HAMMARSKJÖLD DAG (1905-1961)

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à Jönköping, en Suède. Après une carrière d'économiste et de spécialiste des problèmes financiers (il fut notamment président du conseil d'administration de la Banque de Suède), puis à partir de 1947 de diplomate, Dag Hammarskjöld est nommé, en 1951, vice-président, puis président de la délégation suédoise à l'Assemblée générale de l'O.N.U. La démission, en novembre 1952, du secrétaire général des Nations unies, Trygve Lie, pose de difficiles problèmes de succession. C'est finalement sur Dag Hammarskjöld que se portent les suffrages et, le 10 avril 1953, il est élu pour cinq ans secrétaire général de l'O.N.U. Son mandat sera renouvelé à l'unanimité en septembre 1957. Les cinq Grands avaient choisi en lui un technocrate, originaire d'un pays qui n'était pas directement engagé dans la guerre froide, dont ils espéraient un mandat sans éclat, consacré à des tâches essentiellement administratives. Mais Hammarskjöld se fait une toute autre idée de ses nouvelles fonctions. Son premier soin est de réformer le secrétariat afin d'assurer aux fonctionnaires internationaux une indépendance qui, le mandat de Trygve Lie l'avait démontré, leur faisait parfois défaut. Créant un nouveau corps de fonctionnaires, les sous-secrétaires, ainsi que plusieurs services, tous exclusivement dépendants de lui, il s'attache à préserver ses collaborateurs de toute influence. Profitant de l'absence de crise grave durant les premières années de son mandat, il s'emploie à gagner la confiance des États membres et à donner la mesure de ses possibilités. C'est ainsi qu'il obtient, grâce à des entretiens personnels avec Zhou Enlai, la libération de pilotes américains capturés par la Chine populaire. Hammarskjöld fera souvent appel à la méthode de la « diplomatie privée » au cours des nombreuses crises qui se déclenchent, dès la fin 1955, dans le contexte de la guerre froide. Les combats opposant Israël aux États arabes, la crise de Suez, les troubles au Liban et en Jordanie lui permettent de jouer un rôle de premier plan dans la solution des conflits. Ses « navettes » entre les représentants des pays intéressés sont demeurées célèbres. L'appui qu'il trouva souvent auprès des délégations des pays qui n'étaient pas concernés par l'action en cours lui fut toujours précieux. C'est à elles qu'il fait appel lorsqu'il s'agit de mettre en place, dans le cadre d'opérations de maintien de la paix, une force d'urgence des Nations unies. Face à une Assemblée générale souvent impuissante, à un Conseil de sécurité paralysé par les vetos, Hammarskjöld usa de l'imprécision des termes fixant les limites du mandat du secrétaire général pour prendre, surtout au début, d'importantes initiatives. Mais elles lui valurent, lors de l'affaire du Congo notamment, de nombreuses critiques et, même, une violente opposition de la part de l'U.R.S.S. Très attaché au principe de la neutralité des fonctionnaires internationaux et à celui de la souveraineté des États, il refusa toute ingérence dans les affaires intérieures des États membres et sollicita toujours l'autorisation des pays en crise avant d'y envoyer le moindre observateur (c'est ainsi que l'État d'Israël refusa l'entrée des troupes de l'O.N.U. sur son territoire en janvier 1957, que le gouvernement hongrois s'opposa à l'envoi d'observateurs à Budapest en 1956 et que Moïse Tschombé fit longtemps obstacle à l'entrée des Casques bleus au Katanga). Hammarskjöld considérait comme nécessaire de soustraire les pays nouvellement décolonisés, dont la récente admission avait modifié la majorité à l'Assemblée, à la lutte d'influence, nouvelle forme de la guerre froide, entre l'Ouest et l'Est. Il s'agissait de tenir ces États en dehors de la guerre froide et, si possible, d'en faire une « troisième force » neutre obligeant les États-Unis et l'U.R.S.S. à limiter leur concurrence. Ce dessein supposait un Tiers Monde uni dans une communauté de vues et d'intérêts. La crise du Congo démontre, en 1960, qu'il n'en est pas toujours ainsi. La sécession katangaise, brisant l'unité afro-asiatique, rend Hammarskjöld vulnérable aux attaques de l'U.R.S.S., qui l'accuse de « collusion avec les puissances impérialistes » et réclame son remplacement par « un organe exécutif collectif, composé de trois personnes dont chacune représenterait un groupe déterminé d'États » (Khrouchtchev à l'Assemblée générale du 23 septembre 1961). Hammarskjöld n'accepte pas l'échec. C'est dans l'avion qui le conduit sur les lieux d'une nouvelle négociation avec Tschombé qu'il trouve la mort. Celui dont son successeur U Thant a déclaré qu'il en était « arrivé à se confondre avec les buts et principes mêmes de la Charte des Nations Unies » reçut le prix Nobel à titre posthume en 1961.

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  • : professeur de droit international public à l'université d'Évry-Val-d'Essonne

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Pour citer l’article

Patricia BUIRETTE, « HAMMARSKJÖLD DAG - (1905-1961) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dag-hammarskjold/