PONS LILY (1898-1976)

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Alice Joséphine Pons, la future Lily Pons, ne naquit pas en 1904 à Cannes, comme une légende bien accréditée tendait à le faire croire, mais à Draguignan, le 12 avril 1898. Son père, Léonard Pons, était imprimeur et sa mère, née Marie Naso et d'origine italienne, était couturière. C'est en effet en 1904 que la famille Pons vint s'établir à Cannes, où Lily Pons passa son enfance avant de venir à Paris pour suivre les cours du Conservatoire dans la classe de piano. C'est en jouant en 1920 dans la revue des Variétés aux côtés de Max Dearly qu'elle fit ses premiers pas sur scène. À cette époque, elle décida de travailler le chant et suivit des cours avec Alberto Di Gorostiaga. Ses débuts dans la carrière lyrique eurent lieu en 1928, dans Lakmé, à Mulhouse. Pendant trois ans, elle se fit applaudir dans les provinces françaises, se produisant notamment à Montpellier, à Cannes, à Toulouse, à Bordeaux.

Lily Pons

Photographie : Lily Pons

La soprano américaine d'origine française Lily Pons (1898-1976) donne le 21 décembre 1940, depuis le Metropolitan Opera de New York, un récital radiodiffusé sur les ondes de la chaîne C.B.S. 

Crédits : Hulton Getty

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Le grand ténor italien Giovanni Zenatello et sa femme, la cantatrice Maria Gay, après l'avoir entendue, lui conseillèrent de tenter sa chance en Amérique et la recommandèrent au directeur du Metropolitan Opera de New York, Giulio Gatti-Casazza. Engagée par ce théâtre, Lily Pons y fit des débuts fracassants dans le rôle-titre de Lucia di Lammermoor de Donizetti, le 3 janvier 1931, avec de prestigieux partenaires : Beniamino Gigli, Giuseppe De Luca et Ezio Pinza. Inconnue la veille, de ce jour-là elle devint célèbre et adulée. Lily Pons devait faire une carrière aussi glorieuse que longue au « Met », puisqu'elle y chanta jusqu'en 1960. Elle y donna en tout 198 représentations dans dix rôles différents. Après Lucie on l'applaudit dans : Gilda de Rigoletto (7 janv. 1931), Rosine du Barbier de Séville (4 févr. 1931), Olympia des Contes d'Hoffmann (14 févr. 1931), Philine de Mignon (6 avr. 1931), Lakmé (19 févr. 1932), Amina de La Somnambule (16 mars 1932), Linda de Linda di Chamouni (1er mars 1934), la reine de Shemakha du Coq d'or (3 févr. 1937) et enfin Marie de La Fille du régiment (28 déc. 1940).

Indépendamment de ses saisons à New York, Lily Pons parut dans les autres grands théâtres lyriques d'Amérique, comme le Colon de Buenos Aires et surtout les opéras de San Francisco et de Chicago. À San Francisco, elle débuta aussi dans Lucie (le 17 oct. 1932) et y chanta jusqu'en 1952. C'est à San Francisco, le 5 octobre 1951, qu'elle chanta dans la Traviata pour la première fois. À Chicago, où elle parut le 27 novembre 1937 dans Lakmé, elle fit quatre saisons consécutives, en chantant également Lucie, Rosine et Gilda. En dehors de l'Amérique où se déroula presque toute sa carrière, Lily Pons vint à plusieurs reprises chanter à Paris : l'Opéra l'accueillit le 15 mai 1935 pour la première fois dans Lucie de Lammermoor et, deux jours plus tard, dans Rigoletto ; l'Opéra-Comique la fit venir le 10 avril 1946 pour chanter Lakmé. Au Covent Garden de Londres, Lily Pons vint, le 23 mai 1935, chanter Rosine du Barbier. C'est cependant le Metropolitan Opera qui fut, pendant près de trente années, le théâtre de ses plus grands triomphes. Elle est naturalisée américaine en 1940.

Le 20 mars l957, elle y chantait sa dernière Lucia, et sa dernière apparition dans ce théâtre prestigieux eut lieu le 14 décembre 1960, au cours d'un gala où elle chanta le grand air de Gilda de Rigoletto. En marge de sa carrière lyrique, Lily Pons tourna quelques films à Hollywood entre 1937 et 1940 comme I Dream Too Much (Griseries), That Girl from Paris, Woman in Cage et Carnegie Hall. Elle avait en 1938 épousé le chef d'orchestre André Kostelanetz. Ils restèrent mariés jusqu'en 1959.

De nombreux enregistrements nous conservent la voix de Lily Pons. C'est entre 1930 et 1940 qu'elle grava dans la cire les airs les plus brillants de son répertoire, non seulement ceux des ouvrages qu'elle chantait sur scène mais aussi beaucoup d'autres qui illustrent le répertoire des soprani colarature. Pendant trente ans, Lily Pons fut une prima donna assoluta adorée de l'Amérique entière et dont la réputation s'était imposée à toute l'Europe.

D'autres cantatrices ont peut-être eu des voix plus belles, mais elle avait en plus un charme fascinant. Petite, mais admirablement pro [...]

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Jacques GHEUSI, « PONS LILY - (1898-1976) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/lily-pons/