MÉMOIRE CHEZ L'ENFANT

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Connaissances, souvenirs et apprentissages

L’acquisition de connaissances peut se faire de manière implicite dès le premier contact avec l’information. Toutefois, de nombreuses connaissances sont acquises à partir de la répétition d’épisodes et de la manipulation des informations permettant d’améliorer la profondeur de l’encodage. La création de représentations mentales permet notamment un double codage, visuel et verbal par exemple (écouter un texte et se créer une image mentale), la réalisation sensori-motrice (poésie théâtralisée), l’utilisation des émotions, la création de liens avec des représentations déjà en mémoire (sémantiques, personnelles…).

La répétition espacée de l’information a aussi un effet positif sur l’apprentissage. Elle permet pour un même concept d’effacer progressivement les souvenirs spécifiques des épisodes pour ne conserver que le concept clé ou la connaissance. À cette répétition, il est intéressant d’associer une réactivation ou un rappel de ces connaissances par l’enfant. Deux autres facteurs sont également à prendre en considération : le support fourni lors du rappel et la correction des erreurs produites lors du rappel. Ainsi, il semble que, chez le jeune enfant, corriger les erreurs de façon immédiate améliore la mémorisation car cela lui permet d’éviter de les consolider et qu’elles viennent interférer avec la réponse correcte.

Plus largement, certains travaux menés chez l’adulte montrent qu’un feed-back réalisé sur une évaluation est mieux retenu que des préconisations fournies pour améliorer ses performances à venir. Aussi, faire le point régulièrement sur ce que l’on sait et ce qu’il reste à apprendre permet d’ajuster ses stratégies de mémorisation et juger plus précisément nos performances de rappel. Ce point souligne l’importance de la métacognition, c’est-à-dire la connaissance dont nous disposons sur nos propres processus cognitifs. Enfin, la consolidation des connaissances et des procédures implique nécessairement des périodes de sommeil pendant lesquelles se renforce la connectivité neuronale. Aussi, la dette chronique de sommeil, fréquemment observée à l’adolescence, a des effets néfastes sur l’attention, les fonctions exécutives et la mémoire.

On a donc souligné le caractère dynamique de la mémoire et des apprentissages, leur longue mise en place lors de la petite enfance et jusqu’à la fin de l’adolescence. Ce caractère changeant du développement cognitif, auquel il faut ajouter les différences interindividuelles et les moments de difficulté, quelle que soit leur origine, montrent bien toute sa complexité. La psychologie et les neurosciences apportent des informations utiles qui prennent tout leur sens dans les collaborations avec les enseignants et les chercheurs en psychopédagogie, ces échanges pouvant permettre d’aider l’enfant à maîtriser ces apprentissages et à interagir avec le monde.

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Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études, directeur de l'unité 1077 de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, université de Caen Normandie

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Pour citer l’article

Francis EUSTACHE, « MÉMOIRE CHEZ L'ENFANT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/memoire-chez-l-enfant/