FRANCE (Le territoire et les hommes)Géologie

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Provence

La Provence, successivement royaume puis comté, constitue une unité au point de vue de l'histoire et de la langue ; mais, du point de vue géologique, la haute Provence, située au nord de l'axe Durance-Verdon, appartient aux Alpes (on dit d'ailleurs souvent « Alpes de Provence ») ; seule la basse Provence, au sud, est la Provence au sens géologique du terme ; elle correspond essentiellement aux deux départements des Bouches-du-Rhône et du Var.

C'est de la basse Provence qu'il s'agira ici. On y oppose deux grandes régions naturelles en fonction de la constitution géologique (fig. 15 et 16) :

Provence : esquisse géologique

Dessin : Provence : esquisse géologique

Esquisse géologique de la provence (d'après J. Aubouin et G. Mennessier, 1963, modifié). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Provence occidentale

Diaporama : Provence occidentale

Coupe complète de la Provence occidentale, de la région de Toulon à la basse Durance (d'après J. Aubouin et G. Mennessier, 1963). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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– la basse Provence cristalline, formée par les schistes cristallins et granites du socle primaire ; elle comprend les petits massifs toulonnais, le massif des Maures entre Toulon et Saint-Raphaël, le massif du Tanneron à l'ouest de Cannes ;

– la basse Provence calcaire, formée des terrains sédimentaires secondaires et tertiaires où prédominent les calcaires ; on y distingue aisément une Provence calcaire méridionale, au relief accentué, caractérisée par les abruptes falaises blanches des calcaires urgoniens qui en forment les sites les plus pittoresques (calanques de Marseille, calanques de Cassis, chaîne de la Sainte-Baume), et une Provence calcaire septentrionale, au relief plus doux, caractérisée par ses dépressions cultivées aux terrains rouges du Crétacé supérieur et du Tertiaire, dominées par de modestes reliefs de calcaires jurassiques couverts de bois de pins.

La Provence cristalline et la Provence calcaire sont séparées par une dépression qui ceinture le massif des Maures de Toulon à Saint-Raphaël et qui est déblayée dans les schistes et grès rouges du Permien. On l'appelle communément « dépression permienne » (fig. 17).

Couverture provençale à la périphérie des Maures

Dessin : Couverture provençale à la périphérie des Maures

Schéma du décollement de la couverture provençale à la périphérie du massif des Maures 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Stratigraphie et paléogéographie

Le socle (fig. 16) est formé d'une série de terrains métamorphiques (gneiss, micaschistes, phyllades) dont les termes les moins transformés ont livré, en un point (près d'Hyères), quelques Graptolithes, seuls fossiles connus dans cet ensemble. Des granites intrusifs, certainement hercyniens, les traversent : granite du plan de la Tour dans le massif des Maures, granite du Rouet dans le massif du Tanneron. Le tout est recouvert, en discordance, par des terrains houillers, du Carbonifère supérieur (Stéphanien), continentaux, formant un certain nombre de bassins tels celui du plan de la Tour dans le massif des Maures ou celui du Reyran dans le massif du Tanneron.

Provence occidentale

Diaporama : Provence occidentale

Coupe complète de la Provence occidentale, de la région de Toulon à la basse Durance (d'après J. Aubouin et G. Mennessier, 1963). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La couverture sédimentaire (fig. 16) commence par le développement d'une puissante série permienne continentale de grès et de schistes rouges accumulés parfois sur 2 000 m ou même davantage, dans laquelle sont intercalées d'épaisses séries volcaniques à prédominance rhyolitique qui forment les sites fameux de l'Esterel à l'extrémité orientale de la « dépression permienne ».

Provence occidentale

Diaporama : Provence occidentale

Coupe complète de la Provence occidentale, de la région de Toulon à la basse Durance (d'après J. Aubouin et G. Mennessier, 1963). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Le Trias, de faciès « germanique », comporte deux niveaux de gypse, l'un sous les calcaires du Trias moyen, l'autre dans le Trias supérieur.

Pendant le Jurassique et le Crétacé inférieur, la Provence représente le bord méridional de la mer alpine, caractérisé par des faciès néritiques où prédominent les calcaires et les dolomies (notamment dolomies du Jurassique supérieur, calcaires urgoniens du Crétacé inférieur).

À la fin du Crétacé inférieur, pendant l'Albien, la Provence connaît une émersion d'où résulte la formation de bauxites qui sont une des richesses de la région ; elles reposent sur un mur de plus en plus ancien vers le nord (Crétacé inférieur en Provence méridionale, Jurassique supérieur, voire Jurassique moyen, en Provence septentrionale), qui occupe le faîte de cet « isthme durancien » ainsi émergé en bordure sud de la mer alpine (fig. 18).

Provence au Secondaire

Diaporama : Provence au Secondaire

Schéma de l'évolution paléogéographique de la Provence au cours du Secondaire (d'après J. Aubouin et J. Chorowicz, 1967). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Le Crétacé supérieur est caractérisé par un retour de la mer, en Provence méridionale, dans un « golfe de basse Provence » qui est le fond du « golfe sous-pyrénéen » ; il s'y sédimente une alternance de terrains détritiques et calcaires jusqu'au Sénonien inférieur (fig.18) ; puis se développent des faciès lacustres (par exemple, les lignites de Fuveau) avec le retrait général de la mer à la fin du Crétacé, accentué d'ailleurs par une phase orogénique importante au Maestrichtien qui marque le début des formations continentales rouges.

Provence au Secondaire

Diaporama : Provence au Secondaire

Schéma de l'évolution paléogéographique de la Provence au cours du Secondaire (d'après J. Aubouin et J. Chorowicz, 1967). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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L'histoire du Crétacé permet ainsi d'opposer : une zone sud-provençale (Provence méridionale), où la série sédimentaire est la plus complète ; une zone nord-provençale (Provence septentrional [...]

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Contexte structural de la France

Contexte structural de la France
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Ardennes : coupe de l'Ardenne

Ardennes : coupe de l'Ardenne
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Massif central

Massif central
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Socle antéstéphanien du Massif central

Socle antéstéphanien du Massif central
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Écrit par :

  • : membre de l'Institut
  • : professeur à la faculté des sciences de Rennes
  • : professeur émérite à l'université Paul-Sabatier, Toulouse, correspondant de l'Académie des sciences
  • : professeur émérite à l'université de Paris-Sud
  • : professeur au lycée d'Aix-en-Provence
  • : ingénieur général des Mines, ancien directeur du service de la carte géologique de France
  • : professeur à la faculté des sciences, université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie
  • : doyen de la faculté des sciences de Clermont-Ferrand
  • : ingénieur géologue, chef géologue à la Société nationale Elf Aquitaine

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Pour citer l’article

Jean AUBOUIN, Jean COGNÉ, Michel DURAND-DELGA, François ELLENBERGER, Jean-Paul von ELLER, Jean GOGUEL, Charles POMEROL, Maurice ROQUES, Étienne WINNOCK, « FRANCE (Le territoire et les hommes) - Géologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/france-le-territoire-et-les-hommes-geologie/