FIÈVRE APHTEUSE

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La fièvre aphteuse tire son nom du mot grec aphthê (aphte) qui signifie brûlure et rappelle ainsi la vésicule caractéristique de la maladie. Elle est contagieuse, inoculable, due à un virus. Elle affecte les ongulés artiodactyles ou animaux à doigts pairs, qu'ils soient domestiques (bovins, porcins, ovins, caprins) ou sauvages (antilope, buffle...). Sa transmission à l'homme est tout à fait exceptionnelle.

Cette maladie est présente sur plusieurs continents ; parmi les grandes régions d'élevage, sont indemnes l'Amérique du Nord et centrale, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Europe (sauf l'épizootie majeure « accidentelle » de 2001 et quelques foyers en Angleterre.

Elle est le type même des grandes épizooties. L'importance de cette virose, le plus grand fléau de l'élevage, est essentiellement économique. En effet, si elle ne provoque que rarement la mort de l'animal, la perte de production qu'elle entraîne est considérable. Ses séquelles sont souvent graves et irréversibles ; elle se prolonge fréquemment comme la plupart des maladies virales par des complications bactériennes. Ses conséquences économiques ont conduit à envisager la lutte contre la fièvre aphteuse sur le plan mondial. La F.A.O. (Organisation pour l'agriculture et l'alimentation) a créé, en 1958, à l'Institut de recherche des maladies à virus des animaux de Pirbright (Grande-Bretagne), un laboratoire mondial de référence sur la fièvre aphteuse, reconnu officiellement, en 1960, par l'Office international des épizooties (Paris). Ces organismes sont chargés de coordonner les travaux et les mesures susceptibles d'aboutir à l'éradication de la maladie.

Historique

La fièvre aphteuse était déjà connue des anciens Grecs, mais la première épizootie décrite le fut en 1514 en Italie. En 1897, Löffler et Frosch démontrent la filtrabilité de l'agent pathogène et dégagent la notion de virus ; ils établissent dès lors l'efficacité de la séroprévention. L'étude expérimentale se poursuit grâce à l'utilisation en 1920 par Waldmann et Pape de la sensibilité du cobaye à cette maladie. Cependant, dès 1922, un grand progrès est fait lorsque Vallée et Carré prouvent qu'il y a plusieurs types antigéniques de ce virus, expliquant ainsi la possibilité d'infections successives chez un même animal. Une étape décisive est franchie par Waldmann et Köbe (1938) qui obtiennent un vaccin formolé, adsorbé et chauffé. En 1955, Sellers produit du virus en culture de cellules in vitro.

De 1958 à 1969, des études immunologiques, des études sur la structure chimique du virus, sur ses propriétés physico-chimiques et biologiques se développent. En outre, la lutte anti-aphteuse s'organise sur le plan mondial : Office international des épizooties, Organisation pour l'agriculture et l'alimentation (F.A.O.), Organisation européenne de coopération et de développement économiques (O.C.D.E.), Bureau interafricain des épizooties, Centre panaméricain de la fièvre aphteuse et enfin la Commission permanente de la fièvre aphteuse.

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Écrit par :

  • : docteur ès sciences, directeur adjoint de la Station de virologie et d'immunologie de l'Institut national de la recherche agronomique (I.N.R.A.)
  • : professeur émérite, École nationale vétérinaire d'Alfort

Classification

Autres références

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ÉPIZOOTIES

  • Écrit par 
  • Bernard TOMA
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Dans le chapitre « Propriétés de l'agent pathogène »  : […] Les épizooties sont en général des maladies aiguës, à incubation courte. Le premier facteur favorisant réside dans la brièveté de l'incubation (parfois de deux à trois jours seulement). Un organisme réceptif devient ainsi source de l'agent pathogène peu de temps après sa contamination et, par conséquent, un développement exponentiel de la maladie en un court laps de temps est favorisé. A contrario […] Lire la suite

VIROSES ANIMALES

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Dans le chapitre « Viroses bovines »  : […] Les viroses bovines ont été longtemps dominées par la fièvre aphteuse et la peste bovine. Un rotavirus, identique en sa structure immunologique à celui de l'homme, provoque chez le veau des affections diarrhéiques. La fièvre aphteuse est une maladie éruptive rarement mortelle, mais dont les conséquences économiques sont graves. Elle est provoquée par un rhinovirus. En France, la vaccination est […] Lire la suite

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Les derniers événements

3-15 août 2007 Royaume-Uni. Découverte de foyers de fièvre aphteuse dans le Surrey

fièvre aphteuse dans un élevage bovin situé près de Guildford, dans le Surrey, au sud de Londres. Le troupeau est aussitôt abattu et l'exploitation mise en quarantaine, tandis que le Premier ministre Gordon Brown interrompt ses vacances pour présider une cellule de crise. En 2001, l'épizootie de fièvre aphteuse avait conduit à l'abattage de millions […] Lire la suite

1er-28 mars 2001 Europe. Extension de l'épizootie de fièvre aphteuse

fièvre aphteuse sévissant en Grande-Bretagne. Le 2, tandis que la contagion progresse outre-Manche, des porcs d'un élevage belge situé près de Dixmude présentent de « fortes suspicions de fièvre aphteuse ». Le troupeau est abattu. Le 13, le ministère français de l'Agriculture annonce qu'un premier foyer de fièvre aphteuse a été identifié dans un élevage […] Lire la suite

21-28 février 2001 Royaume-Uni. Épizootie de fièvre aphteuse

fièvre aphteuse dans plusieurs régions du pays. Le premier cas suspect a été découvert le 19. Dans un contexte marqué par la maladie de la « vache folle », la Commission applique rapidement, et avec rigueur, le principe de précaution. La maladie est réputée très contagieuse et entraîne l'abattage systématique des troupeaux qui en sont atteints. Le  […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jacques LAPORTE, Bernard TOMA, « FIÈVRE APHTEUSE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/fievre-aphteuse/