MUSIQUE CONTEMPORAINELa musique sérielle et le dodécaphonisme

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Le besoin d'établir l'existence d'une « démocratie » sonore, c'est-à-dire de définir les bases d'un langage où la « tyrannie de la dominante » ne s'exercerait plus, se fit sentir très tôt. Sans remonter jusqu'au chromatisme de Cypriano de Rore (1516-1565) ou de Gesualdo da Venosa (1560 env.-1614), des faits comme l'apparition de l'accord de septième diminuée ou de quinte augmentée répondaient obscurément à ce besoin. De même, la prolifération des « notes à côté », qu'elles fussent résolues ou non, montrait une volonté d'émancipation qui s'affirmait avec chaque génération.

En harmonie classique, chaque accord peut être identifié grâce à un chiffrage conventionnel (basse chiffrée). À la fin du xixe siècle, notamment avec le chromatisme wagnérien et sa « mélodie infinie », les règles de l'analyse harmonique ne suffisent plus pour rendre compte, de manière satisfaisante, de l'émiettement que subit la tonalité, voire pour chiffrer avec certitude certains agrégats sonores, tel l'accord fameux du prélude de Tristan. Mais l'ensemble du problème n'est posé clairement que dans les premières années du xxe siècle. La plupart des musiciens acceptent alors la « mort du principe tonal » et écrivent une musique atonale (ainsi les accords fréquents de neuvième et de onzième, le modalisme de Claude Debussy, la polytonalité d'Igor Stravinski ou de Darius Milhaud, jusqu'aux modes à transpositions limitées d'Olivier Messiaen, etc.). Néanmoins, aucun système d'écriture ne prétend remplacer la vieille organisation tonale avec à la fois autant de précision et de généralité que le dodécaphonisme, surtout dans ses développements sériels.

Le dodécaphonisme est la doctrine qui correspond aux différents systèmes d'écriture utilisant les douze sons de la gamme chromatique tempérée sans référence à la tonalité. Josef Matthias Hauer et [...]


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Les séries dodécaphoniques (1)

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Luigi Nono

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  • : chef de projet à l'Institut national de recherche en informatique et en automatique
  • : ingénieur, Conservatoire national des arts et métiers, assistant du chargé de projet informatique musicale à l'Institut national de recherche en informatique et automatique, Le Chesnay

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Pour citer l’article

Pierre BARBAUD, Rémi LENGAGNE, « MUSIQUE CONTEMPORAINE - La musique sérielle et le dodécaphonisme », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/musique-contemporaine-la-musique-serielle-et-le-dodecaphonisme/