HILLIARD NICHOLAS (1547-1619)

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Premier grand peintre anglais de la Renaissance, Nicholas Hilliard porta, durant la période élisabéthaine, l'art de la miniature à son plus haut degré d'épanouissement. Ses petites effigies lyriques jouèrent en outre un rôle important dans la conception du portrait telle qu'elle fut élaborée outre-Manche, de la fin du xvie au début du xviie siècle.

Les plus anciennes miniatures connues de Hilliard, né à Exeter, dans le Devon, en 1547, remontent à 1560. Devenu peintre miniaturiste attitré de la reine Élisabeth Ire vers 1570, il fit d'elle, ainsi que des membres les plus éminents de la cour, de nombreux portraits. Au terme d'un bref séjour en France, où il fut au service du duc d'Alençon, il regagna l'Angleterre en 1578, car sa femme attendait un enfant.

Parallèlement à la miniature, Hilliard s'adonna toute sa vie à la fabrication de bijoux et de pièces d'orfèvrerie ; il réalisa ainsi, en 1584, le second grand sceau de la reine Élisabeth. Après l'accession au trône de Jacques Ier, en 1603, sa charge de miniaturiste attaché à la couronne fut reconduite, mais l'atmosphère de la nouvelle cour lui parut, semble-t-il, moins propice à l'exercice de son art.

Son Traité sur l'art de la miniature (The Art of Limning, vers 1600) décrit sa méthode de travail et révèle divers aspects de son caractère à la fois attachant et versatile. Sans cesse en butte à des difficultés financières, il fut brièvement emprisonné pour dettes en 1617 – avant de mourir à Londres, deux ans plus tard. Dans son livre, il précise également que son art doit beaucoup à celui de Hans Holbein le Jeune (1497-1543), portraitiste allemand ayant travaillé en Angleterre de 1526 à 1528, puis de 1532 à sa mort. Cette influence explique sans doute la prédilection que manifeste Hilliard pour les éclairages doux et homogènes et les tracés précis, dont le Jeune Homme parmi les roses (Young Man Among Roses, 1585-1595), conservé au Victoria and Albert Museum de Londres, offre le meilleur exemple.

Son fils Laurence (env. 1582-1640) pratiqua lui aussi la miniature ; mais le plus remarquable des élèves de Nicholas Hilliard demeure Isaac Oliver (1556 ?-1617). En 1947, une exposition réunit d'ailleurs les deux artistes, célébrant le quadricentenaire de la naissance de l'aîné, au Victoria and Albert Museum de Londres.

—  Universalis

Bibliographie

E. Auerbach, Nicholas Hilliard, Routledge & Kegan, Londres, 1961

R. Costa de Beauregard, Nicholas Hilliard et l'imaginaire élisabéthain 1547-1619, éd. du C.N.R.S., Paris, 1991

N. Hilliard, Nicholas Hilliard's Art of Limning : a New Edition, transcription par A. F. Kinney, commentaire et appareil critique par L. Bradley Salamon, Préface de sir J. Pope-Hennessy, Northeastern University Press, Boston, 1983

Nicholas Hilliard and Isaac Oliver, catal. expos. Victoria and Albert Museum, texte de G. Reynolds, H. M.'s Stationery Office, Londres, 1971 (éd. or. 1947).

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Pour citer l’article

« HILLIARD NICHOLAS - (1547-1619) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nicholas-hilliard/