MICAS

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Domaines de stabilité et conditions de gisement

Les micas dioctaédriques sont relativement peu stables. La paragonite est instable au-dessus de 550 0C et ne peut exister qu'en présence de solutions très riches en sodium et très pauvres en potassium. Cela explique sa rareté : on ne la connaît que dans certaines séries marines et dans des filons hydrothermaux à albite. La muscovite, qui peut exister dans des conditions plus normales, est nettement plus fréquente. Comme elle se déshydrate à partir de 600 0C, elle est absente des roches volcaniques. Il est possible que, dans certains granites, il s'agisse d'un minéral primaire, comme le montre la position de sa courbe de stabilité par rapport au liquidus granitique ; dans la plupart des cas, on considère qu'elle se forme aux dépens des feldspaths par lessivage des alcalins, et surtout du sodium. Dans les roches sédimentaires, les micas blancs sont en fait souvent des illites ou des édifices interstratifiés, mais, dès les premiers stades du métamorphisme, on retrouve une structure typique de micas. Ces muscovites néoformées coexistent avec les chlorites, puis les biotites, et disparaissent vers 600-650 0C par la réaction :

qui marque le début de la catazone.

Granite

Granite

Photographie

Le granite est une roche magmatique grenue, de teinte claire, composée principalement de quartz (les grains transparents) et de feldspaths (cristaux blancs). Ici, les minéraux noirs sont des micas (biotite). 

Crédits : Jacques-Marie Bardintzeff

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Stabilé et fusion minimale

Stabilé et fusion minimale

Dessin

Courbes de stabilité de la muscovite (1) et de la phlogopite (2) et courbes de fusion minimale du granite (a) et du basalte (b), d'après Yoder et Eugster. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Les micas trioctaédriques sont beaucoup plus stables que les précédents, puisqu'ils ne se déshydratent que vers 1 000 0C, et qu'ils peuvent ainsi se former comme minéraux primaires aussi bien dans les roches basiques que dans les roches acides. Les biotites sont toutefois très sensibles aux conditions d'oxydoréduction, et subissent dans les roches volcaniques une oxydation analogue à celle des amphiboles. Ces minéraux ferromagnésiens sont très altérables et peuvent se transformer en chlorites ou en muscovites secondaires par perte de Mg et Fe. Les biotites sont absentes des roches sédimentaires, mais relaient les chlorites dans la progression du métamorphisme. Elles subsistent jusque dans les conditions de l'anatexie, et ne disparaissent que dans les conditions extrêmes du faciès « granulite ». Les phlogopites apparaissent dan [...]


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Médias de l’article

Mica trioctaédrique

Mica trioctaédrique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Lépidolite

Lépidolite
Crédits : R. Appiani/ De Agostini

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Biotite

Biotite
Crédits : De Agostini/ Getty Images

photographie

Granite

Granite
Crédits : Jacques-Marie Bardintzeff

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Écrit par :

  • : professeur de géologie à l'université de Bretagne-Occidentale, Brest
  • : directeur de recherche à l'Institut national de la recherche agronomique, chargé de mission auprès du ministre de l'Écologie, membre de l'Académie d'agriculture de France

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Pour citer l’article

Jean-Paul CARRON, Michel ROBERT, « MICAS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/micas/