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MÉMOIRE CHEZ L'ENFANT

La mémoire est une fonction mentale indispensable aux apprentissages et, au-delà, elle est essentielle à la construction de l’identité personnelle. La mémoire est ici considérée comme un ensemble de systèmes en partie indépendants et en interaction constante, mis en place progressivement au cours du développement. Considérant le nombre d’informations pouvant être mémorisées et la durée du maintien en mémoire, on effectuera une première distinction entre mémoire à court terme (devenue mémoire de travail dans les évolutions théoriques) et mémoire à long terme. Les mémoires à long terme sont multiples : procédurale, perceptives, sémantique ou encore épisodique. Certaines d'entre elles sont très tôt fonctionnelles alors que d’autres continuent leur développement jusqu’à la fin de l’adolescence.

Les différents systèmes de mémoire

La mémoire de travail permet le maintien et la manipulation d’une petite quantité d’informations, au fur et à mesure qu’elles se présentent à la conscience, pour mener à bien une activité, comme un nouvel apprentissage ou la résolution d’un problème. Cette mémoire sollicite différents processus complexes, de haut niveau d’intégration, nommés fonctions exécutives, qui jouent un rôle de coordination et de contrôle dans les apprentissages. Celles-ci sont mobilisées dès que l’enfant doit maintenir une consigne en mémoire le temps d’un exercice, ou encore réaliser plusieurs actions en même temps comme écouter ce que l’enseignant dit, écrire, faire un calcul mental… Elles interviennent donc dans la lecture, l’écriture, les mathématiques et, de ce fait, sont des prédicteurs des capacités d’apprentissage chez l’enfant. La mémoire de travail et les fonctions exécutives sont également essentielles dans le développement socio-émotionnel et sont, par ailleurs, très dépendantes des capacités attentionnelles. Elles se trouvent ainsi fragilisées et très vite saturées dès que l’enfant est en manque de sommeil ou préoccupé par d’autres questions, liées à l’école ou au milieu familial, par exemple. Il faut noter que l’expression « mémoire à court terme » est encore utilisée par certains auteurs. Elle est parfois synonyme de « mémoire de travail », ou peut faire référence au simple « maintien à court terme », sans manipulation de l’information.

La mémoire procédurale constitue le système de stockage des règles de fonctionnement permettant la mémorisation des savoir-faire ; elle est indissociable de l’action. Elle est constituée d'automatismes sensori-moteurs et cognitifs, difficilement verbalisables, qui sont récupérés lors d’actions aussi diverses que faire du vélo, du ski, résoudre une équation...

La mémoire perceptive correspond au fait qu’être en contact avec une information perceptive facilite son traitement ultérieur, même si cette information est présentée sous une forme modifiée. La mémoire perceptive et la mémoire procédurale sont d’une grande aide dans la vie quotidienne car nous réalisons grâce à elles diverses tâches sans effort cognitif. Cette économie cognitive, qui repose sur des traitements relativement automatiques de l’information, favorise la réalisation simultanée de tâches plus complexes. La mémoire procédurale et la mémoire perceptive se mettent en place très tôt au cours du développement et constituent la base des premiers apprentissages chez le jeune enfant.

La mémoire sémantique regroupe l’ensemble des connaissances générales que nous avons sur le monde et sur nous-mêmes. En faisant appel à ma mémoire sémantique, j’accède à ces connaissances sans me souvenir du contexte dans lequel elles ont été encodées. La mémoire sémantique est essentielle à la production et à la compréhension du langage ainsi qu’à toutes les connaissances qu’elles permettent ; elle sous-tend également la construction de notre[...]

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Écrit par

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études, directeur de l'unité 1077 de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, université de Caen Normandie

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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