WACQUANT LOÏC (1960- )

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Loïc Wacquant est professeur de sociologie à l'université de Berkeley (Californie) et chercheur associé au Centre européen de sociologie et de science politique de la Sorbonne (CESSP-Paris). Ses travaux et ses publications, abondants et traduits dans de nombreuses langues, traitent, entre autres, de la théorie sociale, des politiques du savoir, de l'habitus et des processus d'incorporation, des inégalités et de la marginalité urbaines, des formes de domination ethnoraciales, des usages de la pénalité contemporaine et de ses relations avec les transformations des politiques sociales. Il publie régulièrement dans des revues de sociologie, d'anthropologie, de criminologie, de philosophie. En s'affirmant comme chercheur transdisciplinaire, inscrit dans le projet durkheimien de constitution d'une science sociale unifiée, il multiplie les dialogues, notamment avec les géographes, les architectes et les psychologues.

Loïc Wacquant

Photographie : Loïc Wacquant

Mis en lumière par Loïc Wacquant pour les États-Unis, le lien entre travail précaire, incarcération massive et ségrégation ethnique révèle un mécanisme d'exclusion de plus en plus prégnant dans les pays développés. 

Crédits : L. Monier/ Editions de La Découverte

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À l'école de Pierre Bourdieu

Né en 1960 dans le sud de la France, Loïc Wacquant a mené ses études à Montpellier puis à Paris, où, à la suite de la découverte des travaux de Pierre Bourdieu, il se convertit à la sociologie, abandonnant la voie ouverte par ses études supérieures en économie industrielle à HEC. Après une année d'étude en 1982-1983 à Chapel Hill (université de Caroline du Nord), au cours de laquelle il dévore les œuvres majeures de la sociologie et de l'anthropologie américaines, il séjourne deux ans en Nouvelle-Calédonie, alors en plein soulèvement indépendantiste, dans le cadre d'un service civil effectué au sein de l'ORSTOM ; tout en découvrant les classiques de l'ethnologie, il écrira une monographie sur les inégalités ethniques et de classes dans le système scolaire de la Nouvelle-Calédonie. De 1985 à 1990, il poursuit ses études de doctorat en sociologie à l'université de Chicago où, en étroite collaboration avec William Julius Wilson, il observe et analyse les transformations sociales du ghetto noir américain.

C'est là que commencent à s'élaborer quatre séries d'observations, de thèses et d'arguments qui se peaufineront au fil des publications, d'articles en livres, de livres en articles : une analyse socio-historique de la transformation, aux États-Unis, du ghetto communautaire en « hyper-ghetto », fruit d'un double retrait, celui du marché et celui de l'État ; une comparaison méthodique du ghetto noir américain et des quartiers pauvres des banlieues françaises, qui le conduira à invalider, contre d'autres sociologues français, la thèse de la convergence transatlantique, d'une évolution de la banlieue sur le modèle du ghetto noir ; un décryptage de l'émergence d'une « marginalité avancée » dans les sociétés soumises aux torsions de la dérégulation capitaliste, dont l'État resterait en définitive le déterminant majeur ; enfin la construction du concept sociologique de ghetto comme instrument de fermeture raciale et de domination sociale.

Parallèlement à cette sociologie urbaine et à cette macrosociologie comparative, le sociologue a développé ses recherches à une autre échelle. Son travail théorique mené avec Pierre Bourdieu, sa critique des approches statistiques du ghetto et son attachement à l'observation directe l'ont ainsi conduit à entrer dans une salle de boxe dans le sud du quartier de Woodlawn à Chicago. Ce qui devait n'être à l'origine qu'un poste d'observation de la vie quotidienne du ghetto devient rapidement un objet de recherche à part entière : l'apprentissage de la boxe comme métier du corps sous-prolétarien. Cette « microsociologie charnelle », telle qu'il aime à la décrire, déploie une méthodologie originale pour analyser des modes de fabrication et d'incorporation de l'habitus. Loïc Wacquant occupe dès lors une place tout à fait spécifique dans la sociologie bourdieusienne.

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Pour citer l’article

Gilles CHANTRAINE, « WACQUANT LOÏC (1960- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/loic-wacquant/