RUSKIN JOHN (1819-1900)

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Écrivain, critique d'art et réformateur social, Ruskin eut une influence considérable sur le goût de l'Angleterre victorienne et s'opposa aux doctrines économiques de l'école de Manchester. Dans ses ouvrages sur l'économie, la violence et l'amertume sont souvent comparables à celles de Swift. Ses réflexions sur l'art furent accueillies avec enthousiasme et respect ; sa critique sociale souleva, en revanche, une réprobation mêlée de crainte. Professeur d'art à Oxford, il partagea son temps entre l'enseignement et le mécénat.

Rossetti et Ruskin

Rossetti et Ruskin

Photographie

Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), peintre et poète britannique (à droite) et John Ruskin (1819-1900), écrivain et critique d'art britannique, vers 1863. 

Crédits : Hulton Getty

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La sensibilité de Ruskin trouve son expression dans un style solennel et orné, aux cadences oratoires. De puissantes affinités électives unissaient Ruskin à Proust, qui traduisit La Bible d'Amiens et Sésame et les lis. Proust décrit ainsi l'effet décisif de la révélation de Ruskin sur sa propre conception de l'art et de la vie : « Mon admiration pour Ruskin donnait une telle importance aux choses qu'il m'avait fait aimer qu'elles me semblaient chargées d'une valeur plus grande même que celles de la vie. »

Éducation et formation

John Ruskin naquit à Londres et mourut à Brantwood, dans la région des Lacs. Ses parents, d'origine écossaise, entourèrent d'infinies précautions l'éducation de leur fils et le choix de ses maîtres. Ils lui permirent de développer son goût et son intelligence. Le père, négociant en vins, s'intéressait aux classiques anglais du xviiie siècle et à la peinture. Il aimait visiter les musées, en particulier la Dulwich Gallery et les collections privées, et fit donner à son fils des leçons par l'aquarelliste Copley Fielding. La mère, d'un puritanisme rigide, fit étudier la Bible à son fils, mais encouragea également son goût pour la musique, le dessin, l'observation de la nature. Toute sa première éducation se fit chez ses parents. Ruskin a décrit ces années de jeunesse dans sa dernière œuvre, Praeterita (Londres, 1885-1900). À partir de quatorze ans, il accompagna ses parents dans plusieurs voyages en Europe, en Flandre, sur les bords du Rhin, dans la Forêt-Noire, et dans les Alpes. [...]



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Pour citer l’article

Pierre GEORGEL, Claude JACQUET, « RUSKIN JOHN - (1819-1900) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/john-ruskin/