EMPÉDOCLE (env. 490-env. 430 av. J.-C.)

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L'organisation de l'univers

On voyait naître dans le poème les parties du monde aussi bien que les formes animales et végétales dans leur diversité. Ainsi Empédocle analysait la nature dans son devenir en décrivant sa naissance. Le feu mêlé d'air se concentre pour former l'hémisphère igné, tandis que la vapeur montée des eaux emplit l'autre moitié du ciel. L'univers s'allonge et prend la forme d'un œuf. Retenus dans le mélange, mais toujours portés à se retrouver, les éléments animent par leurs qualités propres le dynamisme de la physique empédocléenne. Le feu entraîne la rotation des deux hémisphères du jour et de la nuit. La Terre sphérique repose immobile au centre, opposant une résistance active aux mouvements giratoires de la voûte des astres fixes et des sphères intermédiaires. Le Soleil n'a pas de corps propre. La lumière, composée d'effluves, se meut avec une très grande vitesse ; dans l'hémisphère du jour, elle frappe la Terre, qui renvoie ses rayons jusqu'à la voûte cristalline où se dessine, réfléchie à son tour, la forme du globe terrestre. L'univers est partagé avec rigueur en quatre domaines que gouverne chaque fois l'un des éléments : terre, mer, feu (jour), air (nuit), ordre que la présence d'une concentration solaire eût dérangé. De même la Terre projette son ombre conique dans l'hémisphère vaporeux. La Lune évolue autour de ce cône, entraînée en même temps par la rotation quotidienne des sphères célestes.


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Pour citer l’article

Jean BOLLACK, « EMPÉDOCLE (env. 490-env. 430 av. J.-C.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/empedocle/