LAISSE, littérature

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La cellule de base, le couplet de la chanson de geste, unité de contenu et versification. De dimension variable, la laisse se caractérise par une même assonance ou rime. Elle est très souvent encadrée par un vers d'intonation et un vers de conclusion, le développement intérieur étant plus libre, mais structuré par le vers, généralement décasyllabe de coupe 4/6. Certains remanieurs terminent la laisse par un appendice, un petit vers. Quelques tentatives pour introduire un refrain restent isolées. La mélodie, de structure rudimentaire, devait suivre ces divisions élémentaires. Entre les laisses d'une même chanson, on distingue plusieurs procédés d'enchaînement ou de reprise ; parallélismes, chevauchements et retours des mêmes motifs freinent la progression du récit. L'évolution du genre épique, à partir des vies de saints et du lyrisme dont on voit les formes affleurer encore dans Gormont et Isembart, chanson de geste des xie-xiie siècles, va dans le sens d'une logique narrative : la laisse s'allonge pour constituer de longues tirades où se perdent les contraintes que justifiaient les conditions de la récitation. La présentation orale et mimée des jongleurs est remplacée par la lecture. Or, la laisse se justifie par la diction des jongleurs, accompagnée de musique, devant un public mêlé que l'on cherche à entraîner, à enrôler dans quelque entreprise religieuse, politique ou guerrière. La technique de la laisse sert la manœuvre opérée sur les passions des hommes.

—  Daniel POIRION

Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, professeur à l'université de Paris-Sorbonne

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LA CHANSON DE ROLAND

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Dans le chapitre « La laisse, une cellule narrative »  : […] Commémorer les exploits des guerriers, leur « geste », passe dans le Roland par le choix d'une forme, la laisse, suite de décasyllabes en nombre variable unis par une même assonance. Chanson de dimension moyenne, le poème comprend 4002 vers, répartis en 291 laisses. Forme souple, cellule autonome, la laisse permet tout à la fois d'isoler les éléments de l'action et de leur do […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-chanson-de-roland/#i_6369

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Dans le chapitre « L'art de la laisse »  : […] Texte fragmenté, renvoyant toujours à un plus vaste ensemble, la chanson de geste est sur le plan formel un art du discontinu. La laisse, séquence plus ou moins longue de vers décasyllabiques (plus rarement dodécasyllabiques) unis par la même assonance (ou, plus tardivement, par la même rime), est à la fois une unité narrative, rythmique et mélodique à l'intérieur de laquelle chaque vers forme tr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/epopee/#i_6369

VERSIFICATION

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Dans les langues où la longueur de la syllabe est pertinente (soit par la nature de la voyelle, soit par sa position, c'est-à-dire son environnement consonantique de droite), les vers sont construits et identifiés d'après un nombre relativement fixe de pieds (séquence rythmée de syllabes longues, notées ▂, et de syllabes courtes, notées ⌣). Les vers de six pieds sont dits hexamètres, et sont surto […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/versification/#i_6369

Pour citer l’article

Daniel POIRION, « LAISSE, littérature », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/laisse-litterature/