition dans le monde

    • Écrit par Laurence ROUDART
    • 7 611 mots
    • 9 médias
    La reconnaissance internationale officielle du problème de la faim remonte aux années 1930 et a été suivie par la création de la FAO (décidée en 1943). L'un des buts de cette organisation est en effet de « libérer l'humanité de la faim ». Depuis lors, plusieurs déclarations internationales faisant référence...
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Voir aussi