KNOX JOHN (1513 env.-1572)

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Réformateur écossais, un des fondateurs du presbytérianisme. La date de sa naissance, près de Haddington, sur la Tyne, est encore discutée : on la fixait anciennement à l'année 1505 et l'on penche aujourd'hui pour 1513 ou 1514. Après avoir étudié à Glasgow, à Saint Andrews (1529), puis, pour la théologie, à Saint Salvator's College (1531-1535), John Knox est ordonné en 1536. Il est pendant quelque temps notaire à Haddington, puis précepteur. Knox est témoin des premiers mouvements populaires de réforme qui surviennent après la mort de Jacques V (1542), durant la régence du comte d'Arran, marquée notamment par l'autorisation de la lecture de la Bible en langue vulgaire. Il entend la prédication de George Wishart, supplicié en mars 1546. Lié aux nobles écossais responsables de l'assassinat du cardinal Beaton, favorable aux Français, il est, après la chute du château de Saint Andrews, prisonnier de ceux-ci et galérien (juill. 1547-mars 1549). Libéré, il part pour l'Angleterre et se met à prêcher à Berwick, où il rencontre sa future femme Marjory Bowes, puis à Newcastle (1551) et à la cour (1552). À Londres, en 1552 et 1553, il apparaît comme le chef « de l'aile gauche non anabaptiste du protestantisme », au moment de la rédaction du Second Prayer Book. Après la mort d'Édouard VI et à la suite des troubles qui marquent le début du règne de Marie Tudor, il fuit en France (à Dieppe, en janv. 1554), puis se rend à Genève, à Lausanne, à Zurich.

Les lettres et pamphlets qu'il rédige alors le montrent attentif à ce qui se passe en Écosse, violemment anticatholique, mais aussi critique à l'égard de l'Église d'Angleterre. Il précise sa réflexion personnelle sur le droit de révolte contre un souverain catholique. Prédicateur de la communauté anglaise à Francfort-sur-le-Main (nov. 1554-mars 1555), il est pris à partie lors de discussions concernant l'observance du Book of Common Prayer. Après un bref séjour à Genève (avr.-sept. 1555), il revient une première fois en Écosse. Mais, lorsque la régente Marie de Lorraine abandonne sa politique conciliante à l'égard des protestants, Knox retourne auprès de la communauté anglaise de Genève (juill. 1556). Il fait une nouvelle tentative de retour en Écosse (nov. 1557), mais sans succès, car les nobles qui s'engagent sur le Covenant du 3 décembre 1558 ne sont pas unanimement prêts à l'accueillir. Revenu à Genève, il écrit beaucoup, notamment The First Blast of the Trumpet Against the Monstrous Regiment of Women, The Appellation [...] to the Nobilitie, Estates and Communaltie...

Le 2 mai 1559, Knox débarque en Écosse, prêche (à Perth, à Saint Andrews), entreprend la rédaction de son ouvrage The History of the Reformation of Religion within the Realm of Scotland. Il vise à une réforme globale de l'Église et des institutions, en référence à Genève ; mais, lors du soulèvement des nobles, son influence auprès d'eux paraît s'effriter. La mort de la régente permet au Parlement d'adopter une Confession de foi écossaise (17 août 1560), rédigée par Knox et ses collègues, et de décréter l'abolition du catholicisme (24 août), remplacé par le protestantisme comme religion d'État. Le 27 janvier 1561, l'Assemblée de l'Église écossaise adopte un Livre de discipline ; Knox rédige un traité théologique sur la prédestination. Par la suite, il s'oppose toujours plus durement à la reine Marie Stuart, à sa pratique catholique, au mode de vie de la cour. Impliqué dans le meurtre de Riccio, le secrétaire de la reine (9 mars 1566), il part de nouveau pour l'Angleterre. Le meurtre de lord Darnley, le remariage de Marie Stuart avec Bothwell entraînent un nouveau soulèvement des nobles et la chute de la reine, dont Knox demande le châtiment. L'évasion de Marie Stuart et la guerre civile de 1570 divisent les Églises. Knox s'est rangé du côté des King's Lords. En juillet 1571, il prêche de nouveau à Saint Andrews, rédige ses derniers pamphlets et meurt l'année suivante.

Un des premiers prédicateurs de la Réforme en Angleterre et en Écosse, partenaire difficile des nobles écossais, se rendant souvent insupportable aux Anglais et à leurs reines, durcissant les affirmations de la théologie calvinienne, jaloux d [...]

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Écrit par :

  • : professeur à la faculté protestante de théologie de Strasbourg

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Pour citer l’article

Bernard ROUSSEL, « KNOX JOHN (1513 env.-1572) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/john-knox/