COPENHAGUE ÉCOLE DE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

On regroupe sous ce nom les physiciens théoriciens qui, entre 1920 et 1930, après avoir élaboré la mécanique quantique, mirent en évidence ses aspects les plus révolutionnaires par rapport aux concepts en vigueur jusqu'alors et furent les instigateurs d'un très profond débat épistémologique qui se poursuit encore actuellement.

La description statistique des phénomènes atomiques et nucléaires doit-elle être considérée comme un « expédient provisoire qu'il faudrait en principe remplacer par une description déterministe » ? Ou est-elle au contraire une conséquence de « l'interaction inévitable entre objets et appareils de mesure », auquel cas le déterminisme n'a pas de sens quand l'action observée est de l'ordre de grandeur du quantum ? Dans la première hypothèse, les « relations d'incertitude » de Heisenberg n'imposent une limite théorique qu'à notre connaissance des faits. Dans la seconde, elles se réfèrent, au contraire, à une limitation concernant la validité même de certaines notions telles que la position et la vitesse.

L'école de Copenhague, animée principalement par Niels Bohr et Werner Heisenberg, défendit la seconde de ces deux conceptions, que, pour des raisons de cohérence, elle fut amenée à préciser comme suit : les propriétés des systèmes atomiques ou nucléaires ne leur appartiennent pas en propre et dépendent des conditions d'observation définies, en particulier par les instruments de mesure. Utilisés comme tels, ceux-ci doivent être décrits exclusivement dans le langage de la physique préquantique.

Niels Bohr

Niels Bohr

Photographie

Le Danois Niels Heinrik Bohr (1885-1962), spécialiste de la physique atomique et nucléaire, a été lauréat du prix Nobel de physique en 1922 pour ses travaux sur la structure des atomes. 

Crédits : ullstein bild/ Getty Images

Afficher

Paul Dirac et Werner Heisenberg

Paul Dirac et Werner Heisenberg

Photographie

Le physicien britannique Paul Dirac (1902-1984), à gauche, et le physicien allemand Werner Heisenberg (1901-1976), lors d'un congrès de Prix Nobel, à Lindau (Allemagne), en 1968. 

Crédits : Hulton Getty

Afficher

Les réticences à l'égard de l'interprétation de l'école de Copenhague proviennent des physiciens attachés au déterminisme et, plus généralement de ceux qui considèrent comme difficilement acceptable le fait que cette conception nous interdit d'attribuer par la pensée aux particules atomiques certaines propriétés intrinsèques (position ou vitesse, etc.) reliées par la mécanique quantique aux observables qu'il est possible de mesurer sur ces systèmes. Cette interprétation e [...]


Médias de l’article

Niels Bohr

Niels Bohr
Crédits : ullstein bild/ Getty Images

photographie

Paul Dirac et Werner Heisenberg

Paul Dirac et Werner Heisenberg
Crédits : Hulton Getty

photographie



1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

  • : professeur émérite des Universités, membre de l'Institut (Académie des sciences morales et politiques)

Classification


Autres références

«  COPENHAGUE ÉCOLE DE  » est également traité dans :

BELL INÉGALITÉ DE ou THÉORÈME DE BELL

  • Écrit par 
  • Bernard CAGNAC
  •  • 1 184 mots

Formule de mécanique quantique reliant les probabilités de certains phénomènes particulaires, l'inégalité de Bell joue un rôle extrêmement important dans le débat sur l'interprétation de la mécanique quantique. Trouvée en 1964, elle a montré qu'il existait des expériences particulières où les prédictions de la mécanique quantique usuelle (dite de l'école de Copenhague) et celles des théories à v […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bell-theoreme-de-bell/#i_36311

EINSTEIN ALBERT (1879-1955)

  • Écrit par 
  • Michel PATY
  •  • 6 510 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Critique de l'interprétation de la mécanique quantique »  : […] Tout en admettant la validité des relations de la mécanique quantique, Einstein formula des critiques sur son interprétation par Niels Bohr et l'École de Copenhague en termes de « philosophie de la complémentarité ». Il refusait d'y voir une théorie définitive et complète (selon les termes de Born et Heisenberg) et contestait qu'elle pût servir de point de départ pour une théorie plus fondamenta […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/albert-einstein/#i_36311

ÉPISTÉMOLOGIE

  • Écrit par 
  • Gilles Gaston GRANGER
  •  • 13 082 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Sciences formelles, sciences empiriques »  : […] Le développement simultané, et parfois conjoint, d'une mathématique et d'une physique semble poser plus que jamais la question de leurs statuts respectifs et de leurs rapports instrumentaux. Les néo-positivistes du Cercle de Vienne, qui se sont explicitement posé le problème dans les années trente, l'ont généralement résolu d'une façon radicale en ramenant les sciences formelles aux règles – larg […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/epistemologie/#i_36311

JORDAN PASCUAL (1902-1980)

  • Écrit par 
  • Viorel SERGIESCO
  •  • 415 mots

Physicien allemand né à Hanovre et mort à Hambourg. Professeur aux universités de Rostock, de Berlin, de Hambourg, théoricien possédant un grand pouvoir d'abstraction et de synthèse, Pascual Jordan s'est intéressé presque exclusivement aux problèmes généraux de la physique, de la géophysique, de la cosmologie, de la biologie et de la philosophie des sciences. Sa contribution majeure concerne la m […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pascual-jordan/#i_36311

SÉPARABILITÉ ET NON-SÉPARABILITÉ, mécanique quantique

  • Écrit par 
  • Alain ASPECT, 
  • Philippe GRANGIER
  •  • 1 338 mots
  •  • 3 médias

Albert Einstein, père de la relativité, a joué un rôle majeur dans la genèse de la mécanique quantique, notamment en interprétant, en 1905, l'effet photoélectrique en termes de quanta lumineux, ou photons, ce qui lui vaudra le prix Nobel. Cependant, lorsque, vers la fin des années 1920, la théorie quantique est en passe d'être formulée de façon cohérente, Einstein va se dresser contre l'interpréta […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/separabilite-et-non-separabilite-mecanique-quantique/#i_36311

ONTOLOGIE

  • Écrit par 
  • Paul RICŒUR
  •  • 15 647 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Physique quantique et réalisme critique »  : […] Comme on l'a signalé plus haut, c'est la théorie quantique qui a porté ce débat à son degré le plus aigu. Et ce sont les créateurs mêmes de la mécanique quantique qui ont introduit l'énorme débat philosophique qui, loin de s'apaiser, ne cesse de susciter de nouvelles positions. La sorte de philosophie que Bohr, Heisenberg, Pauli ont élaborée dans le prolongement de leur physique ne va pas dans l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ontologie/#i_36311

RÉALITÉ PHYSIQUE

  • Écrit par 
  • Bernard d' ESPAGNAT
  •  • 2 884 mots

Dans le chapitre « L'objectivité scientifique »  : […] Dès lors, inéluctablement, ces configurations particulières doivent être, pour une part au moins, des reflets de nous-mêmes, de notre structure générale. Or, cette proposition dépasse de loin la simple affirmation du fait qu'il peut être erroné de faire absolument confiance à certaines notions familières. Elle nous fait accéder à un deuxième niveau du processus de dépassement de la vision du sens […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/realite-physique/#i_36311

Pour citer l’article

Bernard d' ESPAGNAT, « COPENHAGUE ÉCOLE DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ecole-de-copenhague/