OPPOSÉS

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Depuis les formes les plus archaïques de la pensée, jusqu'en ses schèmes les plus abstraits, se retrouvent des oppositions (chaud-froid, bas-haut, civilisé-barbare, homme-femme, plein-vide, homogène-hétérogène, etc.). Une même intuition philosophique semble partagée en de nombreuses civilisations : l'être humain ne connaît la réalité qu'à travers des aspects opposés. Mais où situer l'être des oppositions ? Dans les choses, ou dans le langage ? Reflètent-elles l'organisation du monde ou celle de notre pensée ? Signifient-elles notre impuissance radicale à atteindre en soi une vérité, ou nous invitent-elles secrètement, derrière leurs déroutants conflits, à pénétrer l'énigme de l'être ? La question des opposés est une des plus denses philosophiquement et se trouve posée dès les formulations les plus « archaïques » de la pensée grecque.

En Occident, il revient probablement aux pythagoriciens d'avoir les premiers tenté philosophiquement la constitution d'une table des opposés — table à deux colonnes, définies à partir du couple limité-illimité repris d'Anaximandre. Le pythagorisme semble d'ailleurs s'être surtout intéressé à faire jouer entre ces oppositions des correspondances analogiques et symboliques, comprises comme liens entre les différentes régions de la nature : monade-dyade (opposition archétype), impaire-paire (opposition arithmétique), point-figure (opposition géométrique), grain-intervalle (opposition physique), masculin-féminin (opposition symbolique), etc. Si toute la pensée grecque travaille de telles oppositions, Aristote est le premier à les étudier dans leur réalité formelle. Il distingue quatre types d'oppositions : les relatifs (par exemple, double-moitié), la privation (cécité-vue), la contrariété (bien-mal), la contradiction (repos-mus). Les analyses d'Aristote visent ainsi une élucidation des questions philosophiques antérieures formulées en termes d'opposés, notamment la question du même et [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  OPPOSÉS  » est également traité dans :

HERMAPHRODITE

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 1 152 mots

L'enjeu philosophique du symbolisme de l'hermaphrodite est tout entier présent dans un aphorisme de l'alchimiste Heinrich C. Khunrath : « De l'Un grossier et impur naît un Un extrêmement pur et subtil. » L'hermaphrodite symbolise le processus de métamorphose de la conscience qui sous-tend cette naissance de l'Un véritable. Mythologiquement, l'hermaphrodite est l'enfant d'Hermès et d'Aphrodite. Il […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hermaphrodite/#i_97122

JUNG CARL GUSTAV (1875-1961)

  • Écrit par 
  • Étienne PERROT
  •  • 5 208 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Jung et l'alchimie »  : […] Jung a dû attendre quinze ans pour parler de l'individuation : il voulait pouvoir relier un processus aussi déroutant à des antécédents historiques, à des récits présentant des dépassements de l'ego sans les limitations et les projections de la pensée théiste. Le premier chaînon lui fut fourni en 1928 par un traité d'alchimie taoïste, Le Mystère de la fleur d'or , qui décrit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/carl-gustav-jung/#i_97122

MASCULIN-FÉMININ, symbolisme

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 1 501 mots

Dans l'univers mental humain, toutes les oppositions semblent s'ordonner en fonction du couple masculin-féminin. Celui-ci recouvre aussi bien des oppositions symboliques — telles que lumière-ténèbres, ciel-terre, droite-gauche, etc. — que des oppositions conceptuelles, telles que temps-espace, forme-matière, pair-impair, etc. L'opposition masculin-féminin semble ainsi sous-tendre l'ensemble des re […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/masculin-feminin-symbolisme/#i_97122

Pour citer l’article

Alain DELAUNAY, « OPPOSÉS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/opposes/