MAMMAIRE GLANDE

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Caractéristique des mammifères, la glande mammaire sécrète le lait indispensable à la nutrition des jeunes. Elle se développe à partir de deux crêtes embryonnaires épiblastiques qui s'étendent ventralement de la région axillaire à l'aine. Chez l'homme, cette crête se résorbe ensuite, sauf dans la région pectorale où elle donne naissance à des bourgeons ectodermiques qui se creusent en canaux et en alvéoles sécrétrices, ou acini. Les canaux, qui sont dits galactophores, débouchent au niveau du mamelon, zone conique formée par un stroma conjonctif dense recélant des fibres musculaires, circulaires et radiées, permettant l'érection. La glande proprement dite reste atrophique chez l'homme (sauf syndrome de gynécomastie) et elle se développe chez la femme dès la puberté par suite de la prévalence de l'équilibre endocrinien gonadohypophysaire qui s'instaure à ce moment. Elle associe, en proportions variables, une charpente conjonctive, le tissu glandulaire et du tissu adipeux qui se mettent en place sous la peau de la région pectorale ; celle-ci va donc être soulevée par les globes des seins qui se développent, centrés par les mamelons correspondants. La vascularisation est assurée par les branches « perforantes » de l'artère mammaire interne, et par des rameaux des artères intercostales et de l'axillaire. Il existe un réseau veineux superficiel et des lymphatiques rassemblés en un réseau sous-aréolaire drainé par des collecteurs gagnant le creux axillaire, et en un réseau profond qui communique avec une chaîne lymphatique mammaire interne et atteint les ganglions sus et sous-claviculaires.

La glande mammaire réagit aux modifications du taux des stéroïdes sexuels. Pendant le cycle menstruel, la folliculine et la progestérone stimulent respectivement le développement des canaux et ceux des acini ; le volume des seins est maximal au stade précédant la menstruation ; il diminue pendant les règles. Si la femme est enceinte, l'augmentation du tissu mammaire continue à s'accroître sous l'influence des œstrogènes provenant du placenta fœtal. Une sécrétion lactéale commence alors à se produire (cinquième mois de la grossesse) et après l'accouchement on assiste à une « montée laiteuse » abondante. On peut l'enrayer par compression du thorax sous bandages. Mais normalement, la production du lait, qui a été déclenchée alors par des hormones stimulantes hypophysaires (prolactine pour la sécrétion, ocytocine pour l'excrétion), va se poursuivre pendant plusieurs mois, entretenue par les excitations sensitives réalisées pendant la tétée. La succion du mamelon par le nourrisson semble stimuler l'hypothalamus et par là l'hypophyse, qui met en circulation les hormones qui stimulent la lactation. Au niveau cellulaire, le lait apparaît sous forme de gouttelettes dans le cytoplasme des cellules sécrétrices mammaires. Elles rassemblent des granules lipidiques d'origine ergastoplasmique et des granules protéiques d'origine golgienne. L'expulsion des gouttelettes a lieu sans amputer le cytoplasme : la sécrétion est dite mérocrine.

Symbole de maternité, le sein est aussi, et peut-être surtout, symbole de féminité. Il donne à la silhouette son galbe et il en souligne la séduction. Or son développement est volontiers capricieux, ce qui n'est pas sans conséquences psychologiques. Pour pallier cet inconvénient, au-delà de pratiques empiriques souvent peu efficaces, on a depuis plusieurs décennies recours au remodelage et à la plastie chirurgicale du sein à des fins esthétiques. La pathologie du sein, en dehors des syndromes infectieux, relativement diffus (mastites) ou localisés (abcès) est essentiellement une pathologie tumorale. Les tumeurs bénignes (adénofibromes et kystes) sont fréquentes et décelables à la palpation. Il faut souligner l'importance d'une autodétection de toute formation tumorale mammaire, car c'est le plus tôt possible qu'il faut traiter les tumeurs malignes (épithéliomas). Après contrôle éventuel (mammographie, thermographie) toute grosseur suspecte, même indolore, apparue dans le tissu mammaire, doit être extirpée et soumise à biopsie. La présence de cellules malignes imposera l'ablation de la glande et des chaînes ganglionnaires lymphatiques. Ce traitement, prolongé par la radiothérapie (notamment sur les territoires ganglionnaires), la chimiothérapie antimitotique et l'hormonothérapie par anti-œstrogènes, assure un pourcentage très élevé de guérisons complètes. Le dépistage précoce systématique est techniquement possible grâce aux progrès de la radiologie du sein qui met en évidence le stade prétumoral sous forme d'images punctiformes groupées en nuages caractéristiques.

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Didier LAVERGNE, « MAMMAIRE GLANDE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/glande-mammaire/