CHOMSKY NOAM (1928- )

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La « grammaire universelle » et les langues

Ce modèle a profondément renouvelé et approfondi les analyses de syntaxe comparée : un nombre impressionnant de langues et de dialectes jusqu'alors pas ou peu décrits alimentent le travail descriptif des linguistes et a permis des généralisations insoupçonnées. On a montré que les différences entre langues ne se distribuent pas aléatoirement, mais sont le reflet, dans des domaines en apparence sans liens entre eux, de l'interaction de principes universels et de choix minimalement différents pour la valeur d'un paramètre de la grammaire universelle. Ainsi le français, contrairement aux autres langues romanes, n'a pas (ou plutôt n'a plus) de phrases déclaratives sans sujet, ni d'inversion libre (cf. * parles, * parle Marie). Il ne permet pas l'interrogation du sujet d'une subordonnée à temps fini (* Qui crois-tu que viendra ?) ni à des verbes comme vouloir, devoir ou savoir de fonctionner comme auxiliaire (cf. * je le veux faire, * ceci se doit écouter). Ces constructions sont permises en italien, en provençal ou en ancien français. Or ces différences se déduisent des propriétés de la grammaire universelle et du fait que la flexion finie du français moderne ne peut avoir de valeur pronominale. Des résultats analogues sont déjà acquis en syntaxe comparée des langues scandinaves et germaniques et dans bien d'autres familles de langues. Il s'élabore ainsi et en même temps une riche théorie des universaux du langage et de la diversité des langues.


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Écrit par :

  • : professeur des Universités, université de Picardie-Jules-Verne, Amiens

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Pour citer l’article

Jean-Yves POLLOCK, « CHOMSKY NOAM (1928- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/noam-chomsky/