GRÈCEDe la Grèce byzantine à la Grèce contemporaine

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique hellénique (GR)
Chef de l'ÉtatEkaterini Sakellaropoulou (depuis le 13 mars 2020)
Chef du gouvernementKyriakos Mitsotakis (depuis le 8 juillet 2019)
CapitaleAthènes
Langue officiellegrec

Le développement d'une conscience nationale dans l'hellénisme qui se dégage progressivement de l'idée impériale byzantine d'abord, puis de l'œcuménisme chrétien du patriarcat de Constantinople, peut être considéré comme la principale tendance d'une longue période pendant laquelle le vieux peuple hellène se transforme en une nation moderne.

Grèce : drapeau

Dessin : Grèce : drapeau

Grèce (1970). Neuf bandes horizontales bleues et blanches, avec une croix blanche (symbole de la foi chrétienne) inscrite dans le canton carré bleu. Les couleurs sont celles de la Bavière, dont le prince Otton fut premier roi de Grèce en 1832. Quant au nombre de bandes, ce serait en grec... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Miné de l'intérieur par les luttes intestines à caractère politique et social, l'Empire byzantin n'a pas pu résister aux attaques conjuguées de l'Orient islamique, de l'Occident chrétien et des peuples qui lui étaient soumis jusqu'alors et qui, l'un après l'autre, se séparèrent de lui et créèrent des États indépendants, noyaux des futurs États nationaux des Balkans.

La réaction de l'hellénisme à l'occupation franque après la prise de Constantinople par les Croisés (1204) et à la pénétration de l'Occident dans l'économie de l'Orient favorisait la formation d'une conscience nationale. Les États grecs qui, échappant à l'occupation, organisèrent la résistance contre l'occupant, l'État d'Épire et l'État de Nicée, puis l'Empire reconstitué avec la reconquête de Constantinople par les Paléologues, peuvent être considérés, en fait, comme des formations politiques à caractère national grec.

Tous ces États, comme les autres États balkaniques, succombèrent à la poussée des Ottomans qui, à partir du xve siècle, fondèrent le grand Empire ottoman. C'est dans le cadre de ce nouvel Empire que l'hellénisme s'efforça de sauvegarder son identité nationale et de retrouver son indépendance.

L'adaptation aux nouvelles conditions, l'organisation interne de la nation, la résistance active contre les occupants (mouvement paysan spontané avec la formation des bandes de rebelles, les Kleftes, soulèvements tout au long des xvie, xviie et xviiie siècles à l'occasion des guerres que livrèrent les puissances occidentales et la Russie aux Ottomans), ont permis aux Grecs d'atteindre cet objectif.

En effet, profitant des marges d'autonomie administrative (civile et religieuse) laissée aux non-musulmans par le système ottoman, les Grecs réussirent à élaborer une auto-administration de plus en plus perfectionnée. Aussi, participant à l'intense activité commerciale des Occidentaux en Orient finirent-ils par accumuler des richesses importantes et, surtout à partir du xviiie siècle, par prendre en main une part des activités économiques de l'Empire (commerce et navigation).

La formation d'une bourgeoisie mercantile grecque, à caractère encore précapitaliste, en contact avec l'Occident, contribua à renforcer le mouvement de résistance qui déjà à plusieurs reprises avait revêtu diverses formes, et à répandre chez les Grecs l'idéologie nationale, dominante dans la bourgeoisie occidentale. La solution révolutionnaire du problème national grec apparaît pour la première fois avec la guerre d'indépendance de 1821 et la création d'un petit État indépendant, mais protégé par les grandes puissances de l'époque, la Russie, la France, l'Angleterre.

Les efforts pour équilibrer la vie politique, efforts qui reflètent les transformations progressives des rapports entre les divers groupes sociaux de la nation (anciens notables, éléments bourgeois et petits bourgeois, paysannerie et éléments populaires des centres urbains), caractérisent la vie politique intérieure de l'État grec.

Cette évolution politique est aussi fortement conditionnée par la question nationale : libérer du joug étranger les pays grecs qui restaient en dehors des frontières exiguës du premier royaume grec avait été le dessein dominant du peuple grec jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale. Comme en raison des circonstances historiques il était difficile de fixer les frontières nationales de l'hellénisme qui s'était diffusé dans les Balkans et en Asie mineure, cette visée se traduisait par une reconstitution de l'Empire byzantin et prenait l'aspect d'une politique irrédentiste connue sous le nom de « grande idée », qui se heurtait aux aspirations nationales analogues des autres peuples balkaniques et, bien entendu, au mouvement national turc qui se développa à partir du début du xxesiècle.

Par ailleurs, la situation créée dans la question d'Orient par les rivalités des puissances protectrices, dont l'ingérence dans les affaires grecques constituait, dès la création de l'État grec, un facteur déterminant, contribuait puissamment aux distorsions qu'on constate dans l'évolution de la politique intérieure et extérieure de la Grèce.

La période qui va du début du xixe siècle au premier quart du xxe siècle se caractérise par la lutte, tantôt diplomatique, tantôt armée, contre l'Empire ottoman ou contre les États balkaniques pour abolir l'Empire et le remplacer par une série d'États nationaux, y compris un État national turc avec des frontières qui pourraient garantir un équilibre territorial dans cette région instable.

Après la Première Guerre mondiale et à la suite du désastre militaire que la Turquie lui avait infligé en Asie mineure (1922), la Grèce dut abandonner la politique de la « grande idée » et la remplacer par une politique d'entente de plus en plus large avec tous ses voisins.

Sur le plan intérieur, un déséquilibre politique à interférences sociales de plus en plus profondes marque l'entre-deux-guerres ; il se prolonge et s'aggrave avec les conséquences de la Seconde Guerre mondiale, de l'Occupation, de la Résistance et de la guerre civile jusqu'en 1974. Avec la chute de la dictature militaire de 1967-1974 et le retour à la démocratie, la vie politique grecque retrouve son cours normal.

Vers la Grèce moderne : l'hellénisme, fondement de l'Empire byzantin

Le déplacement du centre administratif en Orient à partir de Dioclétien, surtout à partir de la fondation de Constantinople érigée par Constantin en deuxième capitale (330), assurera à cette partie de l'Empire la prééminence politique. D'autre part, la régionalisation progressive amorcée par les réformes de ces deux empereurs (tétrarchie, création de diocèses groupant plusieurs provinces, de préfectures coiffant les diocèses) aboutira au partage de 364 entre les successeurs de Constantin, contribuant à renforcer la cohésion de chacune des régions ainsi créées, en même temps qu'à accentuer le particularisme de chacune des deux parties de l'Empire.

Certes, l'Empire romain restera pendant trois siècles encore constitutionnellement un et indivisible en théorie, mais, dans les faits, sa partie orientale forme d'ores et déjà une entité politique à part, et, tandis que les barbares envahissent l'Occident et mettent fin à l'Empire (476) pour créer à la longue l'Europe occiden [...]

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Grèce : drapeau

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Otton Ier de Grèce

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Grèce moderne : formation territoriale

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Exode grec d'Asie Mineure, 1922

Exode grec d'Asie Mineure, 1922
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Écrit par :

  • : docteur en droit, maître de conférences honoraire à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense
  • : professeur agrégé à l'université d'Ottawa, Canada
  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (IVe section)

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Pour citer l’article

Jean CATSIAPIS, Dimitri KITSIKIS, Nicolas SVORONOS, « GRÈCE - De la Grèce byzantine à la Grèce contemporaine », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/grece-de-la-grece-byzantine-a-la-grece-contemporaine/