BEATTY WARREN (1937- )

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Né le 30 mars 1937 à Richmond en Virginie (États-Unis), cet acteur américain, beau garçon et talentueux, de son vrai nom Henry Warren Beaty, est également producteur, réalisateur et scénariste. Il est réputé pour ses portraits, teintés de politique, de héros plutôt marginaux au charme irrésistible.

Frère cadet de l'actrice Shirley MacLaine, Beatty passe un an à l'université Northwestern à Evanston dans l'Illinois avant de suivre des cours d'art dramatique avec la célèbre Stella Adler à New York. Il fait quelques apparitions au théâtre et, en 1959, décroche un rôle récurrent dans la série télévisée The Many Loves of Dobie Gillis (1959-1963). Beatty fait des débuts remarqués au cinéma en interprétant un adolescent torturé et amoureux dans Splendor in the Grass (La Fièvre dans le sang, 1961) d'Elia Kazan, mais la plupart de ses films suivants, bien qu'assez réussis, ne font pas recette.

Beatty prend alors sa carrière en main et s'attribue la double casquette de star et de producteur du film Bonnie and Clyde (1967), qui raconte l'histoire des braqueurs de banque Bonnie Parker et Clyde Barrow pendant la Dépression. Le public de la contre-culture des années 1960 s'identifie à ces héros hors la loi, et le jeu de Beatty, plein de compassion pour le personnage de Barrow et les pauvres aux États-Unis, y est pour beaucoup. Réalisé par Arthur Penn, avec lequel Beatty avait déjà tourné dans Mickey One (1965), ce film marque les esprits notamment par la séquence esthétisante du règlement de compte final, qui pose un nouveau jalon en matière de violence à l'écran. Le film est un énorme succès et fait date dans l'histoire du cinéma.

Beatty prend son temps et ne tourne que dans quatre films durant les sept années suivantes. Son gros succès suivant est Shampoo (1975), farce sexuelle teintée d'une sensibilité de gauche, que Beatty interprète, produit et coécrit avec Robert Towne. Il joue un coiffeur coureur de jupons incapable de jongler avec ses multiples maîtresses, la veille de l'élection de Nixon à la présidence en 1968. Heaven Can Wait (Le ciel peut attendre, 1978), connaît un succès encore plus retentissant et permet à Beatty de s'imposer dans un rôle comique. Ce film lui vaut quatre nominations aux oscars (meilleur acteur, meilleur film [producteur], meilleur scénario et meilleur réalisateur), du jamais vu dans l'histoire hollywoodienne. Un exploit que Beatty réitère avec son film suivant, Reds (1981).

Reds assoit la réputation de Beatty en tant que réalisateur de talent. Ce film à grand spectacle, qui relate l'histoire mouvementée et romantique de John Reed, journaliste américain et communiste qui influa sur la révolution russe de 1917, est nommé aux oscars dans toutes les catégories phares et rapporte à Beatty la statuette de meilleur réalisateur. Il ne réalise son film suivant que neuf ans plus tard, une adaptation de la bande dessinée Dick Tracy (1990) avec une pléthore de stars. Dans les années 1990, il joue notamment dans Bugsy (1991) et dans Love Affair (1994), deux films où sa partenaire est Annette Bening, qu'il épouse en 1992 – événement qui tempère quelque peu sa tenace réputation de playboy. En 1998, il coécrit et réalise Bulworth, où il interprète un sénateur américain qui perd ses illusions dans le système politique à mesure qu'il s'immerge dans la culture hip-hop. Malgré les marques d'estime qui lui ont été témoignées, Beatty a aussi joué dans deux des plus gros échecs commerciaux d'hollywood, Ishtar (1987) et Town & Country (2001).

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« BEATTY WARREN (1937- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/warren-beatty/