HALDANE JOHN BURDON SANDERSON (1892-1964)

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Le nom de John Burdon Sanderson Haldane reste principalement associé au développement de la génétique des populations, des années 1920 à 1940, au côté de Ronald Fisher et Sewall Wright.

Haldane appartient à une famille aristocrate et intellectuelle écossaise, qui compte plusieurs biologistes dont son propre père John Scott Haldane. Lors de la Première Guerre mondiale, il s'engage dans la Garde noire écossaise et est blessé deux fois. Après la guerre, il achève ses études à Oxford, obtient un poste à l'université de Cambridge puis à l'University College où il fait l'essentiel de sa carrière.

Haldane développe une théorie mathématique rendant compte de la composition génétique des populations. Il s'agissait d'unifier les résultats obtenus par la génétique mendélienne avec la théorie de l'évolution darwinienne afin d'expliquer les mécanismes de la sélection et de l'adaptation. Dans les années 1930, la plupart des biologistes adhérait à la théorie de l'évolution, mais doutait que des mutations apparues au hasard puissent être à l'origine de l'adaptation. Les travaux de Fisher, de Wright et de Haldane contribuent à démontrer que la sélection naturelle est bien la principale cause de l'évolution, et permettent à d'autres biologistes – Theodosius Dobzhansky, Julian Huxley, Ernst Mayr et George Gaylord Simpson – de formuler la théorie synthétique de l'évolution dans une série de publications parues de 1937 à 1944. On considère que le développement des théories mathématiques de la génétique des populations est un élément majeur, qui marque la résurrection du darwinisme.

On ne saurait résumer l'œuvre de Haldane à la seule génétique car il s'est intéressé à de nombreux champs de la biologie, comme la physiologie ou la biochimie : il contribue ainsi à la formulation d'une théorie mathématique expliquant l'action des enzymes.

Il est difficile de séparer l'œuvre scientifique de Haldane de son engagement politique : la violence de la Première Guerre mondiale puis son expérience durant la guerre d'Espagne le conduisent à un engagement politique plus radical. Il adhère au Parti communiste britannique en 1942, et en sera l'un des cadres dirigeants. Pour lui, non seulement la science doit influencer le reste de la société (notamment le traitement des questions politiques), mais la dialectique doit être aussi une source d'inspiration pour les chercheurs.

Il multiplie les publications de vulgarisation scientifique durant toute sa vie, notamment dans le quotidien du Parti communiste, le Daily Worker, des articles qui ont fait l'objet de réédition en recueil. Pour Haldane, cette œuvre de vulgarisation est nécessaire pour que les citoyens puissent comprendre les recherches en cours alors qu'elles ne font souvent l'objet d'aucune publicité.

La consécration de l'agronome soviétique Trofim Lyssenko et la condamnation de la génétique en 1948 en U.R.S.S. lui font quitter discrètement le Parti communiste sans pour autant abandonner ses convictions marxistes. Après bien des hésitations, Haldane refuse de suivre les injonctions du Parti qui lui demandent de défendre Lyssenko, et il finit même par le dénoncer publiquement. On lui a beaucoup reproché ses atermoiements face au charlatanisme de Lyssenko, un comportement partagé par d'autres biologistes occidentaux sympathisants communistes.

En 1957, il quitte le Royaume-Uni pour l'Inde pour un ensemble de raisons, en particulier la politique de neutralité de Jawaharlal Nehru à l'égard de deux blocs dominants. Naturalisé Indien en 1961, il fonde un institut de recherche en génétique à Bhunbaneswar qu'il dirige jusqu'à sa mort.

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  • : docteur en sciences de l'environnement, historienne des sciences et de l'environnement, chercheuse associée au laboratoire SPHERE, CNRS, UMR 7219, université de Paris-VII-Denis-Diderot

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Pour citer l’article

Valérie CHANSIGAUD, « HALDANE JOHN BURDON SANDERSON - (1892-1964) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/john-burdon-sanderson-haldane/