ÉTYMOLOGIE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Problèmes et directions de recherche

Étant donné un mot d'une certaine langue, l'étymologiste, pour remonter à son étymon (mot souche, attesté ou reconstitué), doit tenir compte de plusieurs ordres de faits, constituant autant de plans de recherche applicables, selon les cas, à ce mot pris isolément ou (plus souvent) à l'ensemble lexical (« champ ») auquel il appartient. Ces plans concernent, d'une part, les conditions historiques de la transmission ; d'autre part, le maintien, au cours du temps, d'une identité formelle ; enfin, la détermination d'une identité sémantique.

La transmission d'un mot (ou d'un ensemble de mots), c'est-à-dire sa continuité au cours du temps, est l'objet d'une critique fondamentale qui, lorsqu'il s'agit (comme c'est le cas le plus général) d'examiner des témoignages écrits, relève de la philologie. On établit, sur la base de documents les plus nombreux possible, les diverses formes revêtues par le mot en question, en déterminant leur chronologie, au moins relative (antériorité de telle forme par rapport à telle autre). Il n'y a jamais, sur ce point, d'évidence : le français rêver est attesté dès le début du xiie siècle, alors que rêve apparaît à la fin du xviie siècle ; le second est donc, selon toute apparence, dérivé du premier. Au reste, l'interprétation des documents, surtout s'ils sont anciens, pose parfois de graves problèmes de lecture : ainsi, deux variantes manuscrites d'un même texte antique, médiéval ou dialectal peuvent fournir deux formes divergentes dont l'une provient peut-être d'une faute de copiste ; en revanche, une forme à première vue aberrante peut être assurée par une rime, etc. De plus, au niveau de la première apparition du mot, l'étymologiste est placé en face de trois alternatives différentes et parfois cumulées.

1. Le mot est-il héréditaire ou non ? S'il ne l'est pas, il aura été produit par dérivation, composition, abréviation, voire par création arbitraire, au moyen de moules formels qu'il convient de définir comme tels. Le critère chronologique est ici le plus employé [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 9 pages




Écrit par :

  • : ancien professeur aux universités d'Amsterdam, de Paris-VII, de Montréal

Classification


Autres références

«  ÉTYMOLOGIE  » est également traité dans :

BOPP FRANZ (1791-1867)

  • Écrit par 
  • Louis-Jean CALVET
  •  • 538 mots

Né à Mayence, Franz Bopp étudie à Paris de 1812 à 1816 (le persan, l'arabe, l'hébreu, le sanskrit), puis à Londres de 1816 à 1820. Il est le fondateur de la méthode comparative en linguistique. Son ouvrage, Le Système de conjugaison du sanscrit comparé avec celui des langues grecque, latine, persane et germanique, etc. ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/franz-bopp/#i_26359

DOLET ÉTIENNE (1509-1546)

  • Écrit par 
  • Jean-Yves POUILLOUX
  •  • 482 mots

Après avoir fait à Paris des humanités classiques très soignées, Étienne Dolet entreprend le traditionnel tour des universités européennes, notamment à Padoue, qui est l'un des centres les plus réputés de l'humanisme italien avec une forte coloration épicurienne. Après un passage à Toulouse (droit), où son éloquence fait des ravages dans les milieux estudiantins, il se fixe à Lyon auprès de l'un d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/etienne-dolet/#i_26359

FOUS LITTÉRAIRES

  • Écrit par 
  • Jean-Jacques LECERCLE
  •  • 5 640 mots

Dans le chapitre « Une rhétorique de l'excès »  : […] On pourra décrire cet excès de multiples façons. Entendu mécaniquement, par exemple, il consiste à ajouter une contrainte aux règles de la langue (par exemple, que tous les mots doivent commencer par la même lettre), ou bien à en retrancher une, par exemple en acceptant qu'un mot soit découpé en ses constituants plus d'une fois (c'est ce que pratique Brisset). Le résultat est qu'on laisse parler l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fous-litteraires/#i_26359

GRAMMAIRES (HISTOIRE DES) - Grammaire et langage dans l'Inde ancienne

  • Écrit par 
  • Pierre-Sylvain FILLIOZAT
  •  • 3 029 mots

Dans le chapitre « L'étymologie »  : […] L 'étymologie est illustrée par un auteur ancien de date incertaine (antérieure au ii e  s. av. J.-C.), Yāska, dont le Nirukta est un commentaire étymologique sur une sorte de lexique de mots védiques appelé Nighaṇṭu . L'introduction de cet ouvrage est le plus ancien texte sanskrit définissant les princ […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/grammaires-histoire-des-grammaire-et-langage-dans-l-inde-ancienne/#i_26359

GUIRAUD PIERRE (1912-1983)

  • Écrit par 
  • Jacques CELLARD
  •  • 719 mots

Décédé à Paris le 2 février 1983, Pierre Guiraud est né à Sfax (Tunisie) le 26 septembre 1912. Professeur de français, il exerce surtout à l'étranger : en Roumanie, en Hongrie, en Tchécoslovaquie, enfin en Grande-Bretagne et, plus longuement, à l'université de Groningue (Pays-Bas). Ce n'est que tardivement qu'il décide de présenter une thèse de lettres sur la poétique de Paul Valéry. Il est alors […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-guiraud/#i_26359

ISIDORE DE SÉVILLE (560 env.-636)

  • Écrit par 
  • Jacques FONTAINE
  •  • 1 355 mots

Dans le chapitre « Originalité de la culture isidorienne »  : […] Sélectionner, organiser, concentrer, rendre assimilable l'héritage de la culture hellénistique et romaine : pour réaliser ce programme, Isidore applique à toutes les connaissances quatre catégories de pensée qu'il tire des traditions de la grammaire antique. Des mots aux choses, la différence et l'analogie cernent tout objet de connaissance en le distinguant et le rapprochant des autres. La glose […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/isidore-de-seville/#i_26359

MÉNAGE GILLES (1613-1692)

  • Écrit par 
  • Bernard CROQUETTE
  •  • 794 mots

L'un de ces abbés qui occupent tant de place dans l'histoire de la littérature française au xvii e siècle. Un abbé, mais non un prêtre : il n'ira pas au-delà du sous-diaconat qu'il reçoit en 1648 ; ses confortables revenus ecclésiastiques lui permettent dès lors de donner tout son temps aux études et aussi, plus tard, à la vie de salon. C'est un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gilles-menage/#i_26359

Voir aussi

Pour citer l’article

Paul ZUMTHOR, « ÉTYMOLOGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/etymologie/