MESPLÉ MADY (1931-2020)

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Dans les premières décennies du xxe siècle, Lily Pons (1898-1976) et Mado Robin (1918-1960) avaient incarné ces voix légères qui s’envolaient sans effort jusqu’aux aigus les plus inaccessibles. Mady Mesplé est l’une des plus éblouissantes étoiles de cette famille de cantatrices funambules. Avec un registre couvrant trois octaves, une technique sans faille, une élocution irréprochable, une rare pureté de timbre et une élégance souveraine, elle a brillé dans un vaste domaine qui s’étend du baroque aux créations contemporaines.

Magdeleine Mesplé naît à Toulouse le 7 mars 1931 dans une famille de condition modeste. Elle entre à l’âge de sept ans au conservatoire de sa ville natale. Elle obtient, à quatorze ans, un 1er prix de piano. N’ayant pas les moyens financiers de poursuivre ses études, elle joue dans les bals et les cabarets, et accompagne artistes de jazz et de variétés ainsi que le jeune violoniste Christian Ferras. À dix-huit ans, elle revient au conservatoire de Toulouse pour étudier le chant avec Madame Izar-Lasson. Elle remporte dans cette discipline un nouveau 1er prix. Après s’être perfectionnée à Paris auprès de Janine Micheau (1914-1976), elle débute au Théâtre de Liège (1953) puis au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles (1953-1956). Là, elle aborde tous les grands emplois qui nourriront sa carrière : Rosine (Le Barbier de Séville de Rossini), Olympia (Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach), Gilda (Rigoletto de Verdi) et par-dessus tout le rôle-titre de Lakmé de Delibes, qu’elle ne chantera pas moins de 145 fois. C’est avec lui qu’elle se produit en 1956 à l’Opéra-Comique de Paris. La même année, elle interprète Zémire (Zémire et Azor de Grétry) au festival d’Aix-en-Provence. Elle se fait applaudir en 1958 à l’Opéra de Paris dans Dialogues des carmélites de Poulenc (sœur Constance) et Les Indes galantes de Rameau. En 1960, elle succède à Joan Sutherland au festival d’Édimbourg dans Lucia de Lammermoor de Donizetti et assure, à l’Opéra-Comique, la 1 500e représentation de Lakmé de Delibes, remplaçant Mado Robin qui venait de disparaître. Les grandes scènes internationales l’accueillent non seulement dans les répertoires français et italiens qui lui sont familiers, mais aussi dans l’univers germanique avec la Reine de la nuit (La Flûte enchantée de Mozart) et les héroïnes straussiennes que sont Zerbinette (Ariane à Naxos) et Sophie (Le Chevalier à la rose). En 1972, elle chante au Théâtre Bolchoï de Moscou et au Metropolitan Opera de New York.

Mady Mesplé dans Lakmé, de Léo Delibes

Photographie : Mady Mesplé dans Lakmé, de Léo Delibes

« Lakmé, ton doux regard se voile,/ Ton sourire s'est attristé/ Comme on voit pâlir une étoile… » L'exceptionnelle palette vocale de Mady Mesplé lui a permis d'interpréter les grandes œuvres du répertoire comme les créations de compositeurs contemporains. Mais elle reste d'abord... 

Crédits : Keystone-France/ Gamma-Rapho

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Mady Mesplé offre également sa voix à la musique de son temps. Pierre Boulez l’appelle pour monter L’Enfant et les sortilèges de Ravel et LÉchelle de Jacob de Schönberg. Elle interprète des pages signées Patrice Mestral, Yves Prin et participe à plusieurs créations : La Princesse Pauline d’Henri Tomasi (1962), Madrigal de Paul Méfano (1962), Le Dernier Sauvage de Gian Carlo Menotti (1963), la version française d’Élégie pour deux amants de Hans Werner Henze (1965), Interviews de Janos Komives (1978). Betsy Jolas écrit pour elle son Quatuor II (1964). Charles Chaynes lui dédie Quatre poèmes de Sappho (1968). À partir du début des années 1970, elle s’adonne à la mélodie française en compagnie des pianistes Dalton Baldwin, Gabriel Tacchino ou de Janine Reiss (1921-2020), incontournable chef de chant du monde lyrique parisien.

De Vivaldi aux compositeurs contemporains, Mady Mesplé a beaucoup enregistré, sans négliger l’opérette – qu’elle abordait rarement sur scène – sous la baguette de Michel Plasson, Alain Lombard et Peter Maag. De nombreux passages à la télévision assurent sa popularité auprès du grand public. Elle figure dans quelques téléfilms : Le Château des Carpathes (Jean-Christophe Averty, 1976), L’amour s’invente (Didier Decoin, 1982). Elle se consacre à l’enseignement au dé [...]

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Pierre BRETON, « MESPLÉ MADY - (1931-2020) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mady-mesple/