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TYNER MCCOY (1938-2020)

L’esthétique modale au piano

McCoy Tyner forme alors son propre trio – alterneront à la contrebasse Ron Carter et Eddie Gomez, à la batterie Tony Williams et Jack DeJohnette – et s’associe avec le clarinettiste Tony Scott. Sur scène ou dans les studios, il multiplie les collaborations entre autres avec les saxophonistes Clark Terry, Stanley Turrentine, Wayne Shorter, Hank Mobley, Joe Henderson, Arthur Blythe et Gary Bartz ; les trompettistes Thad Jones, Freddie Hubbard et Donald Byrd ; les guitaristes John Abercrombie et Grant Green, ou encore le batteur Roy Haynes.

De plus en plus souvent, il revient au solo. Lointain descendant d’Art Tatum par son goût des phrases-fleuve parfois torrentielles, mais aussi fils de Cecil Taylor par la précision et la puissance de ses attaques et de Bill Evans par la délicatesse du toucher, McCoy Tyner évolue dans un univers modal qui propose un subtil mélange de tradition et d’avant-garde. Il accompagne Ike et Tina Turner (1970), forme un quartette où l’on pourra entendre Sonny Fortune et Azar Lawrence (saxophones ténors) ainsi que John Blake (violon) et anime un quintette où s’expriment Jackie McLean (saxophone alto) et Jon Faddis (trompette). En 1978, il entreprend une tournée All Stars avec Sonny Rollins, Ron Carter et Al Foster. En mémoire de John Coltrane, à l’occasion des vingt ans de sa disparition, il se produit en 1987 dans de nombreux pays. Au début des années 1990, il manifeste un regain d’intérêt pour le big band, formation au sein de laquelle il mêle des influences venues d’Afrique et d’Orient. L’instrumentiste abandonne parfois le piano pour le clavecin et le célesta et même le koto et la flûte. À compter de 1995, il se passionne pour la musique afro-cubaine dans la formation des Latin All-Stars avec Steve Turre (trombone), David Sanchez (saxophone ténor), Claudio Roditi (trompette) et de nombreux percussionnistes cubains et portoricains. On peut encore l’entendre en 2007 dialoguer avec Joe Lovano (saxophone ténor).

Le pianiste laisse, en tant que leader, une très vaste discographie qui s’étend de 1962 à 2007. On peut retenir chez Blue Note The Real McCoy (1967), Expansions (1968) et Cosmos (1969) ; chez Impulse! Inception (1962), ReachingFourth (1962), Nights of Ballads and Blues (1963), Live at Newport (1963), Today and Tomorrow (1963-1964), McCoyTynerplays Ellington (1964) et chez Milestone Extensions (1970), Sahara (1972), Enlightenment (1973), Atlantis (1974), Trident (1975), Supertrios (1977) ou encore Horizon (1979). L’ombre de John Coltrane n’est jamais bien loin, comme en témoignent les albums A Tribute to John Coltrane/Blues for Coltrane (Impulse!, 1987) ou encore Remembering John (Enja, 1991).

McCoy Tyner meurt dans le New Jersey le 6 mars 2020.

— Pierre BRETON

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

McCoy Tyner

McCoy Tyner

Autres références

  • COLTRANE JOHN

    • Écrit par Alain GERBER
    • 1 417 mots
    • 1 média
    En 1960, Trane forme avec le batteur Elvin Jones, le pianiste McCoy Tyner et le contrebassiste Steve Davis (auquel succéderont Reggie Workman et Jimmy Garrison) son propre quartette. Dans ce contexte, il abandonne l'une de ses idées fixes de la période précédente – l'exploitation opiniâtre des harmonies...
  • HUBBARD FREDDIE (1938-2008)

    • Écrit par Pierre BRETON
    • 1 240 mots

    Une technique superlative lui vaut l'admiration unanime de tous les trompettistes, y compris celle d'un maître incontesté en la matière, Wynton Marsalis. Pourtant, malgré une longue et brillante carrière, l'Américain Freddie Hubbard n'est jamais parvenu à se hisser au sommet de la hiérarchie...

  • JAZZ

    • Écrit par Philippe CARLES, Jean-Louis CHAUTEMPS, Universalis, Michel-Claude JALARD, Eugène LLEDO
    • 10 992 mots
    • 24 médias
    ...volontiers paroxystique (Cousin Mary, My Favorite Things, A Love Supreme). Le quartette qu'il a constitué avec, notamment, le batteur Elvin Jones et le pianiste McCoy Tyner a l'importance, dans l'histoire du jazz, du Hot Five de Louis Armstrong et du quintette de Charlie Parker. On peut rattacher...
  • JONES ELVIN RAY dit ELVIN (1927-2004)

    • Écrit par Pierre BRETON
    • 993 mots
    ...Jones dans la formation qu'il vient de constituer pour fuir les sortilèges du magicien Miles Davis. Pendant cinq ans, ce fabuleux quartette – avec McCoy Tyner au piano et, à la contrebasse, successivement Steve Davis, Reggie Workman et Jimmy Garrison – va écrire l'une des plus aventureuses pages de...

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