ANTONIONI MICHELANGELO (1912-2007)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Il y a dans chaque culture nationale comme dans chaque moyen d'expression des moments ou des personnes qui semblent être des points de convergence. Ainsi des œuvres incarnent et propulsent en même temps certains changements culturels collectifs, si bien que l'itinéraire de leur auteur tend peut-être injustement à décevoir après coup, lorsqu'il vient s'insérer dans un courant plus régulier. Au même titre que l'œuvre de Bergman ou de Resnais, celle de Michelangelo Antonioni est marquée par un tel cheminement intellectuel.

Les premiers films

en 1912 à Ferrare, Antonioni entre dans la profession en 1942 comme assistant de Marcel Carné pour Les Visiteurs du soir ; jusqu'à 1950, il collabore à quelques scénarios et réalise des courts-métrages qui ne sont pas indifférents. C'est l'époque où le cinéma italien connaît la flambée du néo-réalisme fortement marqué à gauche, et qui, prôné ou contredit, influencera profondément toute la vie culturelle italienne de l'époque. Les deux premiers courts-métrages d'Antonioni, Gente del Pò (1943-1947) et N.U. (1948, c'est-à-dire Nettezza urbana ; il s'agit d'un documentaire sur les éboueurs), s'inscrivent directement dans ce mouvement néo-réaliste tandis que La Villa dei mostri (1950, documentaire sur le parc aux rochers sculptés de Bomarzo) témoigne de son ouverture à un certain fantastique.

En 1950, la culture italienne a déjà entamé sa déprovincialisation. Face au cinéma traditionnel (les mélos, les drames et les comédies), d'ailleurs nullement méprisable et fort populaire, le néo-réalisme, s'il ne remporte pas dans la péninsule de grands succès publics, apporte une vision plus ouverte au monde et contribue à faire connaître le cinéma italien à l'étranger. Depuis déjà quelques années, les écrivains américains ont été publiés en Italie grâce à Pavese et à Vittorini, et l'emphase d'annunzienne ne paraît plus obligatoirement liée à l'expression écrite italienne. C'est dans ce nouveau contexte qu'Antonioni produit en 1950 son premier long-métrage, Chronique d'un amour.

Comme il avait influencé [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  ANTONIONI MICHELANGELO (1912-2007)  » est également traité dans :

L'AVVENTURA, film de Michelangelo Antonioni

  • Écrit par 
  • Jacques AUMONT
  •  • 982 mots

Malgré l'injustice d'une telle formule, on pourrait dire que L'Avventura est le véritable premier film d'Antonioni, en tout cas celui dont le style et le ton nous semblent toujours le mieux « coller » à l'image de ce cinéaste à l'élégance aristocratique. La production pourtant en fut laborieuse. Après l'échec du Cri (Il Grido, 1957) devan […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-avventura/#i_25314

L'AVVENTURA (M. Antonioni), en bref

  • Écrit par 
  • Joël MAGNY
  •  • 315 mots
  •  • 1 média

Présenté au festival de Cannes en 1960, L'Avventura de Michelangelo Antonioni (1912-2007) a déclenché une des rares « batailles d'Hernani » du cinéma. Le public, dérouté, accueillit le film avec cris et sifflets, tandis que la majorité de la critique prenait son parti. Un film dont la narration paraît aujourd'hui limpide, h […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-avventura-m-antonioni-en-bref/#i_25314

PAR-DELÀ LES NUAGES (M. Antonioni)

  • Écrit par 
  • Jean A. GILI
  •  • 1 402 mots

La présentation de Par-delà les nuages, à la biennale de Venise en septembre 1995, prit les allures d'un événement national. Le président de la République italienne en personne se déplaça pour assister à la projection du film, tant il y avait quelque chose de miraculeux dans ce retour, après treize ans de silence, de Michelangel […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/par-dela-les-nuages/#i_25314

CINÉMA (Aspects généraux) - Histoire

  • Écrit par 
  • Marc CERISUELO, 
  • Jean COLLET, 
  • Claude-Jean PHILIPPE
  •  • 21 812 mots
  •  • 37 médias

Dans le chapitre « Le renouvellement »  : […] Federico Fellini, assistant et scénariste de Rossellini, est un poète, un peintre baroque et un visionnaire. Il se soucie moins de témoigner de la réalité, sociale ou politique. Il porte un univers qu'il doit impérieusement exprimer. Ce qu'il voit n'est que le miroir de ses songes. Ses personnages sont des créatures imaginaires, ses récits sont des fables. Il est le plus brillant conteur du cinéma […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-aspects-generaux-histoire/#i_25314

GUERRA ANTONIO, dit TONINO (1920-2012)

  • Écrit par 
  • Christian VIVIANI
  •  • 712 mots
  •  • 1 média

Écrivain et scénariste italien, Antonio Guerra est né à Sant'Arcangelo di Romagna le 16 mars 1920. Après avoir écrit plusieurs poèmes et romans, souvent en dialecte romagnol, il vient au cinéma en 1957 avec le scénario de Hommes et loups ( Uomini e lupi ), de Giuseppe De Santis, qu'il élabore en collaboration avec Elio Petri, futur cinéaste que Guerra s […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guerra-antonio-dit-tonino/#i_25314

ITALIE - Le cinéma

  • Écrit par 
  • Jean A. GILI
  •  • 7 718 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « L'âge d'or du cinéma italien (1960-1980) »  : […] Au début des années 1960, le cinéma italien affiche une éclatante santé. On peut en voir une preuve dans les films envoyés au festival de Cannes : La dolce vita (Fellini) et L'avventura (Antonioni) en 1960, La Fille à la valise (Zurlini), La ciociara (V. De Sica), La viaccia (Bologn […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/italie-le-cinema/#i_25314

PARLANT (CINÉMA) - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Michel CHION
  •  • 3 247 mots

1899 États-Unis. Th e Astor Tramp , « picture song » de Thomas Edison. Bande filmée destinée à être accompagnée d'une chanson chantée en salle (derrière l'écran) par des artistes invités. 1900 France. Présentation par Clément Maurice du Phono-Cinéma-Théâtre à l’'Exposition universelle. Au programme, une scène d' Ham […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/parlant-cinema-reperes-chronologiques/#i_25314

VITTI MONICA (1931- )

  • Écrit par 
  • Joël MAGNY
  •  • 1 139 mots
  •  • 1 média

Rares sont les actrices qui présentent une double image aussi paradoxale. Pour les Français, Monica Vitti est l'« icône » du cinéma de Michelangelo Antonioni. Elle n'a tourné pourtant que quatre films avec lui, entre 1960 et 1964 – avant de le retrouver dans l'étrange Mystère d' Oberwald en 1980 –, au cours d’une carrière qui s'étend sur près de quarant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/monica-vitti/#i_25314

Voir aussi

Pour citer l’article

Paul Louis THIRARD, « ANTONIONI MICHELANGELO - (1912-2007) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/michelangelo-antonioni/