HÉMATITE ou OLIGISTE

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Oxyde de fer, l'hématite, encore appelée oligiste, est un minéral très répandu à la surface de la Terre et son identification est aisée. Elle présente un éclat métallique noir avec des reflets rouges caractéristiques et, surtout, elle donne, lorsqu'elle est rayée à la lime, une poudre rouge qui permet de la distinguer sans ambiguïté des autres minéraux lui ressemblant. Ses cristaux sont trapus et le plus souvent aplatis, ou lamellaires et enchevêtrés se disposant parfois comme les pétales d'une rose d'où l'appellation de « rose de fer » (ou « hématite micacée »), par analogie avec l'aspect de la « rose des sables » du gypse. L'hématite apparaît aussi en masses concrétionnées : soit pisolitiques, oolithiques, fibreuses ou réniformes dans des gangues terreuses ou argileuses rouges et meubles – elle donne l'ocre rouge – ; soit en rognons mamelonnés plus informes que ceux de la marcassite qui, eux, sont le plus souvent sphériques.

formule : Fe2O3 ;

système : rhomboédrique, classe holoédrique ;

dureté : 5 - 6,5 ;

poids spécifique : 4,9 - 5,3 ;

éclat : de submétallique à métallique ;

transparence : opaque (transparente rouge si elle est taillée en lame mince) ;

cassure : conchoïdale, irrégulière, fibreuse.

La principale caractéristique de l'hématite – sa couleur rouge sang à la rayure – se retrouve dans l'étymologie de son nom, qui signifie sanguine, alors que son synonyme, oligiste (du grec oligos, peu), a été donné par le minéralogiste français René Just Haüy pour souligner une plus faible teneur en fer (69,9 p. 100) que celle de la magnétite (72,4 p. 100). Toutefois, en raison de l'importance en quantité de ses gisements, l'hématite est le principal minerai de fer.

Les formes cristallines de l'hématite varient avec la température : les cristaux sont d'autant plus aplatis que celle-ci est basse allant des formes lamellaires (basse température), lenticulaires ou tabulaires, à bipyramidées (haute température). La maille cristalline des bipyramides est simple : une base triangulaire commune que dessinent trois atomes d'oxygène (O2—), les deux sommets opposés des pyramides occupés chacun par un atome de fer (Fe3+), l'ensemble Fe2O3 étant donc neutre et garantissant à l'hématite une stabilité sur une large plage de température et de pression. Toutefois, avec l'augmentation de la température, les ions ferriques Fe3+ sont remplacés progressivement par des ions ferreux Fe2+, l'hématite se transformant alors peu à peu en magnétite (Fe3O4). En fait, il est plus juste de considérer une série continue entre l'hématite pure et la magnétite pure (à partir de 1 000 0C) dont la formule générique peut s'écrire [Fe23+, Fe32+]Ox2—x peut prendre les valeurs 3 ou 4.

Si l'hématite est un minéral fréquent, c'est qu'elle peut apparaître dans les trois types de genèse pétrographique : sédimentaire, magmatique et métamorphique. Dans les sites sédimentaires, elle se présente sous forme oolithique, pisolithique ou concrétionnée, en recristallisant partiellement la limonite ou d'autres oxydes de fer au cours de la diagenèse. Elle est responsable de la coloration de nombreux sédiments, comme les argiles où elle donne l'ocre rouge ou terre de Sienne brûlée. Minéral accessoire des roches magmatiques (granites, rhyolites, trachytes, syénites), l'hématite apparaît soit isolée dans la pâte microlithique des roches volcaniques, soit isolée sous forme de micrograins dans la structure grenue des roches plutoniques, soit encore en inclusions dans les phénocristaux. Ainsi, le fameux granite rose de Baveno en Lombardie (Italie) doit sa coloration à de minuscules cristaux d'hématite inclus dans les gros cristaux d'orthose. L'hématite s'exprime aussi dans les filons hydrothermaux post-tardifs des intrusions magmatiques alcalines ainsi qu'à la sortie de bouches fumerolliennes comme celles du Vésuve ou celles du Sromboli. Enfin, l'hématite, en gîtes métamorphiques, peut constituer des lits massifs noirs dans des schistes résultant de formations sédimentaires métamorphisées, ou apparaître dans les auréoles de contact consécutives à des intrusions magmatiques.

Il serait vain de citer tous les gîtes de l'hématite tant ils sont nombreux. Pour la production industrielle de fer, les sites les p [...]

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  • : docteur en sciences de la Terre, concepteur de la collection La Science au présent à la demande et sous la direction d'Encyclopædia Universalis, rédacteur en chef de 1997 à 2015

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Pour citer l’article

Yves GAUTIER, « HÉMATITE ou OLIGISTE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hematite-oligiste/