GLYCUROCONJUGAISON

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La conjugaison d'un certain nombre de substances avec l'acide glycuronique ou glucuronique — ou glycuroconjugaison — constitue un des processus de détoxication très répandu dans l'organisme. C'est sous cette forme que phénols et dérivés phénoliques, alcools aromatiques et terpéniques, acides, alcaloïdes sont excrétés dans l'urine. L'union se fait entre, d'une part, l'oxhydryle semi-acétalique de l'acide glucuronique et soit un oxhydryle phénolique ou alcoolique avec formation d'une liaison osidique, soit un carboxyle avec formation d'une liaison ester, d'autre part.

Le système qui permet la glycuroconjugaison met en œuvre l'acide uridine-diphosphate glucuronique ou UDPGA. La biogenèse de ce facteur s'effectue en deux temps :

– action de l'uridine triphosphate (UTP) sur le glucose 1-phosphate avec formation d'uridine-diphosphate glucose (UDPG) et d'acide pyrophosphorique (P-P) ;

– déshydrogénation de l'UDPG en présence de NAD+ et d'une UDPG déshydrogénase.

Ce composé agit alors en présence de glucuronyl transférase (enzyme localisée dans les microsomes hépatiques) sur le phénol ou l'alcool pour donner le conjugué (glucuronoside) et l'UDP.

La glycuroconjugaison augmente la solubilité des stéroïdes dans l'eau et permet ainsi leur élimination. Elle entraîne aussi la disparition de l'activité hormonale.

En outre, la bilirubine, qui provient de la dégradation de l'hémoglobine, est insoluble dans l'eau. Le foie assure son élimination après conjugaison avec deux molécules d'acide glucuronique sous forme de diglucurone-bilirubine, soluble.

Les déficits de la glycuroconjugaison s'accompagnent d'ictères : soit par immaturité du système enzymatique (ictère physiologique du nouveau-né) ; soit par inhibition des enzymes (probablement de la glucuronyl transférase) par un antibiotique, la novobiocine ; soit par déficit enzymatique génétique (syndrome de Crigler-Najjar).

—  Geneviève DI COSTANZO

Écrit par :

Classification


Autres références

«  GLYCUROCONJUGAISON  » est également traité dans :

FOIE

  • Écrit par 
  • Jean ANDRE, 
  • Jacques CAROLI, 
  • Yves HECHT
  •  • 15 671 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Étape hépatique de l'excrétion de la bilirubine »  : […] Cette étape d'excrétion comprend en réalité trois temps, l'altération de chacun d'eux pouvant être cause d'ictère. 1. Temps de captation hépatocytaire : le franchissement de la membrane de l'hépatocyte par la bilirubine est mal connu (il est possible que quelques-unes des maladies de Gilbert soient dues à une altération de cette captation). 2. Temps de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/foie/#i_123

MALADIES MOLÉCULAIRES

  • Écrit par 
  • Jean-Claude DREYFUS, 
  • Fanny SCHAPIRA
  •  • 6 771 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les méthodes d'étude des anomalies »  : […] Ces méthodes sont nombreuses et visent à reconnaître l'enzymopathie puis à en analyser les caractères. Le premier temps est celui d'identification : il reconnaît le déficit par un dosage de l'enzyme soit dans les tissus, soit dans le sérum, plus facile d'accès, mais qui souvent ne reflète qu'imparfaitement l'activité tissulaire. S'il existe une activité résiduelle, on en analysera les caractères c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maladies-moleculaires/#i_123

Pour citer l’article

Geneviève DI COSTANZO, « GLYCUROCONJUGAISON », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/glycuroconjugaison/