LAETHEM-SAINT-MARTIN

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Frits Van den Berghe et Gustave De Smet

Un peintre intellectuel, fils du bibliothécaire de l'université de Gand, Frits Van den Berghe est l'intellectuel du groupe et la fenêtre ouverte sur le monde extérieur. En 1906, il partage un atelier à Laethem avec Servaes ; de 1908 à 1913, il passe l'été au village. Après la guerre, vécue aux Pays-Bas (Amsterdam, Laren et Blaricum), en partie aux côtés du ménage De Smet et du sculpteur J. Cantré, Van den Berghe reviendra encore souvent au bord de la Lys. Comme Gustave De Smet, c'est en Hollande, à partir de 1917, qu'il rompt avec le symbolisme post-impressionniste de ses débuts. Les principaux jalons de la période expressionniste datent des années 1924-1925, après le retour en Belgique : La Vie (musée d'Anvers), L'Éternel Vagabond, La Bonne Auberge, Dimanche après-midi (musée de Bruxelles). Déjà, dans Naissances (musée de Bâle), 1926-1927, apparaissent les caractères fantastiques qui donnent un climat personnel à son œuvre. À partir de 1927, Van den Berghe, comme De Smet, est lié par contrat avec Sélection et Le Centaure, deux galeries bruxelloises qui sont de véritables rendez-vous de l'art moderne, car toute l'avant-garde de l'école de Paris, de Max Ernst à Chagall, de Zadkine à Van Dongen, y défile. Ces contacts et surtout la découverte du surréalisme entraînent Van den Berghe à rompre avec l'esprit rustique de Laethem. Se souvenant des expériences pratiquées en Hollande avec son ami, le docteur De Knop, qui lui avait appris à étudier au microscope la structure des cristaux, des plantes et des cellules vivantes, tirant enseignement des recherches qu'il avait faites avec des couleurs chimiques pour l'impression de papiers de garde, Van den Berghe élabore, vers 1928, une technique très spéciale, qui rappelle parfois les frottages de Max Ernst. Des monstres hybrides, tout un peuple grotesque, mais souvent anxieux et toujours très humain, affleure dans ses toiles. C'est ce que l'on appelle sa période surréaliste. La crise des années 1929-1930, en entraînant la ruine des galeries avec lesquelles Frits travaillait, ramène les difficultés matérielles. Van den Berghe collabore alors à divers journaux flamands comme caricaturiste et comme illustrateur d'une verve et d'une imagination remarquables.

Plus serein que Van den Berghe, moins viril que Permeke, De Smet représente l'esprit classique au sein de la phalange expressionniste. La discipline, le sens de la synthèse, une vie intérieure très dense obligent ce peintre de la rusticité flamande à dépasser la scène de genre que le choix du sujet aurait pu favoriser. La paix des champs dispense pour lui la paix de l'âme. Les paysans placides, vaquant aux travaux saisonniers, se reposant, les mains vides, devant une jatte de café posée sur la table, jouant au vogelpik ou s'exerçant au tir, dans une baraque foraine, prennent dans ses toiles une dignité tranquille. Tous appartiennent au même type humain : visage ovale, marqué par la tache des pommettes, larges yeux en amandes au regard perdu, bouches sensuelles aux lèvres closes, cheveux lisses, immobilité de mannequin. Chaque forme est réduite à un schéma essentiel que des réminiscences d'imagerie populaire parent d'une sorte de candeur. Gustave rejoint à Laethem, en 1908, son frère Léon qui, tout en faisant partie du deuxième groupe, n'abandonnera guère la facture néo-impressionniste et la palette fleurie de ses débuts. Dans cette manière qui fait époque, Léon se fera connaître comme un peintre de scènes d'intérieurs et comme un excellent portraitiste. Quant à Gustave, il maîtrisera sans peine le jeu délicat des teintes pâles et des touches vibrantes et, en 1913, il évolue vers un romantisme décoratif. Pendant la guerre, il se réfugie en Hollande ; son fils meurt. Les épreuves, l'influence du Hollandais Jean Sluyters (1881-1957) et du Français Henri Le Fauconnier (1881-1946) ainsi que la découverte de l'expressionnisme allemand l'orientent passagèrement vers une facture chaotique et une palette sombre. En 1922, il revient dans la région de la Lys. La plasticité des formes, l'équilibre de la composition caractérisent les œuvres peintes entre 1923 et 1936 : Les Mangeurs de moules (musée d'Anvers), Béatrice (musée de Bruxelles), Les Buveurs de café, Le Peintre et sa femme (musée de Bâle), Le Grand Bal, Méditation, Les Amants. Pendant une courte période (1927-1928), il s'adonne à des scènes mondaines, [...]

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  • Xavier MABILLE, 
  • Hans VAN WERVEKE
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Dans le chapitre « Gand contemporain »  : […] Le rayonnement culturel de la ville est important au début du xx e  siècle. Ainsi, l'école de Laethem-Saint-Martin (du nom d'une localité de la banlieue gantoise) constitue un important courant artistique. La première génération, réunie autour du sculpteur Georges Minne, opère la transition du symbolisme à l'expressionnisme, qu'illustrent, après la Première Guerre mondiale, les grands maîtres de […] Lire la suite

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Francine-Claire LEGRAND, « LAETHEM-SAINT-MARTIN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/laethem-saint-martin/