EXOBIOLOGIE

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Quelle est l'origine de la vie sur Terre ? Les processus qui ont permis son apparition ont-ils pu se produire ailleurs ? Sinon, sommes-nous seuls dans l'Univers ? Avec le développement de l'exploration spatiale, ces questions sont devenues le thème central d'un nouveau domaine de recherche, l'exobiologie. En effet, dès les premières missions Apollo ayant atteint la surface lunaire, en 1969, les scientifiques ont été directement confrontés au problème de l'éventualité d'une vie extraterrestre. C'est à cette époque que l'étude des possibilités de vie ailleurs que sur la Terre est entrée officiellement dans le domaine scientifique. C'est à cette même époque que le généticien américain Joshua Lederberg, Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1958, a forgé le mot exobiology pour désigner la recherche et l'étude de la vie en dehors de notre planète. Ce terme englobe désormais tout ce qui concerne l'étude de la vie dans l'Univers. Plus précisément, il s'agit de l'étude des origines, de la distribution et de l'évolution de la vie et des structures et processus qui y sont associés dans l'Univers. Soulignons que de nouveaux vocables sont apparus : tout d'abord, bioastronomie – qui désigne presque le même domaine, avec cependant une vision plus astrophysique –, puis astrobiologie – qui englobe le futur de la vie, mais est aussi un quasi-synonyme.

Les approches suivies dans ce vaste domaine, largement pluridisciplinaire, sont nombreuses. L'une des plus importantes, et qui a sans doute été la plus fructueuse jusqu'à présent, est très indirecte, mais essentielle pour pouvoir appliquer l'exemple biologique terrestre à d'autres environnements : il s'agit d'étudier la vie sur Terre et, plus particulièrement, ses origines et ses propriétés dans des conditions extrêmes. Une autre approche, beaucoup plus directe mais très spéculative, prend précisément comme hypothèse que tout ce qui s'est passé sur Terre s'est produit ailleurs et que nous pouvons envisager qu'il y a dans notre Galaxie d'autres civilisations intelligentes ayant développé des technologies au moins égales à la nôtre. Recherchons donc leurs signaux, en particulier ceux qui utilisent les ondes électromagnétiques, pour les détecter ; il s'agit de l'approche S.E.T.I. (Search for Extraterrestrial Intelligence). Enfin, une troisième approche, tout aussi directe mais moins spéculative, et, surtout, beaucoup plus systématique, consiste à rechercher ailleurs des traces de vie primitive ou de processus d'intérêt biologique, en étudiant des objets extraterrestres, soit par analyses in situ, soit par mesures à distance.

Mais de quelle vie s'agit-il ? Et tout d'abord, comment définir la vie ? Le seul exemple que nous connaissions pour l'instant – la vie terrestre – nous permet de la caractériser par un ensemble de propriétés dont la présence simultanée est spécifique du vivant : autoreproduction, évolution et mutation, complexité (avec un très haut niveau d'information contenue) et homéostasie (autorégulation face aux contraintes du milieu extérieur). De plus, c'est une vie fondée sur la chimie du carbone et utilisant l'eau liquide qui semble la plus probable. Les propriétés chimiques et physico-chimiques des molécules carbonées et celles de l'eau liquide, ainsi que leur abondance dans l'Univers sont les principaux arguments invoqués pour cette hypothèse réductrice.

Caractéristiques des planètes

Tableau : Caractéristiques des planètes

Caractéristiques des planètes et de certains satellites du système solaire (d'après F. Raulin et al., 1997). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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L'exobiologie dans le système solaire

Météorites et micrométéorites

Jusqu'à la mission Apollo-11, en 1969, les seuls échantillons de matière extraterrestre dont nous disposions étaient les météorites. Parmi celles-ci, les chondrites carbonées contiennent des quantités notables de carbone – jusqu'à plusieurs pour-cent –, dont une partie est constituée de matière organique complexe. L'analyse de ces météorites n'a pas permis de détecter de système vivant extraterrestre, bien que l'analyse, en 1996, de l'une des météorites SNC (ainsi nommées d'après les types de météorites Shergotty, Nahkla et Chassigny), considérées comme provenant de la planète Mars, suggère qu'elle renferme des traces de la présence d'une vie microscopique martienne. Si cette interprétation est très contestée, tout en ne pouvant être totalement rejetée, il est en revanche parfaitement établi que les chondrites carbonées contiennent de nombreux composés [...]

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Caractéristiques des planètes

Caractéristiques des planètes
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Conquête de Mars

Conquête de Mars
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Site de Viking-1 sur Chryse Planitia

Site de Viking-1 sur Chryse Planitia
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Site de Viking-2 sur Utopia Planitia

Site de Viking-2 sur Utopia Planitia
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Écrit par :

  • : professeur des Universités, président de la Société française d'exobiologie

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Pour citer l’article

François RAULIN, « EXOBIOLOGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/exobiologie/