WOOD NATALIE (1938-1981)

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Les acteurs de Hollywood, dans les années 1940, prétendaient avec ironie qu'il fallait s'abstenir de jouer avec « un chien ou un enfant » ! Orson Welles en fit l'expérience dans un film intitulé Demain viendra toujours d'Irving Pichel (1946), car sa petite partenaire avait selon lui « un talent terrifiant ». La très jeune Natalie Wood ne resta pas sur ce coup d'essai et fit preuve de son charme autoritaire dans Le Miracle de la 34e rue, archétype du « film de Noël ». Elle fut également la petite fille de Gene Tierney dans L'Aventure de Mme Muir de Mankiewicz (1947).

Alors qu'elle entre dans la pré-adolescence, elle est une des multiples enfants élevées par Jane Wyman dans La Femme au voile bleu de C. Bernhardt (1951). Par la suite, elle a la chance de rencontrer Nicholas Ray qui la choisit pour jouer dans La Fureur de vivre (1955). Au côté de James Dean, elle exprime, avec une certaine fébrilité et une grande intensité, le bouleversement social des années 1950.

Bien qu'elle ait été moins impliquée personnellement que son partenaire dans ce film, Natalie Wood ne sort pas tout à fait indemne de l'aventure : aussi souhaite-t-elle échapper à l'étiquette de « jeune adolescente en rébellion contre la société ». Mais, comme elle est sous contrat avec la Warner Bros, le studio désire la voir développer cette image de marque. Elle tourne alors quelques films qui ne lui permettent pas de s'imposer définitivement, à l'exception d'un rôle intéressant dans La Prisonnière du désert de John Ford. Puis le studio achète les droits d'un roman à succès, Marjorie Morningstar : ce sera au cinéma La Fureur d'aimer d'Irving Rapper, avec Natalie Wood dans le rôle principal. Mais les scénaristes accentuent encore dans son personnage la dimension de « rupture avec l'ordre établi », alors que le livre posait, à travers le portrait de l'héroïne, le problème de l'identité juive. C'est ensuite l'aventure de West Side Story de Robert Wise et Jerome Robbins (1961). Bien que doublée pour la partie chantée, Natalie Wood remporte un triomphe dans le monde entier. Puis Elia Kazan lui donne également l'occasion d'affirmer sa sensualité dans La Fièvre dans le sang (1961) au côté de Warren Beatty. Elle traduit admirablement les difficultés de son personnage de femme-enfant vulnérable, qu'elle a d'ailleurs du mal à assumer dans sa vie privée, très instable. Au seuil des années 1960, les studios ne fabriquaient plus guère de « films sur mesure » pour leurs stars en devenir, mais quelques réalisateurs indépendants ou venus de la télévision, tel Robert Mulligan, l'utilisent avec justesse dans Une certaine rencontre (1964) et surtout Daisy Clover (1966), un film sur les aléas du statut de star à Hollywood, resté longtemps inédit en France.

West Side Story, de Jerome Robbins et Robert Wise, 1961, affiche

Photographie : West Side Story, de Jerome Robbins et Robert Wise, 1961, affiche

C'est le titre même du film, adapté d'un spectacle de Broadway, qui est la vedette de l'affiche. Répété à deux échelles différentes, il est ingénieusement traité comme un immeuble new-yorkais traditionnel à toit plat, dont émergent les fameux escaliers de secours en cas d'incendie,... 

Crédits : Mirisch Corporation / Seven Arts Productions/ AKG Images

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Dans chacun de ces films, Natalie Wood reflète une certaine évolution de la société américaine. Conclusion logique, elle joue le rôle d'une jeune femme affranchie dans Bob, Carol, Ted et Alice de Paul Mazursky, en 1969. La suite de sa carrière est très inégale. C'est la télévision qui lui permet de faire un intéressant come-back dans La Chatte sur un toit brûlant, qu'elle pare d'une touche plus subtile que ne le supposait le personnage névrosé de la pièce, et dans Tant qu'il y aura des hommes, où elle reprend le rôle de Deborah Kerr.

Natalie Wood n'aura pas réussi à devenir une véritable star ni un mythe. Les cinéphiles retiendront néanmoins qu'elle aura tourné avec Sidney Pollack (Propriété interdite, 1966), Elia Kazan, Nicholas Ray et John Ford. Pour un public plus essentiellement anglo-saxon, elle aura réfléchi, à travers ses films, l'image de la femme américaine qui a su passer de la petite enfance à un superbe épanouissement.

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WEST SIDE STORY, film de Jerome Robbins et Robert Wise

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  • Michel CHION
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Dans le chapitre « Une chorégraphie enflammée »  : […] Manhattan, montré en vues aériennes d'une manière sublime dans l'ouverture conçue par le graphiste Saul Bass, est une des vedettes de ce film, qui utilise admirablement les immeubles, les terrains de jeu à grillages, et les « escaliers de secours » anti-incendies. Après ce début, on ne sort jamais du quartier populaire, filmé sur place, ou reconstitué en studio. Les dialogues et les « lyrics » (pa […] Lire la suite

Pour citer l’article

André-Charles COHEN, « WOOD NATALIE - (1938-1981) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/natalie-wood/